Magazine Journal intime

Semaine Cancer

Par Isabelledelyon

Cette semaine, jeudi j'ai ma perfusion d'herceptine, ce qui n'a rien de bien perturbant en soi. Par contre vendredi, je passe mon scanner TAP, tout l'abdomen est contrôlé pour s'assurer qu'aucune métastase ne s'y loge.
Je dois aller faire une prise de sang avec les résultats des marqueurs CA 15-3 et ACE, les résultats me stressent toujours beaucoup tant que je ne suis pas assurée qu'ils sont toujours dans la même fourchette que les précédentes fois.
Mais le scanner m'angoisse beaucoup plus. Ce n'est pas l'examen en soi, il dure 5mn et à part la grosse aiguille placée dans le bras, on ne peut pas dire qu'il soit pénible mais c'est l'attente du compte-rendu. Hors de question que je reparte sans savoir ce que le radiologue a vu. Je patiente le temps qu'il faut, au moins 30mn mais parfois 1H30 et là plusieurs cas de figure. La secrétaire m'appelle et me remet le compte-rendu : Hourra, il n'y a rien si le radiologue n'a pas pris la peine de me voir. Soit c'est le radiologue qui arrive en personne et qui me le tend, en me congratulant avec un sourire et une poignée de main comme s'il me remettait un diplôme. Son sourire est très communicatif, mon visage s'illumine instantanément. Soit, et là c'est le pire, on me demande d'aller dans un box où le radiologue va me donner le compte-rendu en tête à tête. Ils ne m'ont pas fait ce sale coup depuis deux ans. Les dernières fois c'était aussi pour me dire que tout allait bien mais que de stress et d'angoisse pour rien. En même temps je ne vais pas me plaindre si au bout du compte c'est une bonne nouvelle. Tant que je stresse quelques minutes mais que je repars le cœur léger et le sourire aux lèvres en tapant mon sms à mes proches, pour leur communiquer la bonne nouvelle, la vie continue. Le jour où ils ont cru que je récidivais, il y a deux ans, je ne souriais plus du tout et l'angoisse a duré plusieurs jours. Le jour où j'ai appris que j'avais des métastases, j'ai cru qu'on m'annonçait ma mort, je me suis retrouvée dans un brouillard opaque qui me coupait des autres, de la vie et il s'est passé plusieurs mois avant que l'angoisse soit moins violente.
Alors tant que je continue à être en rémission, je veux bien stresser plusieurs heures assise sur ma chaise inconfortable. Peut-être que je vais arriver à terminer mon bouquin "Le Chagrin", très bien d'ailleurs mais que je fais durer faute de temps.
Et puis le midi, je vais aller récupérer mes deux filles à l'école et un copain pour chacune, je serai entourée par cette joyeuse bande pour notre déjeuner. Voilà qui me changera les idées et me refera revenir immédiatement à la vraie vie, pas celle des couloirs d'hôpital et des attentes angoissantes interminables...
Mon oncologue n'est même pas là vendredi pour égayer ma journée, elle est absente. Tant pis, j'y retourne dans trois semaines pour lui remettre tous mes comptes-rendus, opératoire, scanner et échanger quelques mots avec elle. Je suis toujours si heureuse de rencontrer celle qui m'a sauvée et m'a rendue à la vie.
En attendant, je prends mon mal en patience...

trobat_temps_perdut


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