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Bétonville me voici

Publié le 14 novembre 2007 par Monsieur L'Adulte

Je ne suis pas de Mourrial, donc comme toutes les gensse des régions, ma sœur est ma cousine et ma mère à la fois, et je parle en connaissance de cause en vous avouant qu'elle n'est pas débroussaillée de la noune. Je n'échappe pas à la règle, puisque comme tout les campagnards des territoires sauvages régionaux, je chauffe ma chaumière avec du purin de porc séché su'l perron, je bois de l'eau de pluie acide recueillie dans mon chapeau en cuirasse de belette et il me manque quelque doigts perdus lors un accident de tracteur. Vous aurez compris qu'à la maison, on mange justement avec les doigts, c'est donc vous dire à quel point la misère noire comme dans le cul d'un ours, ça me connaît. Imaginez le défi quand vient le temps de me moucher à l’indienne avec mes moignons.

Je viens des régions, c'est-à-dire de n'importe où en dewors de Mourrrial, de par delà les vastes brumes où s'achève le monde, dans ces contrées arides meurtries par le scorbut, les chacals voleurs de poules et les shows de Lise Dion. Comme toute la populace du boutte, ma femme a pas de dents -mais ça suce mieux- et la plupart de nos soupes sont concoctées à base d’oignons de pieds, mes meubles sont en beau bois d'arbre pis ma progéniture va pas à l'école parce que si on fait le ratio avec notre espérance de vie, ça serait pas rentable. Gardez vos jugements pour vous autres, bourgeois de la grand ville : ce n'est pas parce j'ai les pieds palmés, que je me torche avec ma main avant de me gratter l'œil et que je marche toujours sur un beat de banjo que je suis pas capable de faire la distinction entre un pet sauce pis un symptôme de la syphilis.

Bref, je pars aujourd'hui pour le nombril du Québec. Si le tit-Jésus est avec moi, je serai de retour vendredi, en espérant que d’ici là ma douce moitié n’aura pas déjà mis bas, parce que j’ai pas encore modifié la brouette en berceau. Je souhaite honnêtement résister à tout ce que je vivrai là-bas: les viols collectifs, les accommodements raisonnables, les gangs de rue qui vont me forcer à me prostituer juvénilement, les sans-génis à calottes sur l'ectasie sans parler de toute cette exposition à la culture et cette vulgarité gratuite. Pour survivre, je me suis préparé en me documentant sur les us et coutumes de Mourrial. Grâce à cette vidéo ma foi fort évocatrice, je ne serai pas pris de court en pénétrant dans le métro –et l’autobus- et pourrai emboîter le pas à la chorégraphie. Une chance, sinon j'aurais tellement eu l'air cave.



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