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La diplomatie au service de l'impérialisme: un secret de polichinelle.

Publié le 07 décembre 2010 par Npa_le_havre @NPA_Havre

Transparence?

Le monde de la diplomatie est en émoi ; les dirigeants politiques américains sont embarrassés ; les « grands » chefs d'Etat irrités. Des documents officiels, qui n'étaient pas destinés à le devenir, ont été rendus publics sur Internet par WikiLeaks, une organisation informelle créée en 2006 par un apôtre de la transparence intégrale, l'Australien Julian Assange. Ces documents secrets divulguent des télégrammes diplomatiques confidentiels des Etats-Unis.

Au-delà des polémiques qui opposent partisans et opposants à la diffusion de ce type d'informations, que nous apprennent ces documents ? Passons sur les notes concernant la personnalité de Nicolas Sarkozy ou d'Angela Merkel ! Ces télégrammes révèlent avant tout les dessous des relations internationales, les calculs mesquins et cyniques des Etats, tant politiques qu'économiques. D'où l'embarras des dirigeants de ce monde fâchés également de l'étalement d'informations qu'ils croyaient inviolables.

La diplomatie, ça sert aussi à faire la guerre

La guerre, il en est question dans les révélations de Wikileaks : la sale guerre - mais elles le sont toutes - en Irak où on arrête, on torture et on tue. On apprend que des exactions sont commises par la coalition internationale comme par les forces de l'ordre irakiennes. On s'en doutait ou on savait, en partie. Désormais ce sont ces documents secrets qui jettent une lumière crue sur les jours sombres de ce conflit...

Mais il est question aussi de guerre économique, celle que se livrent les grandes puissances pour vendre leurs armes. La France, avec son VRP Nicolas Sarkozy, a négocié la livraison au Brésil du premier sous-marin à propulsion nucléaire du continent sud-américain. Enjeux stratégiques, intérêts économiques et politique impérialiste des grandes puissances : voilà l'intérêt des révélations de Wikileaks. Un pan est levé sur la diplomatie secrète des Etats Unis.

C’est un peu de transparence dans un monde opaque et trouble. Une transparence toute relative qui semble pourtant scandaliser la France. Eric Besson, tout nouveau ministre de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique, souhaite mettre fin à l'hébergement de Wikileaks en France.

L'opacité : une spécialité au service de l'impérialisme français

En France, on essaie de garder au mieux les petits secrets, surtout ceux qui se rapportent à sa politique en Afrique. Le maître mot : peu d'informations et pas de fuites.

Et même si Nicolas Sarkozy n'a de cesse de proclamer que le temps de la « Françafrique » est terminée, il n'en est rien en réalité.

Ses déclarations sur les élections présidentielles en Côte d'ivoire, la présence des 966 soldats de l'opération Licorne sur le territoire Ivoirien montrent le contraire : ce qui se passe dans un pays du « pré carré » français intéressent au premier chef nos dirigeants politiques. Depuis les indépendances, des hommes « de confiance » sont installés au pouvoir et protégés par la métropole néocoloniale et son réseau d’influence. La France n’a jamais eu l’intention de renoncer à l’exploitation des ressources de ses anciennes colonies. Avec la complicité des multinationales comme Total, Areva, Bouygues, et d'hommes d'affaires comme Bolloré, ami du président français, elle a contribué à spolier les peuples, en Côte d'Ivoire comme ailleurs.

La France n'est pas étrangère à la situation d'extrême tension que connaît la Côte d'Ivoire. Aujourd'hui, elle ne choisit pas Alassane Ouattara contre Laurent Gbagbo : elle préserve les intérêts français. En toute discrétion...


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