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En question : La ‘ loyauté ‘ des inspecteurs et des chefs d’établissement …

Publié le 10 janvier 2011 par Perceval

( Je continue, à la suite de mes  » Questions aux inspecteurs «  , une réflexion les missions des cadres de l’éducation nationale … )

Les personnels de l’établissement scolaire n’ont qu’un objectif – en dépit des changements de ministre et de recteurs – celui de conduire un maximum d’élèves à la réussite de leur scolarité.

Les ministres essaient de laisser leur empreinte au risque – « de refaire du neuf, avec du vieux », ou – de contredire le prédécesseur… Les recteurs et DSDEN « du sommet de leurs immeubles relaient les paroles du ministre » et oublient les obligations du quotidien. « D’ailleurs personne sur le terrain n’y porte une grande attention. » Pierre Frackowiak IEN honoraire

Si, dans un excès de zèle, les chefs d’établissement s’évertuaient «  à démontrer qu’il n’y a pas de différence ou si peu entre 2002 et 2008 ( sur les moyens par exemple…!), prenant leurs interlocuteurs pour des ignorants et gommant sans complexe le caractère idéologique de ces programmes, on frôle l’insupportable. » P.F.

Aussi, en cette nouvelle année 2011,

-   dans un contexte économique, que je qualifierai de « préoccupant ». Encore aujourd’hui,  je lis dans le «  Café pédagogique » : « Jean-Louis Auduc révèle que, contrairement à ce que le ministère avait prétendu, la situation des professeurs stagiaires est dramatique dans le secondaire. »:

Je m’interroge, avec cette grande question éthique : « Qu’en est-il de ma loyauté, vis à vis du ministre … »…?

Personnels de direction, inspecteurs, sans doute nous considérons nous comme des « fonctionnaires de la République » Et à ce titre devons nous appliquer les directives de circulaires « sans état d’âme » et « sans réserve » .

La loyauté serait «  solidaire », l’opposition «  solitaire » … ? La loyauté obligerait à ne pas se positionner personnellement, à ne pas à discuter les directives, à ne pas être en contradiction avec l’IA . « Je ne fais pas ce que je veux, je ne suis ni un franc-tireur ni un travailleur indépendant » .

Réfléchissons un peu plus ; si dans le même contexte, mais dans un rapport personnel , la loyauté ne pourrait pas sembler participer à une dynamique de « dénégation de personnalité » ou de ‘ trahison ‘ envers ses convistions…? J’imagine un directeur de cabinet de gauche, dans un ministère de droite !

Alors … ? N’étant pas dans ce rapport personnel: le plus souvent, ‘nous’ nous cachons ‘ sous les occurrences du « on » ou du « nous », dénominations regroupant de manières variées – selon les contextes – des actants institutionnels ( syndicats …) . Nous pouvons ainsi, recourir aux tournures impersonnelles. Le ‘ je ‘ pourrait évoquer plutôt la passivité, la contrainte. J’apparais alors comme second actant (« je relaye le message », « je ne travaille qu’au nom de l’IA, du recteur, du ministre ») pour mettre en œuvre une décision arrêtée par le ‘patron’ ».

Etre loyal, peut-il m’amener à être en contradiction avec mes convictions de citoyen, et d’homme ?. Si, il y a conflit, puis-je me contraindre à n’être que l’ « instrument » ou l’adjuvant d’une technologie administrative dont l’action se doit d’être « conforme », du moins dans sa partie visible ou rendue visible ? M’imagine t’on comme un « rouage », un « relais » qui doit juste vérifier que les textes s’appliquent ? Aussi, ma propre réflexion actuelle, ne serait même pas légitime, – ne plus ‘ être ‘, mais ‘ être conforme ‘ !

Cependant, comme cadre ( professeurs, proviseurs, inspecteurs ..),  je dois occuper activement l’espace de décision que l’on m’a délégué…

Aussi, être loyal serait :

-   Etre libre et responsable sur la mobilisation des moyens, mais sans prise aucune sur les objectifs et les finalités…

-   Et Reconnaître que je ne suis pas là pour juger du bien-fondé des directives, ni pour participer à leur élaboration…

« Pour les enseignants, les IEN sont des acteurs du système éducatif : ils sont à même de décider, évaluer, entreprendre ou initier des actions. Pour les instances  administratives, ils sont des relais des politiques publiques : ils n’agissent pas d’eux-mêmes. Ainsi, ils ne sont plus des acteurs qui sont la cause de leur propre agir, mais des actants qui partagent un agir avec d’autres actants2. On peut même parfois se demander si l’on n’attend pas quelquefois d’eux qu’ils appliquent ou fassent appliquer les directives venues du « haut ». Ils seraient alors de simples agents. »  Sylvain Starck Université Nancy 2


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