Magazine Journal intime

Se fondre dans la nature

Par Pierre-Léon Lalonde
Je me tapais des 15-18 heures par jour à faire du patinage plus ou moins artistique dans les rues noires et patinoires de la ville. Pas d'électricité chez moi, mon taxi était devenu mon refuge pendant cette crise.
J'ai vu le centre-ville de Montréal plongé dans une obscurité à glacer le sang. J'ai vu des arbres se couvrir de diamant avant de se faire abattre. J'ai vu le ciel s'irradier de couleurs électriques par l'explosion des transformateurs. J'ai vu des soldats sortir de l'ombre dans des rues sombres. J'ai vu des plaques de glace se décrocher des gratte-ciel pour venir se fracasser dans des rues désertées. J'ai vu des sorties de route et plein de rues bloquées. J'ai vu des gens tomber.
J'ai aussi vu que c'est en période de crise que se dévoile la vraie nature de l'homme. J'ai vu des gens s'entraider et partager comme jamais auparavant. J'ai vu des gens s'épauler et se donner la main pour empêcher l'autre de glisser. J'ai vu des gens se tenir debout quand tout autour basculait.
J'ai surtout vu la nature se rebeller.
Dix ans plus tard, la pluie continue de tomber...
Difficile de rester de glace.

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