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Les risques de l’industrie pharmaceutique au Brésil

Publié le 03 décembre 2010 par Infoguerre
Les risques de l’industrie pharmaceutique au Brésil La mise prochaine sur le marché du vaccin contre la dengue (élaboré principalement par les groupes pharmaceutiques Sanofi-aventis et GlaxoSmithKline) est un axe majeur d’implantation dans les pays en voie de développement ou nouvellement développés comme  le Brésil (un des plus touchés par le virus de la dengue) et certains pays d’Afrique. Cependant, il comporte de nombreux risques. En effet, le virus de la dengue atteindrait plus de 50 millions de personnes chaque année selon les statistiques de l’OMS et laisserait donc entrevoir un marché  « juteux » pour ces entreprises pharmaceutiques. Si la vente des vaccins apparaît vraiment très prometteuse pour l’industrie pharmaceutique occidentale, celle-ci devra pour rester compétitive faire face à la volonté d’émancipation de ces pays et plus particulièrement celle du Brésil et de l’Inde. Les opposants aux industries pharmaceutiques ont largement entamé leur plan d’action. D’une part, se trouve la stratégie d’éradication des moustiques adoptée par les pays comme le Japon (via l’un des plus grand distributeurs mondial de pesticides, Sumitomo avec Valent Biosciences). On décèle également la présence des promoteurs de la culture de plantes transgéniques résistantes aux moustiques comme aux Etats-Unis (Monsanto). D’autre part, certains pays nouvellement développés comme le Brésil et l’Inde, trouvent dans l’industrie des génériqueurs (médicaments fabriqués après expiration du brevet ou sans brevet) un moyen de contournement pour produire les médicaments dont ils ont besoin. Ces pays ne vont pas hésiter à intervenir au près de l’Organisation Mondiale de la Santé. La montée en puissance du Brésil qui, fort de sa croissance et à l’essor de son agriculture et de ses exportations, va fortement inciter les pays occidentaux (comme la France ou les Etats-Unis) à céder une partie de leur avance dans le domaine pharmaceutique. Les pays en voie de développement désormais en position de force, vont obliger les états détenant les brevets à assouplir leur politique en matière de propriété intellectuelle. Sous la pression de ces nouveaux acteurs, l’industrie pharmaceutique occidentale se retrouve alors régulièrement en proie à des attaques informationnelles, signes manifestes de son affaiblissement. C’est ainsi que les grands groupes pharmaceutiques occidentaux pour développer le vaccin contre la dengue et pénétrer le marché brésilien, se voient contraints de s’accorder avec l’état brésilien, à travers par exemple, l’Institut Butantan (centre de recherche brésilien). De plus, le Brésil projette de produire ses vaccins à travers son Programme de Développement Productif (PDP) et de la Banque Nationale de Développement Economique et Social (BNDES) du Brésil qui va financer ses projets de production. Même si la France a une longueur d’avance en recherche et développement dans le domaine pharmaceutique (avec le vaccin de Sanofi) et a réussi à trouver un terrain d’entente économique avec le Brésil  dans le domaine agroalimentaire, elle doit rester très vigilante quand à la protection de ses brevets. Un paysage de plus en plus complexe se dessine alors pour les entreprises occidentales du médicament qui vont devoir multiplier les partenariats publics et privés tout en étant détentrices de l’innovation dans un contexte international extrêmement tendu. Précisions : Les grands groupes pharmaceutiques sont donc exposés à certains risques au Brésil. Cette puissance émergente, a établit depuis longtemps une stratégie d’autosuffisance en matière de production de médicaments et de vaccins. La lutte est d’autant plus accrue que le vaccin constitue l’arme la plus efficace actuellement combattre la dengue. Il n’existe pas encore de traitements curatifs reconnus. L’appropriation des technologies sur les médicaments et les vaccins fait partie de la volonté brésilienne. Dans ce contexte, les différents instruments mis en place par le Brésil s’articulent autour de l’institut Butuncan, Fiocruz, l’assouplissement des accords sur la propriété intellectuelle et la mise en place de licences obligatoires, la pression sur l’OMS, et la possibilité de financement par la BNDES. Une étude de 2007 décrit les différents procédés mis en place par des états comme le Brésil (autour des vaccins).  Cette analyse tente aussi de sensibiliser sur la nature de l’impact qu’auront ces processus sur la recherche dans l’industrie pharmaceutique. Un accent est mis sur la diversité des liens existants au Brésil pour accéder à la technologie.  Les manœuvres des laboratoires sont légitimes au vue de la compétitivité extrême qui sévit dans les pays en forte croissance et actifs dans le domaine de la recherche comme le Brésil. Les laboratoires GlaxoSmithKline et Sanofi-Aventis, par exemple, n’ont pas des stratégies identiques. Plus précisément, si Glaxo a bien un partenariat affiché avec le Brazil's Oswaldo Cruz Foundation (Fiocruz), Sanofi, lui, sans être lié au Brésil, a coopéré avec l’institut de recherche brésilien Butuntan mais pour d’autres vaccins (ceux contre la grippe). Le laboratoire a su, pour l’instant, anticiper de façon globale avec notamment le rachat d’un des leaders de fabricants de génériques brésiliens, Medley en 2009. Les accords avec les nouveaux pays à forte croissance aboutissent à de nouveaux modèles de recherche et développement. Ces mutations s’organisent autour de transfert de technologies. Les entreprises du médicament occidentales s’adaptent mais s’exposent également à des risques. La recherche et développement ainsi que les emplois en France commencent à être touchés. Selon les dernières statistiques du Leem, les effectifs de l’industrie du médicament en France ont accusées en 2008 une diminution historique de 0,24 %. A l’instar des accords Adpic (aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce) qui comportent des dispositions d’exemption « pour protéger la santé et la vie des personnes » (article 27), une complexité apparaît. Etablir la limite entre la santé publique et la santé économique d’une industrie et d’un pays s’avère être de plus en plus ambigu et donc conflictuel.  Les accords prévoient en effet que « les membres pourront [...] adopter les mesures nécessaires pour protéger la santé publique ». Agnès Amador

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