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France : peut mieux faire (encore !)

Publié le 07 décembre 2010 par Sampieru
France : peut mieux faire (encore !)C’est officiel, malgré les statistiques les plus éloquentes, la France a échoué au test du PISA, le programme de suivi des systèmes scolaires de l’OCDE qui couronne cette année la Chine. Ce résultat confirme les inquiétudes formulées par les professionnels de l'éducation lors de la publication des chiffres du rapport sur l'état de l'école, il y a quelques jours.
Notre pays est encore à la traine, et notamment parce que son école ne parvient plus à jouer son rôle d’ascenseur social. Pas sûr que les mesures volontaristes concernant le numérique permettent de combler ce retard. Consolation ? La Finlande, l’autre pays de l’école, voit son classement baisser.
(lu sur leMonde.fr, article de Maryline Baumard)
La France a raté son PISA 2009. Ce Programme international pour le suivi des acquis des élèves montre un pays tout juste dans la moyenne OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Rendue publique mardi 7 décembre, l'évaluation du niveau des élèves de 15 ans laisse apparaître une France très largement devancée. Les États-Unis réussissent mieux que nous en lecture et en sciences. Quant à l'Allemagne, derrière nous il y a dix ans, elle s'est ressaisie et nous passe devant en lecture, en sciences et aussi en mathématiques.
Tous les trois ans depuis l'an 2000, l'OCDE compare ce que savent faire les jeunes de 15 ans dans leur langue maternelle, en mathématiques et en sciences. Elle ne mesure pas l'acquisition de programmes scolaires mais vérifie que les élèves savent se débrouiller avec les compétences nécessaires dans nos sociétés. L'édition 2010 est d'autant plus importante qu'elle montre l'évolution des systèmes sur dix ans. Le programme est réalisé tous les trois ans sur un échantillon représentant 26 millions de jeunes scolarisés dans 65 pays, qui représentent 90% de l'économie mondiale.
La France chute en mathématique
Pour la France, les résultats de PISA 2009 sont mauvais à plusieurs titres. D'abord parce que les résultats bruts sont juste à la moyenne des pays de l'OCDE, ensuite parce que la courbe depuis la première session, en 2000, est à la baisse, et aussi parce qu'ils montrent un système de plus en plus injuste. Alors que la moyenne des pays de l'OCDE tourne autour de 500 points, la France obtient 496 en compréhension de l'écrit, 497 en mathématiques et 498 en sciences. En compréhension de la lecture, les élèves français chutent de 9 points et de 6 places, passant de la 12e à la 18e places en dix ans.
Si l'on arrête là notre regard, la performance n'est pas brillante. En revanche, en comparant 2009 à 2003 ou à 2006, les résultats restent stables. En mathématiques, toutefois, impossible de masquer la chute. La France descend de la 13e à la 16e place, et surtout perd 14 points depuis 2003. C'est beaucoup. Surtout quand l'Allemagne en gagne 10 en six ans, l'Italie 17 et le Portugal 21. En sciences, en revanche, la France campe toujours à la 21e place avec un score stable de 498 points.
L'école ne joue plus son rôle d'ascenseur social
Ces résultats masquent un autre indicateur inquiétant : notre école ne corrige que très mal les injustices de naissance. "En France l'impact du milieu socio-économique sur la performance est plus grand que dans la moyenne des pays de l'OCDE. Les diverses caractéristiques du milieu familial expliquent 28 % de la note", rappelle Eric Charbonnier, le responsable de PISA France. Un pourcentage en hausse, qui montre que l'école ne joue plus son rôle d'ascenseur social.
Autre révélation de PISA 2009, ils sont de plus en plus nombreux à rester au pied de l'ascenseur. "Le groupe des moins bons élèves en maîtrise de la langue augmente de 5 %. Ce sont souvent des garçons et leur niveau scolaire à 15 ans – qui est significatif de la suite de leur parcours – n'est pas ce qu'on peut attendre dans une société de la connaissance", souligne M. Charbonnier.
Aujourd'hui, ce sont 22,5 % des jeunes Français – soit 2 % de plus que dans la moyenne des pays de l'OCDE – qui peinent à extraire des informations d'un texte, à comprendre les liens entre les personnages, voire à dégager l'idée force d'un écrit. En mathématiques, c'est la même chose.
La proportion des élèves les moins performants a aussi augmenté de façon significative entre 2003 et 2009, passant de 16,6 % à 22,5 %. Ce qui signifie que ces élèves ne savent s'y prendre avec un problème que si celui-ci ne nécessite pas d'étape intermédiaire pour sa résolution. Ils sont capable d'appliquer une formule, pas d'échafauder une stratégie qui conduirait à la résolution d'un problème.
Des améliorations significatives dans certains pays
Toutes ces compétences sont mesurées chez des jeunes de 15 ans. Qu'ils soient encore au collège, au lycée général ou professionnel, on est bien loin de la maîtrise du socle commun par tous les élèves, au programme depuis la loi d'orientation de 2005. Dans sa stratégie de minimiser les dégâts, le ministère répond qu'on connaissait déjà ce bilan grâce aux études franco-françaises. Il omet toutefois une différence : PISA met en évidence qu'avec parfois moins d'argent, d'autres réussissent mieux que nous. Et justement, autour de nous s'esquissent quelques jolies montées.
L'Italie a connu des améliorations ; l'Allemagne, le Portugal et la Hongrie aussi. L'Allemagne, qui avait vécu son classement en 2000 comme une véritable atteinte à sa grandeur, a rattrapé son retard en injectant des moyens, certes, mais surtout en apportant de l'aide aux élèves en difficulté, en augmentant la durée de la journée. Quant au Portugal, il a travaillé depuis 2000 sur les disparités sociales, a revu la formation de ses enseignants, son système d'évaluation et a supprimé les redoublements.

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