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L'entreprise France

Publié le 16 novembre 2010 par Malesherbes

Tous les postes d’une entreprise ne sont pas d’égale importance. On attribue donc les plus stratégiques aux plus compétents. De ce fait, c’est le poste qui signale l’importance d’un dirigeant. Il en va tout autrement dans l’entreprise France, à la tête de laquelle nous avons placé un hyper-Président. Nos ministres ont plus ou moins de notoriété, plus ou moins de soutiens et, de ce fait, plus ou moins d’importance. Comme les règles qui président à leur affectation ignorent la notion d’efficacité, ce sont les ministres qui déterminent le niveau d’un poste et non l’inverse.

Jusqu’ici, les plus gradés, Ministres d’Etat, veillaient sur l’Ecologie et les Finances. Ce choix avait une certaine logique. L’Ecologie devait, par la grâce d’un Grenelle, être la première préoccupation du nouveau Président, prêt à sauver le monde menacé par les pollueurs, et les Finances revêtaient une importance au moins égale dans un pays guetté par la faillite.

Vaines errances ! L’écologie, ça commence à bien faire, n’est-ce pas ? Et les Finances, tout est plié, on est sortis de la crise, pas vrai ? Il est temps de se consacrer aux vrais problèmes, la Défense et les Affaires étrangères. Nous pourrons ainsi, si besoin est, rétablir la conscription et envoyer le contingent en Afghanistan ou bien, avec plus d’un demi-siècle de retard, mettre sur pied la Communauté européenne de défense, sous la haute direction de notre souverain. Nous serons également en mesure de mener une politique étrangère indépendante, imprudemment confiée jusqu’ici à un transfuge de l’autre bord. Le fait d’avoir réuni dans un même ministère la diplomatie de la France et les affaires européennes évitera aussi à l’avenir d’avoir à arbitrer entre les intérêts de notre pays et ceux de la construction européenne, une seule autorité pouvant effectuer ce choix.

Après la composition du premier gouvernement Fillon en 2007, Nicolas Sarkozy avait annoncé ceci : les ministres auront «des objectifs qui permettront d’évaluer leurs résultats» afin de «rendre des comptes» concernant leur action. J’ignore si, comme il était prévu, des cabinets extérieurs se sont vu confier la tâche de noter nos ministres. Si tel était le cas, à ma connaissance, le public n’a jamais eu connaissance de telles notations, ni fin 2008, ni fin 2009. On peut espérer que celui qui entend gérer la France comme une entreprise a pu bénéficier de ces indications pour, à l’occasion de ce remaniement, décider qui devait partir, qui pouvait rester et qui méritait d’être promu. Quant aux nouveaux arrivants, ils ont dû assurément fournir un curriculum vitae en béton.

En confidence, j’en doute. Cette prétendue nouvelle équipe nous est présentée comme un gouvernement de combat, destiné à assurer la ré-élection de Nicolas Sarkozy en 2012. La noble tâche ! On pourrait croire que son objectif est d’avancer dans la résolution des problèmes du pays : le déficit, le chômage, la santé, l’éducation, la sécurité, pour n’en citer que quelques-uns.

Que nenni, un seul impératif, maintenir sur son trône celui qui a amplement fait la preuve de son incapacité à tenir ses promesses.


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