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Excès irlandais

Publié le 08 novembre 2010 par Toulouseweb
Excès irlandaisCette fois-ci, Ryanair fait des siennes en Allemagne.
Jusqu’oů Michael O’Leary ira-t-il trop loin ? A quel moment le boomerang lui reviendra-t-il en pleine figure ? Comprendra-t-il un jour que ses provocations répétées desservent l’ensemble des compagnies low-cost européennes ? Autant de questions qui restent provisoirement sans réponse, l’impétueux Irlandais n’étant visiblement pas disposé ŕ se laisser attendrir.
Cette fois-ci, c’est en Allemagne qu’il sčme le trouble, pour des raisons pour le moins ténues. Les autorités de Berlin ont décidé d’instaurer une taxe de 8 euros sur les touristes franchissant ses frontičres. Certes, cette initiative est ridicule mais est-ce une raison suffisante pour énoncer les pires menaces ? Avec arrogance, Ryanair réagit en effet avec une violence disproportionnée et annonce la suppression d’une partie de ses vols au départ de Hahn (aéroport soi-disant ŕ proximité de Francfort ŕ en croire la néo-géographie o’learienne).
Environ 30% des vols vont y ętre supprimés et le nombre de Boeing 737-800 basés en Allemagne va ętre réduit. Un bras droit trčs sűr de lui de O’Leary, Michael Cawley, justifie ces mesures de maničre simple : Ryanair positionnera les avions ainsi libérés Ťdans d’autres pays qui accueillent les touristes plutôt que de les taxerť. Et d’ajouter qu’il en coűtera un million de passagers annuels ŕ l’aéroport de Hahn, un millier d’emplois ŕ la région et des dommages collatéraux considérables.
On hésite. Faut-il rire ou pleurer ? Clamer que Ryanair, ŕ force d’abuser de superlatifs en tous genres, commence sérieusement ŕ nous lasser ? Une telle gesticulation est en effet aussi ridicule que la taxe qu’elle est supposée dénoncer. Une destination touristique cesse-t-elle d’ętre Ťcompétitiveť pour cause d’une taxe de 8 euros ? Laquelle va évidemment grever les tarifs de toutes les compagnies, ce qui signifie que les comparaisons de prix ne seront pas modifiées. Et les voyageurs désireux de franchir le Rhin continueront évidemment de prendre l’avion.
Rien ne peut justifier une telle gestion commerciale ŕ forte connotation émotionnelle, si ce n’est une forme subtile de manque de maturité. On préfčre de plus en plus ouvertement la maničre de faire d’EasyJet ŕ celle de Ryanair, une formule low-cost de bon aloi, bien élevée, ŕ peine plus chčre, et sans passer par de lointaines mornes plaines.
Ryanair n’est pourtant pas malheureuse, sur le plan financier s’entend. Elle affiche un bénéfice de 452 millions d’euros pour le premier semestre de l’année fiscale 2010/2011 et, coup de pub supplémentaire, met en vente un million de places ŕ 6 euros. Il faut ętre riche et bien portant pour se permettre cela.
Les contrastes qui marquent l’actualité sont parfois amusants. Ainsi, au męme moment, EasyJet annonce sa décision de renforcer davantage sa présence ŕ Lyon Saint-Exupéry en y ouvrant six lignes nouvelles, portant le total ŕ vingt-six. Cela sans faire de vagues, trčs tranquillement. Bien sűr, reste ŕ savoir qui rira le dernier.
Pierre Sparaco - AeroMorning

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