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Dernier aïd el-kebir pour l’abattoir de bordeaux ?

Publié le 16 novembre 2010 par Bordeaux7
Dernier aïd el-kebir pour l’abattoir de bordeaux ?La fête de l’Aïd El-Kebir a débuté hier et les premiers sacrifices ont eu lieu à l’abattoir de Bordeaux, quai de Paludate. «46 bovins, destinés à la population turque, ont été égorgés selon les rites ce matin», expliquait hier le directeur de l’abattoir, Denis Ricart. Aujourd’hui, ce sont environ 450 moutons qui connaîtront le même sort, avant de repartir dans les familles maghrébines de l’agglomération. «Ce sont des sacrificateurs habilités par les mosquées compétentes, celles de Lyon, Paris et Evry, qui interviennent pour ce genre de pratique», souligne Denis Ricart, qui précise également que l’abattoir de Bordeaux fut l’un des premiers en France à accueillir ces rituels. Et ce, bien avant que la loi oblige les populations musulmanes à se tourner vers ce type de structure afin d’éviter les problèmes sanitaires liés aux exécutions à domicile. Pourtant, l’abattoir bordelais est peut-être en train de vivre son dernier Aïd El-Kébir. En effet, la CUB, qui gère le Complexe de la viande, a décidé en mai 2009 de sa fermeture. Au plus tard le 31 décembre 2011, l’abattoir ne sera plus en service. «La fête de l’Aïd a lieu en novembre, et nous savons juste que la fermeture interviendra fin 2011, indique Denis Ricart. Les services de la CUB n’ont pas encore défini de date précise, mais il se peut que ce soit avant novembre.»

Un projet mais pas de terrain

Les 5 hectares du Complexe de la viande seront en fait fondus dans le projet Euratlantique, et les opérateurs qui utilisent l’abattoir sont donc priés d’aller voir ailleurs. Certains des abatteurs se sont d’ores et déjà tournés vers la ville de  Bazas, qui accueille déjà un petit abattoir. Celui-ci sera d’ailleurs très probablement rénové dans les mois à venir, afin de pouvoir faire face à l’augmentation du tonnage. Mais d’autres professionnels ne souhaitent pas déménager si loin, et cherchent une solution plus proche de l’agglomération. C’est notamment le cas du Groupement des éleveurs girondins (GEG), qui a déjà bouclé un projet d’abattoir privé depuis le printemps dernier. Seul problème, le GEG ne parvient pas à trouver de terrain pour l’instant, sachant que son projet prévoit un bâtiment de 5000 m2 pour un volume de 650 à 800 tonnes par an. Mais le temps presse, car si ce nouvel abattoir n’est pas opérationnel dans un an, l’agglomération sera orpheline d’un outil indispensable : «Les opérateurs musulmans de la ville sont inquiets pour la célébration de l’Aïd en 2011, avance Denis Ricart. Mais aussi la préfecture et les services vétérinaires, qui craignent une recrudescence des exécutions au domicile des particuliers.» Des pratiques qui existent encore. De fait, durant la période de l’Aïd, jusqu’à demain, la préfecture de Gironde interdit notamment la détention et le transport d’ovins vivants par toute personne non déclarée, et la Direction départementale de protection des populations effectue de nombreux contrôles afin de lutter contre les abattages clandestins.•
Sébastien Hervierï’ 

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