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Pagaille

Publié le 09 décembre 2010 par Malesherbes

Mercredi 8 novembre, notre Ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, l’homme qui, condamné en première instance pour injure raciale, n’a toujours pas été sanctionné comme il conviendrait, a déclaré mercredi 8 décembre, à 15 heures 30, à propos des difficultés de circulation en France, ceci : « Généralement, vous savez ce qu’il y a avec "pagaille", c’est "pagaille indescriptible". Vous voyez, précisément, là on décrit la réalité de la situation et ça démontre qu’il n’y a pas de pagaille ». Il semblerait donc que ce cher Auvergnat, résolu à se battre sur les mots plutôt que d’endosser ses responsabilités, éprouve quelque difficulté à manier notre langue.

Nous avions déjà vu un Ministre de l’éducation nationale, Xavier Darcos, ancien professeur de français, incapable de poser une règle de trois. Nous voici dotés d’un ministre qui, faute de maitriser le français, doit éprouver de sérieuses difficultés de communication avec les fonctionnaires dont il a la charge. On s’accorde à penser que de trop nombreux élèves quittent notre système éducatif sans disposer d’un socle minimum de connaissances, parmi lesquelles celle du français et du calcul. Il nous faut malheureusement reconnaître que ces deux éminents ministres appartiennent à cette cohorte inculte, sans avoir les mêmes excuses que nombre de ses membres.

Je vais donc, gracieusement, me permettre d’éclairer la lanterne de notre pagailleux Brice. Dans la plupart des langues, on distingue des objets de types différents, parmi lesquels, des substantifs, ou bien, pour se mettre à la portée de l’individu sus-nommé, des noms, et des adjectifs. Le nom permet de repérer un objet, de le désigner. Ainsi, lorsque je dis le ciel, tout le monde comprend parfaitement ce que j’indique ainsi. Un nom possède ainsi une définition, l’ensemble des traits qui le caractérise. Si je veux qualifier ce nom, je dispose d’adjectifs qui me permettent de préciser la valeur de telle ou telle caractéristique de l’objet correspondant. Selon la couleur qu’emprunte le ciel à in instant donné, je dirai par exemple que le ciel est bleu, gris, ou rougeoyant. Si je veux préciser son apparence, je dirai par exemple qu’il est bas, lourd, couvert, menaçant ou radieux. Mais quel que soit le qualificatif employé, il demeure pour l’éternité, un ciel.

Corrigeons donc la laborieuse explication de notre ministre. Chacun sait ce qu’est une pagaille : c’est une situation de désordre bien établie, où plus personne ne dirige quoi que ce soit, qu’en terme plus familier on peut nommer un bordel ou, dans des cas extrêmes, un beau bordel. Maintenant, cette pagaille sera, selon les cas et l’humeur : incroyable, insensée, jamais vue, sans nom, j’en passe et des meilleures. Mais, quel que soit le qualificatif employé, on sera toujours en présence d’une pagaille, qu’on puisse la décrire ou non.

¨Pour mieux résumer ma pensée, je vous citerai un exemple précis : on peut être face à un ministre ignare. C’est pas parce qu’il s’avère qu’il n’est pas ignare qu’il cesse d’être ministre. Remarquons au passage que la proposition inverse est également vraie.


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