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Service militaire et éducation nationale.

Publié le 21 décembre 2010 par Philippemeoule

Je le disais dans un récent billet, je suis à la bourre pour des chaînes sur lesquelles des collègues ont eu la gentillesse de me taguer. Par exemple, celle-ci, lancée par Romain :" Rétablir le service militaire ou pas ?"

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J'ai fait mon service en 77-78. J'avais demandé la région parisienne, je me suis retrouvé à Karlshrue (Allemagne). Je suis repassé sur les lieux il y a un an. L'émotion qui m'a envahi m'étonne encore.

Les plus cons ne sont pas toujours ceux que l'on croit !

Qu'ai-je appris durant cette période ? Vivre en collectivité : je le savais déjà. Respecter la hiérarchie : je l'avais déjà compris grâce à mes parents et à mes professeurs. Apprendre à lire, écrire, compter... et même un peu plus : c'était déjà bien avancé. Apprendre un métier : ceux qui étaient proposés n'étaient pas mon choix. En revanche, j'ai passé mon permis poids lourd mais j'ai zappé le permis moto ! Dommage !

J'y ai aussi rencontré pratiquement toutes les couches sociales et ai beaucoup appris. Je dis pratiquement puisque les énarques, les X et autres ressortissants des grandes écoles sont généralement officiers (lieutenants), après avoir fait les "EOR" (Elèves officiers de réserve). Ils sont "naturellement" nos chefs, et comme dans le civil, nous prennent "naturellement" pour des abrutis, des ignares, c'est au choix !

J'ai eu, humainement, beaucoup plus de contacts "instructifs" avec des sous-officiers (adjudant, adjudant-chef) de carrière. A l'époque, ceux-là pouvaient avoir servi durant la seconde guerre mondiale, et avaient "fait l'Indo" et l'Algérie. Souvent réactionnaires, toujours Gaullistes, parfois "Algérie Française (!), je me dois de dire qu'ils étaient, pour la plupart, beaucoup plus intéressants que les jeunes cons sortis des grandes écoles ! Ils parlaient tout simplement avec leurs tripes qu'ils avaient parfois vu à l'air... Ils étaient allés "au feu".

Les droits et les devoirs.

Pour faire court, le service militaire était issu de la conscription développée par la révolution française. Evoluant depuis jusqu'au souvenir des 2 guerres mondiales (en Allemagne de l'Ouest, il y avait encore en 1978, les Canadiens, les Américains, les Belges, les Anglais, les Français...), il est à replacer également dans l'ambiance de guerre froide : le mur de Berlin tombera plus de 10 ans après, en 1989.

En 1995, lorsque Chirac a décidé d'abandonner cette obligation faite aux jeunes hommes, il y avait plusieurs raisons : la réforme déjà en marche des armées avec des techniques nécessitant de vrais professionnels, le coût de la conscription, le réchauffement politique Est-Ouest, la dissuasion nucléaire...

On peut être antimilitariste et se réjouir d'une telle décision, mais on doit se poser la question suivante : est-ce que la JAPD (Journée d'appel et de préparation à la Défense), remplace les aspects sociaux et humains que pouvait remplir le service national (santé, scolaire, professionnel, humain...) ? On me rétorquera qu'il n'y a pas besoin d'un an pour cela ! Certes, mais convenons qu'une journée est un peu juste... s'inscrivant dans une désaffection rampante de ce qui créé autant l'unité au sein d'une famille que d'un peuple : les droits et les devoirs.

C'est là, finalement, que je suis heureux d'avoir tardé à répondre car je n'aurais pas pu mettre cet article lu dans Rue 89 en copie : l'éducation nationale et la défense travaillent ensemble depuis 30 ans. Personnellement, j'ai appris dans cet article des choses étonnantes, pour ne pas dire inquiétantes...


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