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France ridicule

Publié le 09 novembre 2010 par Argoul

Article repris par Medium4You

Ridicule sont les remugles des manifs alors qu’elles sont archaïques, inutiles et seulement rituelles. Non que manifester ne soit pas « un droit », mais des « j’ail’droit », vous en avez à chaque passage piéton qui vous foncent dessus, impunément dans leur bagnole. Vous en avez en moto qui vroument à tout va aux stations « écolos » pour deux-roues installées un peu partout dans les rues par la Mairie de Paris. Le droit, disaient les révolutionnaires, commence là où s’arrête le droit des autres. Cela s’appelle la liberté. Mais les Français ne savent pas ce qu’est la liberté : ils la confondent avec la licence (baiser la fille d’à côté pour les adultes, fumer comme les grands pour les ados, voir les films X pour les préados, etc.) – ou avec l’anarchie (sortez les sortants ! le pouvoir à « la rue »). D’où les manif « pour rien », contre le SIDA, contre la mondialisation, contre l’âge de la retraite, contre le temps qu’il fait…

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Ridicule est Villepin lorsqu’il joue au grand sage revenu de tout, qui a tout compris du pouvoir, et qui déclame l’Histoire de France comme s’il en était le dernier propriétaire. Lui qui n’a jamais été élu, qui était conseiller de Chirac lorsque celui-ci a dissout l’Assemblée nationale alors qu’elle était à sa propre majorité en 1996 ! Lui qui a commis le CPE, ce « machin » technocratique anti-jeunes. Lui qui s’est laissé embringuer dans l’obscure affaire Clearstream en croyant être un fin politique !

Ridicule est Sarkozy de s’être laissé piéger par la presse et la soi-disant « opinion » en promettant un remaniement ministériel alors qu’il est bien en peine de changer de Premier ministre. Chez Obama, les conseillers de la Présidence s’en vont sur la pointe des pieds ; pas chez nous, où tout doit être théâtral, médiatique, outré. Ce ne sont pas les médias qui sont en cause, la société a l’écho qu’elle mérite : voyez la société anglaise, ou allemande, ou américaine, ou suédoise, ou suisse. Les médias sont au même développement technologique que chez nous, ils ont les mêmes capitalistes de monopole – mais ils ne sombrent pas dans le ridicule de la pipolisation narcissique pour n’importe quoi.

Ridicule est bel et bien le Mélanchon, ce populiste de gauche qui fait du Frêche au petit pied (sans son talent). Il mérite d’être appelé Mélanch-tout tant il prend à gauche ce qui l’arrange (la Commune) et à droite ce qui lui va (le tous pourris, le nationalisme économique, l’affirmation gratuite, l’invective). Le Pen de gôch, Mélanch-tout l’excès, l’apocalypse, la peur. Le diable est dans l’adjectif, comme sous feu Staline : il n’est pas de patron qui ne soit « arrogant », d’argent qui ne soit « corrompu », de finance qui ne soit « oligarchique », de média qui ne soient « inféodé ». De la haine sociale, voilà le Mélanchon. Et ça voudrait penser ? Appeler à une révolution citoyenne ? En usant des mêmes pratiques que Staline, peut-être (qu’il avait piquées à Goebbels) : hurler plus fort que l’autre, le dénigrer plus bas que terre, lancer des affirmations grossières (« il en restera toujours quelque chose », disait finement Goebbels).

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Ridicules encore sont ces jeunes qui manifestent, sauf le mercredi ou pendant les vacances… Syndiqués à l’extrême gauche, ils se disent révolutionnaires pour se poser en soixantuitards guévaristes. Est-ce au régime de Cuba qu’ils rêvent ? Comme si Cuba était un modèle… La globalisation est-elle un choix qu’on pouvait faire après la sieste, dans un fauteuil ? Comme si le monde entier ne reconnaissait pas les vertus de l’économie de marché, dont le dernier rapport du PNUD des Nations unies montre que son résultat a été que la qualité de vie progresse partout depuis 40 ans. Sauf quand l’État ne fait pas son boulot, sauf quand la société civile démissionne, sauf quand les garçons et les filles ne sont pas sur le même pied. Et ça manifeste contre l’État qui impose des règles de retraite ? Contre le droit à voler des gens du voyage qui refusent tout travail ? Contre les misères qu’on fait aux intégristes musulmans avec la candidate voilée de Besancenot ?

Ridicule est le quarteron de députés UMP qui veut sucrer à Martin Hirsch son indemnité de président de l’Agence de service civique. Pourquoi ne suppriment-ils pas cette agence parmi d’innombrables, eux qui veulent faire des économies ? Pourquoi ne disent-ils rien de rien sur les cinq retraites cumulées de l’ex-président Chirac ? Pourquoi rechignent-ils à reconsidérer leur grasse retraite de parlementaires, ces Vertueux des finances ?

Ridicule l’Éducation nationale, qui vient de retrouver 20 000 emplois temps plein, « perdus » dans les arcanes du Mammouth… Ridicule encore l’Autorité des marchés financiers qui s’aperçoit qu’elle n’avait pas « prévu » qu’un produit dérivé permettrait sans vergogne de contourner la loi sur les déclarations de seuil. Dans la montée au capital de la société familiale Hermès, LVMH a respecté les termes de la loi, mais est entré d’un coup au capital en convertissant des swaps d’actions (des contrats d’échanges). Messieurs les bureaucrates n’ont rien vu. Déjà qu’ils ne raisonnent qu’en littéral et pas en pratique, qu’ils ne connaissent rien au milieu financier et encore moins au monde l’entreprise, alors vous n’allez pas leur demander en plus de penser !

Il ne s’agit pas d’une erreur mais bien d’un état d’esprit : tout ce qui n’est pas dans la loi n’est pas prévu, il n’y a aucune réalité hors du code et le réel doit se plier à l’abstraction préalable. Un exemple: vous cherchez les connaissances minimales requises par l’AMF pour son nouvel examen de certification professionnelle des acteurs de marchés ? Eh bien, pas question de trouver ça de suite ! Vous passerez obligatoirement par la case Directive, puis Instruction, avant la case Règlement, avant d’aboutir – enfin ! – au contenu. Dans une société hiérarchique, tout se fait sous autorité. Dans une société bureaucratique, ce qui n’est pas prévu par les textes venant d’en haut n’existe pas !

Ridicule le président d’Alsthom, qui râle qu’Eurostar ait choisi Siemens plutôt que son entreprise pour commander de nouveaux TGV. Pourquoi ne s’interrogerait-il pas sur ce qui a fait la différence entre Siemens et Alsthom avant d’en appeler au scandale ? Est-il entrepreneur ou reste-t-il fonctionnaire dans l’âme, en appelant à papa, au bon vieux monopole des années 70 ou à la politique des copains ?

Ridicule est la France aux yeux des autres pays. Il y a des jours où l’on a honte.


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