Magazine Bien-être

Un regard sur la vraie nature de l’homme !

Publié le 10 décembre 2010 par Do22 @DominiqueJeann

Dernièrement, un monsieur m'a écrit pour me dire qu'il trouve que les articles que je publie sont plus orientés vers les femmes. Voici donc un cadeau pour vous, messieurs, et ce n'est qu'un début... Inutile de dire que ces articles s'adressent aussi aux dames !

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Les hommes occidentaux sont définitivement en crise. Les jeunes hommes et les garçons plus particulièrement. Ils ne savent plus ce que cela veut dire... d’être un homme, ne sont plus certains de vouloir conserver le rôle traditionnellement convenu de l’homme. Tout cela étant renforcé par le sentiment de vouloir s’éloigner du modèle du père ! Les plus âgés ne sont pas en reste.
Ils sont à la recherche de leur vraie nature sauvage. Cette dimension sauvage totalement brimée par la société, en route à toute vitesse pour aller on ne sait où et avec on ne sait qui. Une sorte de castration sociale généralisée !
Une fissure dans la muraille ... Et cela ne fait que commencer ! La crise est évidente, les hommes perdent leur place sur le marché du travail et certains ne souhaitent même plus travailler. Les jeunes hommes échouent dans leur scolarité dans des proportions extrêmes et alarmantes.

