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Irlande : encore une fois, c'est le peuple qui va payer les erreurs des banques.

Publié le 23 novembre 2010 par Leunamme

L'Etat Irlandais, parce qu'il a voulu sauver ses banques de la faillite,  se trouve lui-même dans une situation économique compliquée, au point qu'il est dans l'obligation de faire appel à l'aide européenne, et même d'accepter des capitaux venus de Grande-BretagneGrande-Bretagne. Pour un peuple qui a acquis chèrement son indépendance, se faire aider par l'ennemi Britannique, il va de soi que c'est de l'ordre de l'insupportable.

Comment les Irlandais en sont-ils arrivés là ? Le schéma commence malheureusement à devenir banal, et il y a fort à parier qu'il se reproduise bientôt envers d'autres pays européens. Pendant dix ans, les banques irlandaises ont spéculé à fond sur des programmes géants de construction immobilière à l'étranger; La majeure partie des prêts effectués par ces banques allaient à l'immobilier. Cela a parfaitement fonctionné, au point que l'Irlande sorte de la pauvreté et devienne une sorte d'eldorado européen, que certains ont appelé le tigre celtique. Mais la bulle immobilière, comme toute bulle au demeurant, a fini par éclater. Les banques se sont retrouvées pour la plupart en situation de quasi faillite, et n'ont du leur salut, qu'à l'intervention de l'Etat irlandais qui a recapitaliser les banques jusqu'à 50 milliard d'Euros. Evidemment, le déficit public a explosé, rendant les marchés financiers fébriles au point que l'Irlande a énormément de mal à emprunter de l'argent aujourd'hui. D'où l'intervention de l'Union européenne cette semaine.

Pourtant, l'Etat irlandais a tout fait pour plaire aux marchés. Il est allé jusqu'à imposer aux Irlandais un plan de rigueur drastique en 2009. Oh ! rien de bien original dans ce plan, que du classique : suppressions de postes de fonctionnaires, gel des salaires, baisse des aides publiques, augmentation de l'âge de la retraite, etc. Bref, comme toujours, ce sont les 4 millions d'Irlandais qui vont payer les erreurs de quelques banquiers malhonnêtes, lesquels, n'en doutons pas, referont dans quelques années de juteux bénéfices. De plus, pour pouvoir recevoir l'aide de l'Europe et du FMI, l'Irlande se voit dans l'obligation de renforcer encore son plan de rigueur. Une deuxième couche en quelque sorte, sans garantie aucune qu'il n'y en ait pas une troisième.

Comme en Grèce, qui a connu pareille situation, comme en Espagne et au Portugal où la menace se précise et où des plans de rigueur de la même nature ont d'ores et déjà été pris, la colère populaire est immense. Pourtant, en Irlande non plus, le peuple ne sera pas écouté. L'Union Européenne, épaulée par le FMI (tiens, tiens, amis électeurs Français, cela devrait vous mettre la puce à l'oreille) est bien trop pressée de secourir l'Irlande, sentant bien que si celle-ci s'écroule, c'est toute l'Europe qui part avec, et donc tout le système.

Qu'on se rassure donc, pour cette fois-ci, et pour quelques mois encore, le capitalisme à la sauce libérale est sauvé. Jusqu'à la prochaine crise. Mais au prix du plus grand des renoncements : celui de la légitimité politique. Et c'est bien cette absence de légitimité qui fait penser à un nombre de plus en plus important d'observateurs de la vie politique et économique internationale, que la plupart des pays européennes sont au bord d'une situation insurrectionnelle. L'histoire nous a pourtant enseigné que dans de telles périodes, le meilleure peut parfois advenir, mais le pire arrive le plus souvent.

Sur le sujet :

torapamavoa reproduis un article du Monde qi résume parfaitement la situation. Mais il faut absolument découvrir ce blog.

cafe babel, un site européen formidable pour savoir ce que dit le reste de la presse européenne : en l'occurence, Irlande, bien sûr, mais aussi Portugal, Finlande ou Italie.

Sur le web :

Deux petits amendements bien sympa pour nos amis les puissants et votés en catimini au Sénat, c'est chez a tort ou a raison.

vachane a un petit coup de blues en ce moment, mais que son article sur les 2 ans et demi que nous venons de vivre et les 18 mois qui reste à tirer est vachanement bien.

des pas perdus ne lâche rien sur le travail le dimanche : il a raison.


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