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des dons, des brevets, des chercheurs et des profits : de la compassion au cynisme !

Publié le 07 décembre 2010 par Despasperdus

Ce week-end, médias et pouvoir politique n'ont pas lésiné sur les moyens pour le téléthon. Plus de 80 millions d'euros de dons devraient être récoltés. Au-delà des sommes et des chiffres, une fois encore, c'est le sentiment de vivre une grosse arnaque ou manipulation qui l'a emporté !

Comment se fait-il qu'un pays comme la France ne finance pas par l'impôt un certain nombre d'activités pourtant vitales ? Pourquoi la recherche contre la myopathie n'est-elle pas financée par l'État ? Comme le signale un célèbre blogueur, Sidaction, téléthon, restos du cœur :

« marquent la fin de la solidarité nationale par un appel massif au don.»

En l'espèce, l'appel au don est la conséquence du désengagement de l'État dans des domaines importants comme la recherche et la santé. Autrement dit, le charity business est une des armes du néo-libéralisme...

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Les néo-libéraux militent pour que l'initiative privée se substitue à la solidarité nationale. Aux États-Unis où le néo-libéralisme règne, les inégalités sociales et l'absence de l'action publique sont légitimées au nom du principe que les plus riches peuvent financer, en ne payant presque pas d'impôt, des activités philanthropiques, des œuvres caritatives, ou des fondations sociales.

La charité des dames patronnesses remplace la solidarité nationale : charité bien ordonnée commence par soi-même... Les citoyens choisissent leurs pauvres et leurs lépreux, ainsi que le montant de leurs dons ! [1]

Dans ce système, nous avons les donateurs, les malades, les chercheurs, les laboratoires privés et les brevets, comme l'écrit Christian Jacquiau, ainsi qu'un grand perdant : l'Etat, c'est-à-dire le peuple français ! [2].

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Cet économiste démontre que le charity business est carrément cynique puisque les dons des uns permettront de réaliser les profits et la fortune des autres, via les brevets et les laboratoires :

«une formidable illustration du fameux théorème libéral : mutualisation des dépenses/privatisation des profits.»

Jacquiau enfonce le clou :

«Étrange modèle que celui qui consiste à faire appel à la générosité publique pour financer les travaux de chercheurs privés - au seul bénéfice d'une cause, certes noble mais strictement ciblée. Chercheurs qui s'empresseront, dès que leurs travaux auront abouti, de déposer des brevets qui assureront non seulement leurs fortunes personnelles mais qui permettront aussi à des laboratoires - privés eux aussi - de s'enrichir sur la commercialisation de nouveaux médicaments qu'ils vendront alors au prix fort à ce qu'il restera d'une Sécurité Sociale exsangue, n'assumant déjà plus son rôle de protection mutualisée des plus faibles.»

L'Etat est le grand perdant :

«Comble d'ironie, et l'altruisme médiatisé ayant ses limites, les généreux donateurs du Téléthon bénéficient d'une réduction d'impôts de 66 % du montant des don (...) Mais ce qu'économise le donateur, c'est l'État qui le paiera

Et de conclure que le charity business casse le modèle social issu du Conseil national de la Résistance...

Le tout dans un déluge de sons et lumières : sous vos applaudissements !

Notes

[1] certaines lignes sont issues d'un vieil article du bloug...

[2] Marianne - Téléthon: les dons d'aujourd'hui font les profits de demain


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