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Carnet de Bord - Fin de Macapa, Debut de Belem

Publié le 02 novembre 2010 par Niximon
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Oy ! Tudo bem ?
Comme vous pourrez le constater je suis maintenant bilingue. Enfin presque, disons que je comprends presque tout ce qu'on me dit. Enfin presque parce que je manque de vocabulaire, d'accent, je ne connais pas la grammaire ni la conjugaison. Enfin presque parce que mon portugais s'appellerait ici portugnol et non pas portugais. Mais enfin presque parce que pour la première fois depuis mon départ, mon portugais me permet d'avoir le numéro d'une maman de 39 ans dans mon téléphone, et l'agréable présence d'une fille de 20 ans dans mon lit.
Je vois déjà dans ton oeil, cher lecteur/lectrice, briller la malsaine curiosité, l'envie d'en savoir plus, l'envie de ces détails coquins teintés d'exotisme latin. Mais il n'en sera rien, ton imagination a déjà fait bien plus que mes modestes mots.
Je vais quand même commencer par clore le chapitre Macapa, mais ne vous inquiétez pas, je reviendrai sur les femmes (sans mauvais jeu de mots) en temps voulu.Macapa donc, premier haut lieu brésilien que j'ai eu la chance de traverser. 1 mois en tout et pour tout, moi qui avait initialement prévu de rester 1 mois et demi au Brésil dans sa totalité. 
Mais quand vous vous sentez chez vous, avez vous vraiment envie de partir ? Quand vous vous créez un réseau social, un vrai dans la réalité, pas celui de Facebook (oui j'ai réussi à voir The Social Network, je recommande, en passant), digne d'une petite famille, quand vous vous réveillez le matin, encore suintant de l'alcool de la veille, que votre téléphone sonne et qu'une voix à l'accent musical vous demande si vous voulez une bière, avez vous envie de dire non ? Quand un type qui a plus fait pour vous et votre intégration en un mois que n'importe quel hote équivalent en France, vous regarde droit dans les yeux et vous dit que pour ce que vous avez fait pour lui (comprendre 3 jours de taf intensif à faire du photoshop), jamais il ne pourra vous remercier assez. Quand vous lui serrez la main et que vous savez qu'il y a de grandes chances que vous le revoyiez jamais, quand vous voyez dans ses yeux qu'il se dit la même chose. Quand vous avez la grisante impression d'avoir traverser la vie de ces gens comme un éclair pourrait traverser le le ciel un soir d'orage, mais qu'il n'y avait pas besoin de plus pour que eux comme vous en garde un souvenir indélébile. Quand vous vous rendez compte que vous avez déjà changé, que vous leur avez laissé une partie de vous et que vous avez emporté une partie d'eux, de leur joie, de leur hospitalité, de leur générosité.Quand toutes ces choses arrivent, qu'il faut une fois de plus quitter ce que vous avez construit, quand il faut se dire que le meilleur est à venir, que tout ça n'est qu'une étape, qu'il ne faut pas s'arrêter, jamais, s'accrocher à des gens mais savoir les quitter sans vouloir revenir en arrière...Quand toutes ces choses arrivent, vous avez le coeur lourd, la tête pleine de souvenirs et de reconnaissance.
J'ai quitté une ville où il n'y avait foncièrement rien à faire, pas grand chose à voir, pas grand chose à visiter. J'ai quitté une ville moche, sale, où on jette le PQ dans la corbeille et pas dans les toilettes pour ne pas boucher les canalisations, sans eau chaude, sans internet ou presque, sans communauté française.Et pourtant. Et pourtant j'y ai passé des moments que le moi d'il y a 2 mois n'aurait pas imaginé vivre, fait des rencontres qu'il n'aurait pas imaginé faire. Le moi d'il y a 2 mois n'y aurait sans doute, d'ailleurs, pas trouvé d'intérêt. Et pourtant, dans le contexte, une selle haut de gamme chez décathlon ne m'aurait pas permis de mettre plus facilement le pied à l'étrier.
