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A la chorale

Publié le 07 décembre 2010 par Pbmv
Les dindes,
A la chorale, j’aime tout, vraiment. L’ambiance orchestre, les quatre pupitres et quatre sous-pupitres, les répétiteurs, les kilos de partitions, les folles soirées dans un amphi, les concerts, vraiment, j’adore. J’adore tout. Sauf les sopranes.
(pour les besoins de cette étude, je me suis plongée dans l’univers que j’étudie. Une sorte d’observation participante. Sauf que je suis chez les sopranes 2, celles qui ont encore les pieds sur terre. Les sopranes 1, elles, couinent et planent complètement)
(pour supporter la pression de ce milieu, j’ai une amie avec qui je partage mes observations et qui me fait part de ses commentaires. En gros, c’est nous deux contre le reste des filles).
(ah oui, et après, j’arrête les parenthèses : bien sûr qu’on attaque sur le physique.)
Par définition, la soprane est niaise. Fais-lui répéter des cantiques de Noël, elle enverra des texto à ses copines (j’étais juste derrière, je peux témoigner, j’ai tout lu) : « on répète Minuit Chrétiens et il neige dehors, c’est merveilleux ». Mais qui dit encore spontanément : « c’est merveilleux », qui ?
De nature, la soprane est un peu conne. Elle a la mélodie la plus facile à apprendre, elle chante la portée du haut, mais elle se sent obligée de barioler ses partitions de stabilo orange. Est-ce que tu crois que Mozart stabilotait ses partitions quand il était petit ? Je ne crois pas.
À la longue, la soprane devient une fille facile. Il suffit que le chef fasse un semblant de début de blague, et la soprane a un rire orgasmique. Alors que franchement, le plus drôle c’est que le chef a la tête de Wallace et Gromit et qu’avec ses oreilles il capte la BBC. Moi, ce que je préfère, c’est quand il dit : « on va reprendre, c’était nul comme du Caprice des Dieux ». Et là, je suis évidemment la seule à rire du nez.
En plus d’être une fille facile, la soprane est une cougar. Et sa proie, c’est Sylvain. Sylvain n’a pas encore trente ans. Sylvain est ingénieur, donc mal habillé. Sylvain fait les fins de soldes : un pull violet foncé et des chaussettes gris chauve-souris qu’il accessoirise avec ses chaussures à grosses semelles. Dixit ma-copine-Camille-qui-est-aussi-LDP-que-moi, Sylvain a le charisme d’une limace. Pour charmer les sopranes, Sylvain prend des pauses lascives sur la banquette du piano, tellement lascives qu’il se coince le dos et passe la demi-heure suivante avec un tic de type sarkosien.
Enfin, la soprane est quand même une sacrée connasse. L’autre soir, je suis allée passer mon audition (une formalité, rassurez-vous) pour pouvoir rentrer dans le chœur, et je discutais avant avec une fille. Nous parlions de nos expériences de chant, elle me dit qu’elle a pris des cours, moi pas. Elle passe l’audition, reste trois minutes. Je passe après, reste dix minutes avec Chef. Nous parlons de musique baroque, du VIeme arrondissement, de technique vocale. A la sortie, elle me dit : « tu es restée hyper longtemps ». Moi : « oui, on a parlé de placement de voix, c’est vrai que je n’ai jamais pris de cours ». Elle : « donc tu vas chez les alto ? ». Moi : « Ben non connasse, je vais être chez les sopranes, comme toi ». C’est à ce moment que nous avons cessé toute collaboration.
La prochaine fois, nous parlerons des garçons de la chorale. La vérité, il y en a un paquet, mais je n’ai pas encore eu le temps de détailler. Comme on est placées derrière eux, à part des calvities naissantes, on ne voit pas grand-chose.

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