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Le grand responsable : le code de masculinité, ce code social, invisible, mais au combien pernicieux. Etre un vrai homme, peu importe comment c’est nommé, signifie : être capable de gagner sa vie tout seul, ne pas trébucher, être un protecteur, être un pourvoyeur et ne jamais démontrer que l’on souffre ou oser dire que l’on a besoin d’aide. Ce n’est pas surprenant qu’il y ait autant de dépressions. C’est une recette pour la dépression et surtout pour la nourrir. Un peu comme, quand on est au plus mal, on ne peut plus en parler à personne. Comme s'il était inconcevable ou presque de se montrer vulnérable et faible. Que se soit au travail, dans sa vie privée ou sociale !
Les jeunes hommes sont plus que jamais dépressifs. Ils ont un comportement suicidaire cinq fois plus élevé que les jeunes femmes. Chez les hommes adultes, la proportion va de cinq à sept fois. Observons que la première cause de mortalité chez les hommes entre 18 et 45 ans est le suicide !
Ce qui surprend le plus, est la difficulté des hommes à mettre des mots sur ce qu’ils ressentent, sur leurs émotions. Cette difficulté n’est pas de nature biologique. A la naissance, les garçons expriment davantage leurs émotions. Ils ont plus d’empathie et d’attachement à leur mère que les bébés filles. C’est seulement à partir de l’âge de dix ans que l'inversion s’opère. Ils connaissent, alors, 50 % moins de mots exprimant les émotions sauf en ce qui concerne le sentiment de la colère. C’est le résultat de cette pression sociale et plus particulièrement de ce fameux code de la masculinité.
Lorsque je suis questionné à savoir si l’atelier que j’anime «Sexualité au Masculin» est réservé à un public homosexuel ou/et hétérosexuel. A chaque fois, je souris ... et me plais à répondre qu’il s’adresse bien à ces deux publics mais aussi aux bi-sexuels, aux moines ou aux ermites ! Il s’adresse, avant tout, à l’homme, quelles que soient ses orientations sexuelles. Car, avant d’avoir porté un choix conscient ou inconscient sur son orientation sexuelle, il y avait tout simplement un homme dans sa totalité ! Bien avant la blessure ...
A voir le désœuvrement et la perte de repères de nombreux hommes au regard de trop ou pas assez de sexualité, un constat sans équivoque : encore trop d’hypocrisie ! Il y a un lourd bagage de frustration chez les hommes. Bien souvent la sexualité dans notre société est axée sur la performance et non sur l'amour. Elle sert à évacuer la colère, la frustration, l'angoisse, l'anxiété. Elle est devenue un jeu de pouvoir entre les sexes. Performance au travail, performance au lit, le plaisir a été évacué. La panne de désir est apparue, avec pour exutoire, les poupées gonflables, les vibrateurs, les clubs d'échangisme, les clubs sado-masochistes sans vouloir être exhaustif ...
Le pays des hommes constitue encore trop un lieu de guerres, de combats, de tranchées et de blessures. Même si, en chaque homme, il y un sauvage qui sommeille, un loup affamé qui veut hurler à la lune et s'aventurer en pleine forêt, dans sa vraie nature, la rencontre entre hommes peut s’opérer dans un espace totalement différent et le vécu montre que c’est possible ! Le mythe de l’homme fort est toujours là. Mais lorsque s’agit d’abus sexuel des hommes ou de rencontre des hommes, entre eux, dans un espace privilégié sans connotation sexuelle, nous nageons encore en plein tabou !
Les hommes abusés sont très nombreux. En parler est tabou, hors du code de la masculinité. Un peu comme la violence physique et psychologique dont ils sont victimes ... Mais le dire et, de plus, à d’autres hommes, le partager entre gars est une toute autre affaire ! A-t-on vu Rambo ou Arnold Schwarzenegger se faire abuser et pleurer à l’écran ? Pourtant partager avec d’autres hommes est le seul espace de guérison !
Je rencontre, dans les groupes d’hommes, des hommes qui me disent avoir construit un barrage depuis de nombreuses années autour de leur vulnérabilité et de leurs peurs. Néanmoins la fissure est évidente et c’est sur cette fissure qu’il faut opérer. Les moments de rencontres entre hommes dans leur nature profonde sont beaux, bons, bienveillants et généralement les plus marquants qu'ils leur aient été donnés de vivre. Ces lieux sont rares, malheureusement, mais ils existent !
En réaction et par protection, ils sont se sont dirigés vers les femmes, se sont servies d'elles comme paravents pour se protéger des autres hommes qu’ils désiraient rejoindre, de qui ils voulaient être consolés, rassurés et aimés. Ils découvrent, avec le recul, avoir perdu de longues années de leur vie à protéger leur souffrance et à ainsi construire leur propre prison. 
Mais la découverte est fulgurante une fois la porte du partage ouverte. La vie démontre que l’homme qui ose s'avancer vers les autres hommes, dans un espace protégé, découvre des bras en train de s'ouvrir devant lui. Oser rejoindre un groupe d'hommes demande infiniment de courage. Des flots de larmes sont souvent relâchés, mais cela permet de se laisser emporter par la rivière ! Et la rivière va toujours à l’océan ...
Souvent ces hommes témoignent qu’ils n’auraient jamais cru que cela fût possible en quelques heures à peine, qu’ils puissent être capable de plonger dans le regard d'un homme, de se mettre ainsi à nu, à la fois réellement et métaphoriquement, de s'immerger dans un flot des larmes, dans les émotions, le toucher et entrer ainsi dans l’intimité sans prendre la fuite, sans s'échapper. Pas besoin de mots pour rencontrer. Qu'une telle chose ait été rendue possible, en peu de temps, leur paraît miraculeux. Et pourtant !
La plupart des hommes ont peur de la rencontre avec les femmes, de les allumer, plein feux ! Ils ne comprennent pas la vraie nature du cadeau ... qui demande, pour le recevoir, de disparaître. Rares sont les sherpas qui peuvent aider à atteindre le sommet en se réjouissant de la relaxation sur les plateaux. La plupart des hommes tombent dans la première crevasse, au début de l'ascension... ou se sauvent quand l'intensité se libère .. peur viscérale, bien réelle, de la mort... peur d'être dévoré, englouti... peur de la castration, peur de ne pas être à la hauteur...  
Il n’existe aucune initiation à la vie d’homme dans notre monde occidental. Il n’existe aucun rite de passage, au combien nécessaire pour marquer les étapes clefs du chemin de l’homme. Aucune initiation à la vraie sexualité masculine. Tous ont appris, découvert par le jeu «essais - erreurs» avec beaucoup d’erreurs, sans parler des blessures originelles et accumulées qui faussent d’emblée chaque début de partie !
En s'ouvrant au féminin en lui, en faisant la paix avec le féminin, l'homme aussi s'ouvre à son instinct, son senti : la force du guerrier, appuyée sur la sensibilité devient pacifique : il recherche l'équilibre, l'harmonie, il ne part pas en guerre inutilement, porté par sa colère aveugle. Valeurs de flexibilité et tolérance s'installent, la clarté s'installe. Son action devient consciente et juste. Le lâcher prise est la porte d'entrée, la force d'amour ressentie va générer l'état de confiance nécessaire à l'ouverture de la porte !
Se permettre de découvrir l’amour dans la rencontre à l’homme ou à la femme. Aimer consiste à apprendre à créer de la beauté à tous moments, en toutes situations. Vivre l’amour, sans compter, sans rien attendre pour enfin goûter l’essentiel de sa vie !
Un chemin pour cela : réconcilier sexe, cœur et spiritualité en une seule dimension. Il va s’agir de restaurer et d’assumer son potentiel orgasmique en abandonnant une fois pour toute l’idée de vitesse, de performance. C’est à cette condition, et seulement à cette condition, que votre corps peut devenir ou redevenir le «Temple» et votre sexe sa «Porte Sacrée» !  Pour cela, accepter de prendre le temps de la transformation par l’éveil de des sens, la relaxation et le lâcher-prise. Il va s’agir de se réconcilier avec le corps, dans le présent, pour réparer les blessures du passé. Réparer les blessures du passé, c’est ne pas s’y attarder. Il n’y a pas d’autre esclavage dans la vie que celui du passé. Car celui qui est libre du passé est libre. Parce que seul le passé est cause du futur. Le passé insatisfait cherche toujours sa satisfaction dans le futur !
L'homme a besoin d'initiation à la vraie nature du masculin, fait de force et de sensibilité. L'homme a besoin de retrouver la fierté de sa nature «sauvage» et la liberté de ses érections portées par l'élan de vie. L'homme a besoin de l'homme pour nourrir, reconnaître le masculin, pour guérir et se dégager de l'emprise du féminin, de sa blessure. L'homme a besoin d'être maître de lui-même pour se donner naissance ... avant de pouvoir rencontrer la femme ou l’homme dans l'intimité, il a besoin de trouver le chemin de la liberté qui le ramène à lui-même, en paix avec l'énergie solaire du père. Etre un homme, sortir une fois pour toute de l’aveuglement pour retrouver enfin sa légèreté !
Doha Khan


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