La mode masculine est un secteur assez conservateur, des créateurs ne manquent pas d’audace pour sortir les silhouettes des sentiers battus, mais les consommateurs ne sont pas forcément très hardis pour endosser des panoplies non conformistes.
Reste que depuis une dizaine d’années, la décontraction portée par la vague lifestyle a dézingué la raideur conventionnelle du costume et les podiums ont été piétinés par des ados asexués au corps de décapode gracile qui traînaient leur spleen languide à la Bovary.
Trop c’est trop ! Les hommes ne se reconnaissent plus dans ces gringalets glabres à la mode, le poil reprend le dessus, le muscle se bande, la crise est passée par là inspirant un retour aux valeurs traditionnelles, à une morale sociale et conservatrice des moins réjouissantes, mais que voulez-vous quand le monde ne tourne pas rond la badine du pouvoir cingle !



L’image « déjà vue » d’une mâlitude appuyée —mais pas machiste qu’on se le dise— s’habille pourtant de matières et de vêtements assouplis, la cravate pourquoi mais pas par convention, la veste oui, à condition de la porter sur un sweat à capuche en maille de lin et un t-shirt en soie et cachemire, avec un jean qui ne perd pas ses fesses pour montrer la culotte, et aux pieds, des batardes, des chaussures de ville croisées avec des baskets ou des escarpins aux allures de godillots grimpe-montagne, histoire d’aller au sommet pour y respirer l’air vivifiant du renouveau.

Photos : D.R.
