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Karachi, l’affaire qui rend fou Sarkozy

Publié le 23 novembre 2010 par Hmoreigne

 L’air de Lisbonne au parfum de Karachi ne réussit pas au Chef de l’Etat Français qui s’est une nouvelle fois fait remarquer par un comportement « surprenant » lors du sommet de l’Otan de la semaine dernière. Outre une altercation vive avec son homologue roumain, Nicolas Sarkozy a usé d’une comparaison douteuse à l’égard d’un journaliste qui avait eu l’impudence de revenir sur l’affaire Karachi.

La première scène n’a échappé à personne, immortalisée par les caméras de télévision (cf vidéo). Vendredi soir lors de la traditionnelle photo de famille réunissant les chefs d’État et de gouvernement, Nicolas Sarkozy refuse ostensiblement d’ouvrir un dialogue avec son homologue Roumain. Anecdotique certes. Quasi comique même quand Traian Basescu interloqué s’en va raconter la scène à Silvio Berlusconi et que celui-ci à deux reprises met son index sur la tempe pour faire comprendre qu’à ses yeux le président français est …fou.

L’épisode prend une tournure différente quand, par la suite, on apprend que le même soir, le président français a été incapable de maîtriser ses nerfs devant une trentaine de journalistes. Les faits sont rapportés par l’incontournable Mediapart et l’Express.

Un journaliste revient sur le dossier Karachi et contredit Nicolas Sarkozy en démontrant que celui-ci a donné son aval à la création d’une société-écran luxembourgeoise par laquelle transitaient les commissions dans ce qui s’est transformé en Karachigate. Depuis quelques temps, le président ne cache plus son mépris à l’égard de la presse. Sa dernière prestation télévisée qui a tournée à l’humiliation de ses trois interlocuteurs est à cet égard significative.

Cette fois, Nicolas Sarkozy se lance dans un nouveau registre. La réponse présidentielle ou plutôt l’invective, stupéfait l’auditoire : “Qui vous a dit ça? Vous avez eu accès au dossier? Charles Million a une intime conviction. Et si moi j’ai l’intime conviction que vous êtes pédophile? Et que je le dis en m’appuyant sur des documents que je n’ai pas vus (…) “Il semblerait que vous soyez pédophile, j’en ai l’intime conviction (…)“.

10 minutes d’emballement dans la même tonalité conclues soudainement par un départ brusque assorti de l’étonnante formule : “Amis pédophiles, à demain“.

Mediapart évoque un président “hors contrôle”. Atterrés et conscients d’avoir vécu une scène “anormale”, les journalistes qui ont fait des prises de son les détruisent après s’être faits rappeler par le personnel de l’Élysée que la conversation était un off.

La présidence aura beau tout faire pour relativiser la scène, avancer que le Chef de l’Etat a simplement voulu signifier qu’on ne peut mettre en cause quelqu’un sans preuve, évoquer un président fatigué, l’épisode confirme la fragilité nerveuse d’un homme déjà incapable de maîtriser ses tics en public.

Un président poussé à bout par une affaire qui empoisonne doucement mais sûrement son mandat et qui pourtant ne fait que débuter.

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