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La nostalgie reste ce qu'elle était

Publié le 29 décembre 2010 par Toulouseweb
La nostalgie reste ce qu’elle étaitDeux nouveaux livres pour évoquer le passé et ręver.
C’est déjŕ le moment tant redouté des cadeaux de derničre heure. Une mission délicate, facilitée par la sortie de presse de deux bons livres qui, ŕ leur maničre, témoignent d’une louable originalité.
Le premier, Ť Airbus, passion et savoir-faire, aux Editions Privat, est dű ŕ Yves Marc. C’est-ŕ-dire ŕ une plume reconnue. Reste le fait qu’ŕ premičre vue, on est en droit de se demander ce qui peut encore ętre dit sur l’avionneur européen, décrit, expliqué, analysé dans tous les sens, cela notamment depuis l’apparition de l’A380. Qu’on se détrompe dans la mesure oů, cette fois-ci, il s’agit aussi d’évoquer Airbus avant Airbus, grâce ŕ des archives qui attendaient patiemment leur heure.
Le résultat : une évocation photographique généreuse de Saint-Martin-du-Touch, tel qu’on connaît ce site industriel historique, mis en face de photographies prises au męme endroit il y a plusieurs décennies. Le voyage dans le temps s’ouvre sur une vue aérienne de bâtiments, impressionnants pour l’époque, qui abritaient en 1959 la chaîne d’assemblage final de Caravelle. En regard, les installations actuelles, véritable ville dominée par le curieux bâtiment du bureau d’études.
Bien sűr, quels que soient les grands angles et les téléobjectifs utilisés, tout ne tient plus en une seule image. Ainsi, le centre de livraison n’apparaît pas, encore moins le tout nouveau site d’assemblage de l’A350XWB et AéroConstellation, lŕ bas, au loin, de l’autre côté des pistes. Pour faire bonne mesure, Yves Marc n’a pas oublié Hambourg ou plus exactement Finkenwerder, curieuse presqu’île qui connut sa premičre heure de gloire ŕ l’époque lointaine de Hamburger Flugzeugbau, ŕ l’époque du C160 Transall.
On sourit en observant un technicien, cache-poussičre et béret basque, penché sur sa planche ŕ dessin en 1956, face ŕ un bel écran de CFAO qui occupe la page suivante. Ou encore la dame trčs BCBG, dűment permanentée, trčs ŕ l’aise devant une machine-outil dépourvue de la moindre commande numérique. Puis on croise la chaîne des mâts réacteurs élégamment profilés, ŕ Saint-Eloi, usine urbaine encore habitée par les mânes de Dewoitine.
Côté actualité, on s’arręte, pensif, devant un document étonnant : non moins d’une trentaine d’Airbusiens portent de lourdes bottes de câbles ŕ installer dans les entrailles d’un fuselage d’A380. Comment vont-ils s’y retrouver au montage ? On n’ose pas vraiment poser la question, encore moins tenter d’y répondre… Plus loin, on retrouve l’Armagnac, un bien beau long-courrier (premier vol en 1949) qui aurait mérité un sort meilleur.
Une trčs belle promenade, un repos pour les yeux.
* * *
Dans un genre trčs différent, voici que revient un auteur-témoin littéralement infatigable, inépuisable, dont la mémoire ne fait jamais défaut, Jacques Noetinger. Il ne nous avait pas encore tout dit comme en témoignent 300 pages bien tassées, aux Nouvelles Editions Latines : ŤTémoin privilégié de l’histoire de l’aviation du XXe sičcleť. Le titre dit tout, il annonce le souvenir de belles rencontres avec industriels, techniciens, pilotes, etc.
Né en 1919, Noetinger les a tous connus. D’autant qu’il est devenu en 1953 le porte-parole des industriels français de l’aéronautique, alors réunis au sein de l’USIA (Union syndicale des industries aéronautiques), devenue GIFAS. On ne pouvait ręver de meilleur poste d’observation.
Ici, ce sont des notes, des évocations, de brefs portraits, une maničre utile de donner suite, de maničre plus légčre, ŕ des ouvrages précédents, ŕ commencer par une solide histoire de l’aviation française de l’aprčs-guerre, trois volumes publiés il y a bien longtemps par France-Empire et qui, inusables, constituent encore et toujours une référence tout particuličrement précieuse.
C’est ainsi que Noetinger, avant tout pilote (8.200 heures de vol), est devenu historien sans le savoir. Nous lui en savons gré, d’autant que chacun de ses bouquins contribue ŕ entretenir non moins de 60 ans d’une bien belle mémoire collective.
Pierre Sparaco - AeroMorning
PS: Ainsi se termine la cinquičme année de chroniques AeroMorning. Merci ŕ tous et ŕ toutes pour votre indéfectible fidélité, vos informations, remarques et commentaires. Rendez-vous sur nos lignes dčs les premiers jours de 2011.

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