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Faut-il repeindre son toit en blanc?

Publié le 15 décembre 2010 par Bonard

Ils vous parlent volontiers du T-shirt blanc et du T-shirt noir: en plein soleil, c’est forcément vêtu de sombre que vous aurez le plus chaud.

C’est suivant ce constat  que certain on eu une idée toute simple: repeindre le toit des maisons en blanc pour lutter contre le réchauffement de la planète.

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Quand les rayons du soleil touchent un objet, ils sont soit réfléchis, c’est-à-dire qu’ils sont renvoyés vers un autre objet, soit ils sont absorbés par la surface de l’objet, soit ils passent à travers. La somme de ces trois possibilités donne une mesure égale à 100%.

Un objet noir absorbe toute la lumière visible (rayonnement dans le visible) qu’il reçoit, il est donc de couleur noire. Un objet blanc se comportera de façon opposée : il n’absorbera pas la lumière, mais il la réfléchira toute. Ainsi, la couleur d’un corps va affecter sa température intérieure, sa capacité de se réchauffer et de réchauffer l’environnement dans lequel il se trouve. Autrement dit, deux surfaces de couleurs différentes n’absorberont pas, et donc ne réfléchiront pas, les radiations solaires avec la même intensité.

Le principe n’a rien de compliqué: contrairement au noir, qui absorbe le rayonnement solaire, le blanc le réfléchit. Généraliser les teintes claires au détriment des sombres permettrait de rafraîchir les centres urbains où s’observent des phénomènes d’«îlots de chaleur», soit une température supérieure de plusieurs degrés par rapport à la périphérie, du fait de l’activité humaine et du manque de végétation.

Par ailleurs, repeindre les toits en blanc aurait l’avantage de réduire la chaleur à l’intérieur des habitations et donc de restreindre l’utilisation de la climatisation. A Los Angeles, par exemple, lorsque la ville se transforme en étuve, la demande en électricité augmente de près de 2% pour chaque degré supplémentaire.

Faut-il repeindre son toit en blanc?

L’idée fait son chemin. A New York, le maire Michael Bloomberg vient d’inaugurer le millionième «square foot» – près de 93’000 mètres carrés – de toitures repeintes en blanc. La Californie et la Floride soutiennent financièrement ce genre d’initiatives. A Montréal, dans l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, un règlement oblige désormais les propriétaires à choisir un toit blanc.

Chercheur au Lawrence National Laboratory de Berkeley et leader du «Heat Island Group», Hashem Akbari, qui travaille sur la question de la couleur des toits, estime qu’il serait possible, grâce au blanc, d’économiser 750 millions de dollars sur l’ensemble des Etats-Unis.

Pays méditerranéens convertis depuis longtemps
Les régions du pourtour de la Méditerranée utilisent cette méthode depuis longtemps. Akbari, lui, est persuadé que repeindre globalement les toits en blanc un peu partout dans les centres urbains permettrait de freiner la hausse des températures et même de lutter contre le réchauffement climatique de la planète tout entière. Il faut dire que la moitié de la population du globe vit déjà en ville. Une proportion qui devrait grimper à 70% en 2040.

En l’état actuel, Hashem Akbari affirme qu’un rafraîchissement induit par une généralisation des toitures blanches pourrait permettre de neutraliser l’effet de réchauffement lié à plus d’un an d’émissions humaines de CO2, soit 44 milliards de tonnes. Mais pour optimiser ce résultat, rappelle le LBNL, il faudrait également revoir la couleur de l’asphalte. Les toits ne couvrent en effet que 20% de la surface dans les centres urbains.

Particulièrement efficace dans un climat chaud, le blanc n’est pas sans intérêt ailleurs, affirme Akbari. Selon lui, les économies d’énergie réalisée en été surpasseraient largement les coûts additionnels de chauffage en hiver.

Reste un problème: le blanc est particulièrement salissant. Maintenir une réflexivité maximale nécessiterait un entretien hors de prix. Mais des recherches visent déjà à élaborer de nouvelles peintures… autonettoyantes!


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