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Borloo & son Grenelle de la fiscalité : comment s’en débarrasser définitivement ?

Publié le 04 novembre 2010 par Kamizole

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Hier et dès potron-minet, petite séance de braconnage sur Google Infos ou les newsletters que je n’ai pas eu le temps d’explorer la veille. Couchée tôt après une journée bien remplie. Je me suis amusée à la lecture d’une dépêche de l’AFP (2 nov. 2010) reproduite par Le Figaro (Flash-actu) Propositions/Borloo : l’UMP relati-vise. Le moins que l’on en puisse dire étant que les deux porte-parole de l’UMP – Dominique Paillé et Frédéric Lefebvre – ne semblent guère apprécier ni la proposition de Jean-Louis Borloo d’un «Grenelle de la fiscalité» (ils précisent bien qu’il s’agit d’une initiative de l’actuel ministre de l’Environnement en tant que président du Parti radical) ni sa prétention à devenir le prochain 1er ministre.

Je ne saurais dire ce qu’il adviendra de ce jeu de chaises musicales qui semble mettre l’UMP et les partis satellites en émoi. Le Guignol de l’Elysée n’est jamais bien loin. Cela me fait irrésistiblement penser à un film – «Que les gros salaires lèvent le doigt» - avec Jean Poiret en patron cynique, invitant ses employés dans sa maison de campagne dans le but (inavoué) de virer l’un des mieux payés. Avec précisément une séance de chaises musicales où c’est à qui fera le plus de coups tordus. Sans rien dire de l’obséquiosité de la plupart à l’égard du patron. Contrairement à la formule convenue, les ressemblances auxquelles je fais allusion ne sont nullement fortuites.

A les en croire, la marge de manœuvre laissée par Nicolas Sarkozy en matière de réforme de la fiscalité serait des plus minces. Frédéric Lefebvre : «Dans ce débat sur la fiscalité, on est au cœur d’une préoccu-pation essentielle des Français pour laquelle on a défini un cadre : pas d’augmentation des impôts. Et à l’intérieur de ce cadre, toutes les suggestions sont bienvenues». Le chef à dit. Les petits soldats au garde-à-vous.

Dominique Paillé considère qu’il n’y a «rien que de très normal dans les propositions de Jean-Louis Borloo car «nous (à l’UMP) sommes à l’écoute de toutes les suggestions (…) Qu’un ministre éminent, ministre d’Etat et numéro deux du gouvernement, par ailleurs président du Parti radical et vice-président de cette maison (UMP) fasse part d’une suggestion” sur “un sujet que le président de la République a mis au centre des débats (…) me paraît de bon aloi et tout à fait logique…

Et pour terminer, cette petite cerise sur le gâteau : «Peut-être d’ailleurs que demain les présidents de groupes parlementaires à l’Assemblée et au Sénat (Jean-François Copé et Gérard Longuet) feront des propositions différentes (…) nous allons continuer à avoir ce débat, grâce à des propositions intéressantes de tous les membres de l’UMP, éminents ou de la base».

Vous remarquerez sans doute comme moi qu’en aucun cas - sur un sujet qui intéresse tous les Français – il n’est question d’y associer les partis de l’opposition, les syndicats, etc. ni a fortiori l’ensemble des Français. Ils continuent comme ils font depuis 2007 : tout décider entre eux. Fort sans doute des fameux 53 % du 7 mai 2007 qui serviront sans nul doute de blanc-seing à Nicolas Sarkozy jusqu’en 2012. Peu leur chaut qu’aujourd’hui ils soient 70 % à s’opposer à sa politique. Lors même qu’il n’a pas tenu ses promesses de campagne.

Point n’est besoin d’être grand clerc ou la Pythie pour subodorer ce qu’il en adviendra : l’interminable «Nuit du Fouquet’s» a encore de très beau jour devant elle. L’on pourra également parler de «Nuit du chasseur» : de pépètes dans la poche des con…tribuables, cochons de payants et autres “salauds de pauvres” !

