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TF1 : ORTF du XXIe siècle ?

Publié le 14 janvier 2008 par Marc Vasseur

TF1.jpgEn bloggeur attentif de mes lecteurs, je vous gratifie d'un copié/collé relatif au bouquin sorti sur notre 1er chaine sarkozienne et des meilleurs morceaux sélectionnés par le Nouvel Observateur... forcément avec TF1, c'est du lourd.

Vous pouvez prendre ça comme un interlude avant un article sur les Municipales à Tourcoing et l'homophobe condamné Christian Vanneste

Propos des auteurs

Sur les relations avec Nicolas Sarkozy

Le 6 mai 2007. "Dans les salons réservés aux VIP, le champagne coule à flot depuis 18h30. Les sondeurs ne peuvent plus se tromper. On ne fête pas la fin d'une campagne électorale, on fête bien l'élection de Nicolas." (…) "Sur le plateau, Claire et Patrick ont voulu également se joindre à la fête et n'ont pas attendu 20 heures pour déboucher le champagne, sous le nez de dizaines de techniciens éberlués par autant d'indécence".

"En août 2006, Nicolas Sarkozy passe un coup de fil à Robert Namias et à l'auteur d'un reportage sur le squat de Cachan, montrant le dénuement et la détresse de ses occupants. 'C'est une honte d'avoir laissé passer ce sujet', s'emporte-t-il alors. 'Vous ne savez pas faire votre boulot'. Dès le lendemain, un nouveau sujet sur Cachan est diffusé pour rétablir l'équilibre. La rédaction lève alors le pied sur les sans-papiers".

Sur Jean-Pierre Pernault

"Son côté beauf décomplexé de droite le rend presque sympathique."

"Lunatique mais jamais méchant, il réserve volontiers ses pics au 20 heures qui l'a longtemps méprisé." 

Après sa convocation, en novembre 2007, pendant les grèves, par le nouveau patron de TF1, Nonce Paolini, il reproche à ses journalistes de ne pas l’avoir soutenu: "Personne ne me défend. Je vous pisse tous à la raie."

Sur PPDA

"Il arrive enfin [à la conférence de rédaction, NDLR], nonchalant comme d'habitude ; son retard n'est jamais excusé, encore moins justifié ; un bonjour général est déjà signe de bonne humeur, un sourire, c'est le bonheur : la journée s'annonce radieuse."

"Irascible. Chacun dans la rédaction s'attache à prévenir ses colères ; on les craint. Destructrices, blessantes."

"Il est vrai que Patrick n'a plus tellement besoin de sortir de l'argent de sa poche…Il adore voyager et croule sous les invitations de presse : week-end de ski à Val d'Isère, inauguration d'un nouveau Sofitel à Essaouira, il accepte les sollicitations les plus diverses. Et toutes les boîtes de com' le savent." 

PPDA "n’écrit que très peu son journal et se contente souvent de corriger ceux qui l’ont fait pour lui."

Sur Claire Chazal 

"Une Marie-Antoinette : la vraie simplicité des gens bien nés, qui, malgré eux, vous renvoie à votre piètre condition."

"En conférence de rédaction, Claire baille et communique son ennui. Passionnée de littérature, d'opéra, de politique, elle aborde le reste de l'actualité avec indifférence."

"Elle n'imagine pas qu'il puisse être gênant de rester assis à l'écouter régler des problèmes domestiques, s'épanche naïvement sur sa vie privée, feint de s'intéresser à la mienne." 

"Tandis que les chefs d’info lui transmettent le menu de son journal, Claire est ailleurs, dans la contemplation de ses mains, dont le soin est une obsession."

"Elle connait ses limites : les amis, le pouvoir. Que préfère-t-elle ? Ses amis ou le pouvoir ? Elle n'a jamais vraiment eu à se poser la question. Ses amis sont au pouvoir."

Sur Patrick Le Lay

"Jean-Marie Le Pen, lui, a toujours bénéficié d'un accueil chaleureux, c'est un ami du président, la Bretagne peut-être. Le Lay profite souvent de sa présence pour inviter d'autres amis et les lui présenter."

"Lorsque Le Lay a déclaré dans la presse que TF1 vendait du temps de cerveau disponible, la rédaction est restée de marbre. 'Il aurait pu s'en passer..' a juste lâché Claire, 'pas très élégant' a rajouté Poivre, réduit d'un seul coup au statut de vulgaire VRP du vide." 

"Patrick le Lay a réussi, avec le temps, à imposer la seule organisation qui vaille à ses yeux. Un salarié de TF1, ça ferme sa gueule ou ça s'en va."

Sur Robert Namias

Après l'arrivée d'Harry Roselmack : "En conférence de communication, Namias, lui, compte sur ses doigts (c'est élégant) les journalistes d'origine étrangère engagés sous ce qu'il appelle son règne."

"Robert aime la télévision, ou l'inverse, qu'importe, il confond les deux."

"Il fait ce qu'on lui demande de faire, c'est le secret de sa longévité."

"On le connaît tous par cœur, même les moins psychologues. C'est facile. A condition de l'écouter, car il ne parle que de lui."

"'Anti Sarkozy', Robert ne l'est pas. Ou plus, depuis quelques mois. Le revirement date de mars environ, lorsque les sondages ont donné de manière fiable une large avance au candidat de l'UMP pour la présidentielle."

Sur l'ambiance à TF1

"Les caméras, elles, sont visibles. On en compte des dizaines, le long des couloirs, dans les parkings…Tout virus étranger est identifié dans la seconde (…) Alors 'on se retrouve aux toilettes', sanctuaire plutôt féminin où l'on peut verser quelques larmes."

"De la maison le mot 'plaisir' a d'abord disparu ; puis s'est envolée l'ambition de s'épanouir."

"La politique. Un Etat dans l'Etat. Inutile de chercher à intégrer le service si vous n'avez pas fait vos preuves de petits soldats .Le chef c'est le pouvoir en place – l'Elysée, pas d'autre. La mission : aucune vague, rester discret."

Propos attribués à PPDA

"On ne pense pas ici. On fabrique un journal."

"Le 20 heures c'est moi et personne d'autre." 

A un jeune journaliste qui estime que son sujet mérite mieux que quelques images commentées en voix off: "Considère qu’un off dans mon journal est déjà un immense privilège."

Propos attribué à Robert Namias

"Libération est un 'torchon'."

"Ce qui ne passe pas sur TF1 n'existe pas"

Propos attribués à Jean-Pierre Pernault

"Les fonctionnaires sont payés à rien foutre, les flics sur la route sont des racketteurs (c'est aux vieux qu'il faudrait supprimer le permis), les agriculteurs ne sont jamais contents, les hommes politiques, loin des vrais gens."

Avant le direct de New York pour couvrir les attentats du 11 septembre : "Comment on dit pompier en anglais ?"

Propos anonymes attribués à des journalistes de TF1

"Impossible de faire comprendre en reportage que le sujet pour lequel on est parti ne tient plus ; on nous rétorque à chaque fois qu'il est déjà inscrit au conducteur, ou que le 20 heures [personne n'ose prononcer le nom de Patrick] y tient beaucoup".

"Je ne reconnais plus la rédaction. Lorsque j'entre dans le parking, j'ai mal au ventre."

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