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Le CLAC de Creil

Publié le 13 décembre 2010 par Jplegrand

Un débat sur le mouvement social et la lutte des Conti

Le comité local d'agitation de l'agglomération creilloise dont je suis membre organisait samedi une rencontre - débat sur le thème "Après les grèves, les manifs, la contre-offensive sociale s'organise". Une cinquantaine de personnes se sont retrouvées à la Faïencerie pour voir le film de Philippe Clatot sur la lutte des travailleurs de Continental.
A l'issue a eu lieu un débat. Les travailleurs de cette entreprise ont mené une lutte importante et ont réussi à percer le mur du silence des médias pour montrer que leur combat était aussi une lutte pour la dignité. Plusieurs intervenants ont souligné l'aspect humain, le rôle fondamental de la solidarité dans ce combat qui est allée bien au-delà de l'usine. Je suis intervenu sur l'idée que face à la destruction capitaliste de nos industries, si les réactions comme celles des Conti ont été fortes et unitaires elles ne sont pas allés jusqu'à poser la question de la propriété des moyens de production et se sont souvent essentiellement fondées sur la lutte pour une prime. Un participant a fait remarquer  que les "Conti" ont lutté à partir de leur propre expérience et qu'il fallait tenir compte de leur histoire, qu'il faudrait par ailleurs un mouvement d'ampleur nationale pour parvenir à une remise en cause du capitalisme. Car au-delà de l'aspect fort d'un grand mouvement de solidarité on ne peut que constater que l'usine de Clairoix a arrêté sa production, que ses travailleurs ont été licenciés et que les capitalistes même si ils ont été contraints de payer ont atteint leur objectif. Cependant les luttes permettent toujours de faire grandir la  conscience de classe, chaque lutte est une expérience singulière qui fait grandir l'humanité, les valeurs de solidarité, de coopération et rien n'est plus jamais comme avant. Après les grandes grèves et manifestations de ces dernières semaines, le mouvement n'est pas mort, il n'attend qu'une nouvelle occasion pour se développer encore plus intense et plus général. Il s'agit  de s'interroger sur comment aujourd'hui combattre le capitalisme pour que même si on parvient à le faire  reculer il ne puisse  rester maître de la société, par exemple pourquoi ne pas débattre de la préparation d'occupations  par les salariés de leurs entreprises menacées avec le soutien des populations ? Car il s'agit  de se donner comme objectif d'en finir avec le capitalisme qui nous conduit vers l'anéantissement social et économique et de construire de nouveaux rapports de production basés sur la coopération et la maîtrise par les travailleurs dans les grands secteurs de l'industrie, d'entreprises socialisées et auto-gérées. Or ce débat est souvent repoussé ou présenté comme utopique par la plupart des directions des partis ou des directions syndicales qui repoussent toujours l'édification d'une nouvelle société vers un futur éloigné alors que c'est la question essentielle et actuelle . Il semblerait que penser de façon différente de ces directions ne soit pas admis puisque les réactions à mes propos ont été assez vives, que des militants de ces organisations se sont  permis de me couper la parole à plusieurs reprises. Cela me conforte dans l'idée qu'il y a bien nécessité de sortir du ronron "politiquement correct" d'une gauche bien pensante qui ressert les mêmes plats depuis plus de 40 ans avec des alliances d'états-majors et de mise en avant du vedettariat politique, alors que la crise capitaliste demande de rompre avec tous les anciens schémas et d'organiser une riposte massive en faisant appel à l'imagination et à la pratique de millions de citoyens qui sont prêts en mettre en commun leurs énergies et leurs intelligences pour changer cette société.

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