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Au moment même où Jean-Louis Borloo vante la «méthode» du Grenelle de l’environnement, un rapport dithyrambique du ministère de l’Environnement qui tombe à pic ! en dresse le bilan :18 % des engagements seraient réalisés et 60 % en cours de réalisation. On n’est jamais mieux servi que par soi-même mais j’aimerais savoir pourquoi il a été confié au cabinet Ernst & Young, plus connu en matière d’audit financier ! Effet de la mentalité de margoulin et/ou faire travailler les petits copains. Selon ce que je lis sur Le Monde Il y a eu un essoufflement du Grenelle de l’environnement” (2 nov. 2010) Gaëlle Dupont fait remarquer que «La personne chez Ernst & Young qui a coordonné le rapport est quelqu’un qui croit dans le Grenelle et qui affirme avoir travaillé objectivement»… Je n’y crois guère et un gage d’indépendance eût consisté à faire établir le rapport par des conseillers d’Etat, peut-être associés à des auditeurs de la Cour des comptes pour en mesurer l’impact en termes de politique budgétaire.

Toujours est-il que les conclusions trop optimistes de ce rapport sont contestées par les associations écologiques qui considèrent qu’il ne fait pas preuve de suffisamment d’esprit critique. Même son de cloche dans France-Soir Grenelle de l’environnement - Les bons et les mauvais points (2 nov. 2010) qui donne la composition (non exhaustive) de ce comité d’experts : le climatologue Jean Jouzel, le sénateur (UMP) Jean-François Le Grand, le Pr Alain Grimfeld et de la président de l’agence de notation sociale Vigeo Nicole Notat… Plus bénie-oui-oui que Notat-Benêt, on trouve difficilement !

Selon Gaëlle Dupont, «Ce qui pose problème, c’est que les échéances sont lointaines, et qu’il est difficile de dire aujourd’hui qu’un objectif à 2020 est en cours de réalisation, puisque tant de choses peuvent intervenir d’ici là. Et certains dossiers, par exemple la diminution de 50% des pesticides d’ici à 2018, sont classés dans cette catégorie “en cours”, bien que la majeure partie du monde agricole le remette en question».

Avec au demeurant l’aval de Nicolas Sarkozy – le même qui n’hésitait pourtant pas à parler d’un «new deal écologique» ! – pris la main dans le sac à mensonges permanents (après l’échec des élections régionales de mars 2010) disant en substance aux agriculteurs (je traduis dans son langage naturel) : «ils commencent à nous faire chier avec l’écologie !».

Le fiasco complet du Sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique n’aura échappé à personne. Il est dû en partie au refus de la Chine et de l’Inde d’adopter des normes environnementales sur le mode «laissez-nous polluer jusqu’à ce que nous vous ayons rattrapés économiquement»… qu’ils le payent cash relève de l’évidence : l’énorme nuage de pollution situé au-dessus de ces deux pays est vraisemblablement responsable d’un nouvel effet du courant «El Niňo» et donc des inondations meurtrières qui ont frappé ces deux pays l’été dernier. Et sans doute aussi des mêmes drames survenus en Amérique Latine.

Depuis le Sommet de Rio en 1992 ces grands-messes planétaires se sont succédées sans aucun résultat tangible. Des vœux pieux. Je précise bien que la Chine et l’Inde ne sont responsables qu’en partie de l’échec de Copenhague car il faut tenir autant compte du poids des lobbies, pétroliers ou autres : chimie (engrais, pesticides, etc.) et l’agro-alimentaire qui use plus qu’abondamment de substances chimiques dont nous savons le danger qu’elles représentent pour la santé et l’environnement. Ils n’ont absolument aucun intérêt, bien au contraire, à ce que l’on fasse respecter des normes strictes en matière de produits dangereux.

J’avais en son temps démontré l’hypocrisie de la fameuse directive européenne «Reach» : il appartenait aux industriels de démontrer l’innocuité des substances chimiques qu’ils utilisent dans les procès de fabrication. Autant confier au Diable les clefs de Saint-Pierre ! !)

Jean-Louis Borloo prétendait il y a peu – pour passer à autre chose : 1er ministre ! – «avoir fait le tour de l’éco-logie». Tu parles ! Comme le parfait dilettante j’m’en foutiste qu’il est : par dessus la jambe… Il fait irrésistiblement penser à ces touristes toujours pressés qui prétendent connaître les pays qu’ils ont traversés au pas de charge lors de voyages organisés pour les «avoir faits» en une semaine.

A-t-il seulement pris au sérieux le danger – plus que potentiel – de toutes ces substance chimiques qui sont comme hier le Bisphénol A, de nouveau sur la sellette ?

Certes, non… J’y reviendrais par ailleurs car cette question d’importance mérite de longs développements et donc un article à suivre : La chimie nous fait crever à petits feux : la preuve par le Bisphénol A et autres saloperies du même tonneau.


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