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L'égalité: du fronton des mairies à la vie quotidienne des Français

Publié le 11 décembre 2010 par Letombe

l-egalite-du-fronton-des-mairies-a-la-vie-quotidienne-des-f.jpg 19 députés socialistes publient cette tribune pour expliquer leur conception de l'égalité, et la difficulté de la faire exister face à la politique de la droite.

Même si le feuilleton médiatique ne s'en fait pas toujours l'écho, le Parti socialiste est au travail. Face aux projets de loi de régression économique, sociale, territoriale, du Gouvernement et de la majorité UMP, ses parlementaires s'opposent et proposent.

Au quotidien, nos élus locaux apportent des solutions et du réconfort à nos concitoyens qui souffrent du chômage, de la précarité, de la solitude. Au cours de l'année qui s'achève, quatre conventions nationales se sont déroulées pour bâtir le projet alternatif dont la France et l'Europe ont besoin.

C’est bien d'un changement de modèle qu'il est question ! Depuis presque dix ans, la droite applique son idéologie qui repose sur la compétition effrénée entre les individus, creusant les inégalités entre une Olympe de super-fortunés/hyper-inclus et tous les autres. Ce que la droite appelle liberté n’est en fait que la remise en cause systématique des droits fondamentaux : droit à l’éducation pour tous, droit à la santé, droit au logement. Tous les outils d’intervention de la puissance publique sont démantelés au motif qu'il faut lutter contre les déficits... creusés par les cadeaux fiscaux décidées par l'UMP pour ses clientèles. Le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite n’est pas un choix budgétaire, c’est aussi la volonté de restreindre au maximum les protections collectives. Pour la droite, la recherche d’égalité et l’exigence de solidarité, sans lesquelles il ne peut y avoir de cohésion sociale, constituent des obstacles insupportables à l’expression d’une liberté individuelle qu’elle confond avec l’égoïsme. Il appartient à la gauche de montrer un autre cap. C’est l’objet du texte discuté et adopté par les socialistes sur l’égalité réelle. Pourquoi adjoindre un qualificatif au terme d'égalité qui s'est longtemps suffit à lui même? Principalement parce que comme le récent mouvement social l'a montré, par son ampleur et sa durée, il est temps de sortir des proclamations incantatoires sur l'égalité pour formuler des propositions précises. Que signifie l’égalité devant la réussite scolaire quand l’échec à l’école s’impose comme une fatalité pour ceux qui n’ont pas la chance de démarrer leur vie dans un milieu favorisé? Et de quelle liberté disposent réellement les 150 000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans diplôme et sans qualification et qui restent enfermés dans leurs conditions de précarité. Nous avons voulu ouvrir l’école à tous les enfants par la massification de l’enseignement secondaire: quelle belle avancée! Mais cette réussite devient d’autant plus insupportable quand elle se transforme en illusion perdue pour des familles qui ont investi tant d’espoirs dans une institution, qui au bout du compte, les exclut et qui, souvent pour se dédouaner, leur fait porter la responsabilité de l’échec. On ne peut pas continuer à proclamer que l’éducation doit être au cœur du projet des socialistes sans donner du sens aux mesures concrètes proposées. Accompagner chaque jeune dans son parcours de réussite, en partant de ses talents et en prenant en compte ses faiblesses, c'est ce qui fonde l’ambition des socialistes de transformer une proclamation en réalité vécue. Il en va de même pour la santé. L'affaiblissement de l’hôpital public devenu entreprise et la désertification médicale qui frappe de plus en plus de territoires au nom d’une médecine soit disant libérale, privent nos concitoyens de la plus élémentaire des libertés : celle de bénéficier à égalité de l’allongement de l’espérance de vie permis par les progrès médicaux, fruits de l’effort collectif. Députés, nous sommes les représentants de la Nation. Durant notre mandat, nous voulons incarner la République de tous les territoires qui subissent eux aussi, comme les citoyens français, le creusement des inégalités que seule une péréquation solidaire pourra combler. Nous nous reconnaissons dans ce texte de convention parce qu'il scelle l’alliance entre l'égalité et la liberté pour chacun de se réaliser lui même. Là où la droite oppose Liberté et Égalité, les socialistes unissent enfin les fondamentaux de la devise républicaine. Ils veulent retrouver les principes repères: chacun selon ses besoins, chacun contribue selon ses moyens. Nous avons quelques mois pour partager cette nouvelle alliance avec les Français. Montrons leur d’abord le cap, pour qu’avec eux, nous dégagions le rythme et les moyens pour l’atteindre. Nous connaissons les contraintes qui résultent de l'irresponsabilité financière de dix ans de pouvoir de droite. La crédibilité de la gauche réside dans sa volonté de porter un projet à la fois ambitieux et réaliste. Elle résultera également de notre capacité à prendre appui sur le mouvement social. Tout ne se fera pas par la loi ni en quelques jours. A l'écoute de la société, avec le soutien des forces qui l'animent, dans la durée, nous pourrons conduire une véritable politique de transformation sociale, vers l'égalité réelle. Les Français ne doutent pas de notre capacité à gouverner. Ils l’ont montré lors des dernières élections régionales en reconduisant massivement les équipes de gauche à la tête des régions. Ils se souviennent de la période 1997-2002 et des avancées sociales conduites par les gouvernements de Lionel JOSPIN. Les Français attendent de la gauche et des socialistes qu’ils leur redonnent envie de croire en une République solidaire où chacun trouve sa place. C'est le sens de l’engagement socialiste que nous voulons leur faire partager.   Gisèle BIEMOURET: Député du Gers Serge BLISKO: Député de Paris Patrick BLOCHE: Député de Paris Alain CLAEYS: Député de la Vienne Pierre COHEN: Député de Haute-Garonne Laurence DUMONT: Députée du Calvados Yves DURAND: Député du Nord Christian ECKERT: Député de Meurthe-et- Moselle Martine FAURE: Députée de la Gironde Valérie FOURNEYRON: Députée de Seine Maritime Jean GAUBERT: Député des Côtes d'Armor Catherine GENISSON: Députée du Pas-de-Calais Françoise IMBERT: Députée de Haute-Garonne Catherine LEMORTON: Députée de Haute-Garonne Jean MALLOT: Député de l'Allier Pierre- Alain MUET: Député du Rhône François PUPPONI: Député du Val d'Oise Michel VERGNIER: Député de la Creuse Alain VIDALIES: Député des Landes

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