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Sidi Bouzid ou la révolution grâce au numérique?

Publié le 30 décembre 2010 par 6smail
Sidi Bouzid ou la révolution grâce au numérique?
La Tunisie vit, ces temps-ci, au rythme de terribles événements, manifestations, répressions… liés au drame de Sidi Bouzid. Pour combattre à l’absence d’information et se faire entendre quand même, les tunisiens s’organisent et arrivent à communiquer grâce notamment aux médias sociaux (Facebook, Twitter…). Grand bouleversement et grand espoir ?
Rappel des faits
Sidi Bouzid est une petite localité du centre de la Tunisie, qui a vu ces derniers jours, coup sur coup, un jeune diplômé s’immoler devant la mairie et un autre s’électrocuter, tout cela pour cause d’injustice et de « mal-vie ». S’en est suivi des manifestations violentes dans la localité même et pratiquement dans tout le pays, pour exprimer le ras-le-bol et la colère de toute une frange de la population tunisienne.
Face à ses explosions de rage, le gouvernement a réagi par la répression, comme il est malheureusement de coutume, mais le plus intéressant dans cette histoire c’est d’analyser le traitement médiatique de « la question Sidi Bouzid ».
Réactions des médias
D’abord du coté officiel, le gouvernement tunisien bloque tout information, use de la censure et entrave même le travail des journalistes sur place.
Plus surprenant, beaucoup de media occidentaux éclipsent la question ou même adhèrent et véhiculent la thèse officielle. Pour sa part, AlJazeera fait encore dans la désinformation et la démesure en essayant d’instrumentaliser ses événements tragiques à des fins politiques/idéologiques.
Face à ce « blocus médiatique », l’information circule quand même, les tunisiens ont trouvé, grâce à Internet, une autre solution pour s’informer, communiquer et surtout s’exprimer malgré les obstacles.
Les gens s'organisent via le web
D’abord, les grands portails d’information tunisiens se mobilisent, nawaat, tekiano…Bien plus, toute la blogosphère tunisienne ne parle que de ça, notez en particulier l’article coup de poing, très courageux, de mon ami Mohamed Ali Chebâane. Par ailleurs, des actions sont organisées et coordonnées via le web, notamment cette flashmob au centre de Tunis
Enfin, il y a Twitter ! le hashtag #SidiBouzid est le plus utilisé en ce moment en Tunisie, les gens (du monde entier) partagent et commentent en temps-réel l’actualité liés à Sidi Bouzid souvent via leur mobile et ça, rien ne peut le censurer.Il y aussi Facebook bien sûr ou les gens ont plus de liberté pour partager des vidéos les commenter et discuter de tout ça (s’ils arrivent à déjouer la censure grâce aux proxy ou autres VPN). Tous ces médias sociaux sont envahis afin de permettre aux gens de communiquer et de rester informer.
Cela me rappelle les manifestations similaires en 2009 en Iran, et le même subterfuge trouvé dans internet et les médias sociaux. Ça rappelle aussi ce que wikileaks nous a clairement démontré récemment : l’information est devenue une arme de guerre puissante, l’arme que les « petits » s’approprient contre les « grands » quel que soit les conditions, nos tweets sont les nouvelles pierres des enfants Palestiniens contre les chars de Tshal.
Le web pour sauver nos pays ? 

Conclusion, on prend les mêmes est on recommence, Sidi Bouzid est le tragique témoignage, encore une fois, d’un ras-le-bol généralisé de la jeunesse des pays en voie de développement, plus particulièrement de la zone Nord-Afrique Moyen-Orient, le même désespoir, la même rage et les mêmes réponses répressives de la part des Gouvernements, ça c’est déjà passé en Iran, aujourd’hui c’est en Tunisie demain ça sera l’Algérie ou le Maroc. 

Ce qui a changé par contre , c’est la réaction des « gouvernés ». eE plus de l’explosion de violence, une révolution pacifique (plus efficace ?) se mets aussi en place, les populations prennent en compte le pouvoir de l’information et tire parti des nouvelles technologies notamment les réseaux sociaux pour faire entendre leur voix.
Ni Twitter, Ni Facebook, ni aucune autre technologie ne feront de nos pays les bons élèves de la Démocratie, mais ils y contribuent, beaucoup plus que ce que nos  dirigeants veulent croire et cela surtout en temps de crise.
Alors faites gaffe !

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