J'ai donc quitté Macapa dans la nuit du Vendredi 22 au Samedi 23 Octobre. Arrivée sur Belem 50 minutes plus tard, au terme d'un vol qui m'a inspiré la déjà sixième chanson écrite depuis mon départ.Accueilli à l'aéroport par mes hôtes actuels, Pierre et Laure (ma cousine issue de germain de son état, quelle appellation barbare) que je peux d'ores et déjà remercier de leur hospitalité.Cela fait donc déjà un peu plus d'une semaine que je suis ici, et je ne vois pas le temps passer. Pour décrire Belem je dirai que si vous relisez le paragraphe ou je décrie (du verbe décrier) Macapa, si vous inversez mon propos vous obtenez une bonne description.Belem c'est grand (2 millions et quelques habitants), il y a beaucoup à voir, beaucoup à faire. Il y a pas mal de français, que je commence à connaître, il y a de bons artistes, il y a de bons bars, de belles places, des filles caliente (vous voyez je vous avais pas menti, on y revient)
On va donc commencer par là, parce qu'il vous en fallu du courage pour lire toutes mes diatribes en attendant le paragraphe sur les nenettes. Et puis comme tout le monde (les potes surtout en fait) me demande comment ça se passe à ce niveau là, je vais répondre dans les grandes lignes.Tout d'abord il convient d'expliquer un peu comment se passe les relations hommes/femmes ici au Brésil (enfin de ce que j'en ai compris pour l'instant). Alors déjà il y a plusieurs statuts. Dans l'ordre croissant "d'investissement" : ficado - enamorado - fiancé (je ne connais pas l'équivalent brésilien) - casadoFicado : en gros vous avez une copine "officielle" mais ça ne vous empêche de rien. Vous pouvez attraper tout ce qui bouge, emballer à tour de bras, ça ne perturbe pas le statut. Si on avait ça en France, ce serait sûrement LE bon plan.Enamorado : en gros vous avez une copine "officielle" mais ça ne vous empêche de rien. Vous pouvez emballer à tour de bras, ça ne perturbe pas le statut. Il faut par contre éviter d'attraper tout ce qui bouge, si possible.  Seulement vous avez juste fait comprendre à la fille qu'un jour il se pourrait bien qu'elle devienne votre femme, et que vous avez plus tendance à la fréquenter elle que ses copines. Ce statut fait l'objet, apparemment, d'une demande officielle auprès de la belle famille, façon Old School "je vous demande la main de votre fille", sauf que là c'est juste pour dire qu'on est amoureux.Fiancé : pas besoin de faire un dessin.Casado : marié, pas besoin de faire un dessin non plus.Quoi qu'il en soit le flirt reste une pratique courante, voire un mode de vie. Tout le monde drague tout le monde, les râteaux partent dans tous les sens, les pelles aussi. Bref c'est un vrai chantier.
Donc si je me prends comme exemple, en général, les 3 premières questions qu'une fille me pose au Brésil sont : Nome ? Enamorado ? Casado ?Mes réponses dépendant en général du physique de mon interlocutrice, force est de constater que je dis souvent la vérité. S'en suis ensuite un rapprochement stratégique de la demoiselle afin d'entamer une discussion. Après, je crois que le simple fait d'être français fait déjà 50% du boulot. 20% pour mon accent, 10% pour mon physique. Les 20% restant sont en général à la discrétion de mon taux d'alcoolémie ou à celui de ma libido. En fait plus généralement au premier cité. Pour résumer, c'est facile, c'est grisant, c'en est presque dangereux. En bref, si vous venez au Brésil, il est, je pense, quasiment possible d'embrasser n'importe quelle fille.
J'en vois déjà certains qui regardent le prix des billets d'avion, c'est bien, n'hésitez pas.
Bon pour parler des premiers jours à Belem je dirais : retour à une vie plus européenne. Bars, restaurants, taxis, ballades en ville (quand j'arrive à me lever, on ne se refait pas)J'ai fait la rencontre du groupe d'amis français de Pierre et Laure, parmi eux Bruno, mon guide nocturne alias "je suis un ancien grand photographe de mode à Paris et maintenant je me mets la quinte tous les soirs à Belem et je fais des reportages photos de tous les plus grands artistes de la ville".  (Bruno Pellerin sur google pour un aperçu de ses photos, ce mec n'est pas un rigolo)Bref c'est la bonne rencontre d'ici (apparemment il y en a au moins une par ville, tant mieux). Il me donne les bons spots pour les photos, il m'emmène dans les bons bars, me présente aux bons artistes, me dit quelles filles draguer. Il doit taper sa cinquantaine sans problème mais finit plus souvent à 6h du mat qu'à minuit. Bref c'est un peu mon double avec 35 ans de plus. Il parle un portugais horrible, avec un accent à couper à la machette et pourtant il vit ici depuis 5 ans. Mais ça doit sans doute faire partie de son charme. Je passe de bonnes soirées avec lui, et ça devrait aller en s'améliorant encore.Il fréquente assidument le "Bar du Parc", haut lieu de la prostitution et de la consommation de drogue à Belem. Les putes lui disent bonjour en français. Les dealers le protègent quand il vient finir ses soirées à 8g assis à la terrasse. Inutile de vous dire que j'y ai déjà fait un tour en sa compagnie et qu'on est pas très rassurés au début. Mais bon, maintenant j'y suis connu comme l'ami de Bruno, et j'ai donc droit aux mêmes protections que lui, à priori.
Pour le reste je continue à faire un peu de cuisine, je commence à mieux connaître les produits d'ici, ça élargie les horizons.J'ai déjà eu deux fois l'occasion de chanter dans des bars, le trac s'en va petit à petit, et les brésiliens aiment bien M, ce qui facilite la tâche.Il y a également ici une boulangerie qui fait du vrai BON pain français. Mazel Tov. Il ne me manquerait plus que du fromage de chèvre, un peu de cantal et du coca light (le coca zéro, quelle vaste blague) pour me sentir comme à la maison. 
Voila je pense avoir fait le tour de ce qu'il y avait à dire pour l'instant. "

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