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Le vendredi c’est permis... ou pas – Gone baby gone

Publié le 04 janvier 2008 par Bebealien

Tiens je vais briser ma règle implicite du post à la con du vendredi car, décidément très en forme question cinoche en ce moment, j’ai vu Gone Baby Gone hier soir. Le film aurai été moyen, j’aurai fièrement exhibé un dossier sur la stérilisation des mouches dans les usines de ravioli du sud-est de la Malaisie, ou bien sur l’économie de la pêche à la sardine en basse-Guinée. Mais le film est bon, très bon, et comme je suis un sale dictateur, je vais vous expliquer pourquoi vous allez le voir ce we, sinon c’est une baffe dans la gueule !

Gone baby gone – Do it one more time Ben !
Ben Affleck, c’est un peu le Guillaume Canet américain. A savoir qu’il est un acteur moyen voir médiocre (pour ne pas dire très mauvais par moment), mais par contre sait écrire un scénario, et sait clairement réaliser. L’art du scénario, il a pu le mettre en œuvre avec son pote Matt Damon, avec qui il a co-signé le script de Will Hunting, d’ailleurs récompensé d’un oscar.

L’affiche du film - Tout le monde veux la vérité…jusqu’à ce qu’il la trouve

Gone baby gone, de quoi ca parle t’y dont c’t’affaire ? L’histoire se concentre sur Patrick et Angie, un couple enquêtant sur l’enlèvement d’une fillette, la police piétinant sur place. Concept simple, voir même simpliste, mais derrière cette apparente facilité se cache un film à tiroirs dans lequel tous les protagonistes ont quelque chose à cacher. Pourtant on est loin du film à « twist de la mort qui change toute l’histoire », même si les situations s’y prêtent. Affleck a voulu faire un film ultra encré dans le réel. C’est par exemple impressionnant de constater que pour une fois dans un film on voit l’américain moyen, souvent moche, parfois beauf, bref un casting de gueule qu’on croise tous les jours dans la rue, mais jamais au cinéma ou tous les rôles sont en général joué par des mannequins/physiques avantageux ou au contraire par des gens aux traits tellement outrés qu’ils sont immédiatement caractérisables. Ces plans, surtout vus au début du film, sont déjà une claque dans la gueule, tellement ils cassent les habitudes des productions américaines classiques

Au delà de ce simple soucis d’acteurs, et un peu comme Filatures que j’ai chroniqué hier, le script s’acharne à démonter tout cliché potentiel, à choisir systématiquement la suite logique plutôt que la suite attendue de chaque scène, à confronter chaque personnage à des choix moraux complexes, à ne surtout pas décrire les « méchants » comme des ordures ou les « gentil » comme absouts de tout péché.

Casey Affleck - putain de bon acteur (contrairement à son frere)

Sans en dévoiler trop, disons que la fin du film ressemble à une victoire à la Pyrrhus, où on ne sait si les choix qui ont été fait, pourtant a priori les bons, sont vraiment si bons que ca…. bref Affleck brouille les cartes et fini par nous faire nous interroger sur la conception ultra manichéenne du bien et du mal… et si parfois « faire le bien » était différent de « faire du bien », voir si l’un et l’autre étaient parfois en totale opposition ?

Histoire de servir l’histoire, casting cinq étoiles : Casey Affleck (frère de, vu dans l’Assassinat de Jesse James) dans le rôle principal, à la fois touchant et grandiose, Michelle Monaghan (Kiss kiss Bang Bang) dans le rôle de l’amante/enquétrice, Ed Harris et Morgan Freeman en flic… pour servir des personnages beaucoup plus complexes qu’il n’y paraît de prime abord.

Bref, le film se regarde, se dévore, passionne, évitant à la fois les clichés et la facilité, et posant une vraie réflexion, un vrai questionnement presque philosophique.

Y’à pas à dire… ca ne donne envie que d’une seule chose : que Ben arrête de jouer comme un pied dans des blockbusters pétés de thune pour se concentrer sur l’écriture de scénarii et la réalisation… car il y excelle !

P.S. : c’est vrai que tonton Ben a eu un oscar pour son rôle dans Holywoodland, mais ne l’ayant pas vu, je ne peux confirmer si oui ou non, une fois dans sa vie, il a su jouer vraiment bien. C’est vrai que je rajoute un peu de mauvaise foi dans ce jugement, mais vu la différence de qualité entre son jeu d’acteur et ses autres compétences, ca donne super top sa race méga envie de voir son prochain film. Vite ! Et puis avec Casey Affleck dans le premier rôle. Bref les mecs refaites marcher la fraterie, on n’attend que ca…


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