Magazine Humeur

De la révolution... au cafarnaum.

Publié le 23 novembre 2010 par Ericbloggeurcitoyen

Mon billet d'aujourd'hui évoque la question du syndicalisme. Non pas des pratiques en vigueur à l'intérieur des différentes orgas que propose le panel français, mais de l'avenir que se dessine lui-même le syndicalisme...
Mais avant de tenter de dénouer ce sac de nœud, je crois utile de rappeler que MonMulhouse est un blog et non pas un journal. Précision à toutes fins utiles à l'intention des lecteurs-trices qui se laisseraient aller - il y en a toujours qui rôdent - à me taguer après coup d' idéalisme ou pire, de négativisme. On ne milite pas sans une bonne dose d'empathie, c'est dire une fois de plus si je renonce à être objectif.
Idemement, je me refuse à citer nommément le syndicat en question. Ne serait-ce que par souci de l'éthique et des relations que j'entretiens avec MonMulhouse, me refusant d'user de cette tribune pour faire la promotion d'un logo syndical, fut-ce à son désavantage.

L'organisation pour laquelle je milite avait tout pour séduire lorsque j'ai décidé d'y adhérer à l'époque. Un mode de fonctionnement qui établit clairement les relations à tenir vis-à-vis du patronat, des règles qui, ajoutées à de solides convictions, protègent de toutes corruptions comme celles qui finissent de convertir le traditionnel G8 syndical aux valeurs si chères au MEDEF... Contrairement aux mélenchoniens, je soutiens que la réforme des retraites et cette autre sur la "représentativité syndicale" sont autant utiles au syndicalisme qu'une boite de capotes dans la poche d'un sou(cul)tané.... Sauf à être pédophile peut-être. Dans les deux cas, y a abrasion...

Donc résolument socialiste (pas au sens du parti du même nom, j'insiste!!!) démocrate indécrottable et révolutionnaire convaincu d'en avoir marre de travailler plus pour crever de faim quand même, j'étais persuadé d'avoir trouver un espace syndical cher à mon cœur !!!
Sauf que... Les choses n'étant jamais aussi simples qu'on le souhaite, le syndicat pour lequel je milite se retrouve une fois de plus confronté à ... lui-même. En ceci que la révolution proposée à l'avenir - sur fond de réorganisation juste et sociale du travail -  exclue dès aujourd'hui une large part de travailleurs-euses, en l'occurrence, un pan entier issu du Droit Public. Techniquement, ces travailleurs-euses se sont vu-e-s banni-e-s de leur fédération d'origine suite à une décision prise en "interne" par les instances fédérales et donc en dehors de tout champ démocratique, au prétexte que la dite catégorie de salarié-e-s serait par trop "représentatifs-ives de l'état répressif" et que leur champs professionnel spécifique ne trouve pas place dans la définition révolutionnaire du schéma organisationnel présent... Après avoir encaissé et partagé malgré tout, toutes les cotisations de la dernière décennie et, comble de mal-façon, sans faire proposition du plus petit début de solution.
Superbes paradoxe et contradiction sachant que ce syndicat se targue d'être "démocratique" et plus encore sachant que 2010 ne sera sans doute pas plus en mesure d'apporter de solution que 1948...
En outre, si j'étais mauvaise langue, je dirais qu'un syndicat aux objectifs révolutionnaires clairs-obscurs qui encaisse l'argent des cotises sans jamais avoir réussi depuis 10 ans à créer cet espace fédéral spécifique aux adéquats, mériterait qu'il revoie  "SA" copie révolutionnaire autant que "SA" propre conception de la démocratie... pour le moins.
... Foi de Pute Bill (peut aussi s'écrire tel que), la question des odeurs l'argent des cotisations ne semble poser de problèmes à personne, celui des travailleurs-euses de ce secteur spécifique du public n'ayant pas d'odeur différente, tout ça se mélange parfaitement: "E viva la revoluçion" !!!

Bref. Là ne s'arrête pas hélas le dégât des "ZOOs"... Sur le plan local aussi, la chose est ardue.
Notre Congrès National se profilant, l'occasion motivante me pousse à présenter une contre-motion visant pour le moins à éclaircir - sinon à préciser la situation fédérale de cette catégorie de travailleurs-euses SFF (Sans Fédération Fixe). Mais non, mes coreligionnaires locaux en profitent pour saisir l'objet par la forme douteuse - due plus à leur omni-absence physique et intellectuelle relative selon le jour, pour jeter le fond... Si la dimension humaine conditionne à grande échelle, pourquoi épargnerait-elle l'échelle locale?

Techniquement, dans sa constitution légale (au sens du législateur) et donc dans son fonctionnement, le syndicat a parfaitement réagi en ceci qu'il a lui-même produit le moyen de se saborder, une fois de plus. De 700 000 dans ses meilleures années (1950/60), le nombre restant  de milliers d'adhérent-e-s  se compte aujourd'hui sur deux doigts, indépendamment du nombre de mains. Ce qui tend à prouver que la classe dirigeante a une absolue maitrise des questions liées à l'environnement syndical. Pour abstraite qu'elle soit, on peut aisément concevoir l'idée que notre forme d'état a réussi à cintrer tout type de syndicalisme - y compris celui révolutionnaire, au point de lui faire générer lui-même les moyens de s'auto-anéantir, et dans le nombre de ses adhérents et par ses actions.

Quoiqu'il en soit, le ciel syndical ne semble pas vraiment disposé à laisser filtrer le soleil révolutionnaire. Pour ce qui est de ce syndicat du moins qui, pour révolutionnaire qu'il soit, refuse d'entendre toutes les autres thématiques liées à la vie physique qui frappe à sa porte. Selon son propre dogme: "...Nous sommes un syndicat, pas un parti politique!!!", et toc!
Ce qui en toute logique sous-entend que sont libres celles et ceux qui souhaitent aller bronzer sous un autre genre de soleil révolutionnaire, moins syndical, plus politicien... A moins que?

Me revient à la mémoire cet excellent livre de Jacques Rancières : "La Haine de la Démocratie", lequel - pour faire court - pose la question de la relation de l'individu au collectif (association/syndicat/parti politique autant qu'à la nation au sens politique et/ou géographique) d'une part, régenté par un état dont la conception de la démocratie repose sur le morcellement, la redistribution et l'appropriation d'autant de "morceaux" de démocratie, sur fond d'opposition entre individus eux-mêmes, entre individus et collectifs.


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