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L'exploitation éhontée par les bien-pensants de la fusillade de Tucson

Publié le 11 janvier 2011 par Francisrichard

GabrielleGiffordsSamedi 8 janvier 2010, un homme tire dans la foule qui assiste, à Tucson, à un meeting politique de Gabrielle Giffords,[sa photo provient d'ici] Représentante démocrate de l'Arizona, sur le parking d'un supermarché. 

Le bilan est lourd : 6 morts, dont une petite fille née le 11 septembre 2001, et un juge fédéral républicain [eh oui !], et 14 blessés, dont la parlementaire démocrate, touchée à la tête, qui, aux dernières nouvelles, pourrait miraculeusement s'en sortir, en priant Dieu qu'elle ne garde pas de séquelles de cet attentat.

A la Télévision suisse romande, à l'annonce de cette fusillade, le téléspectateur helvétique de langue française n'entend qu'un son de cloche. La violence du débat politique lors des dernières élections de mi-mandat serait à l'origine du drame. Clairement c'est le Tea Party qui est visé et plus particulièrement une de ses figures de proue, Sarah Palin, même si elle n'est pas la tasse de thé de tous les membres de ce mouvement populaire...

A l'appui de cette thèse imprudente, relayée par tous les bien-pensants de la planète, il y a les déclarations intempestives et sans fondements du shérif démocrate Clarence Dupnik du district de Pima, dont dépend Tucson, lequel a soutenu la candidature de Gabrielle Giffords. Et il y a ... la reproduction d'une carte des Etats-Unis, publiée sur Internet, sur laquelle, sous forme de cibles, Sarah Palin a indiqué, lors des dernières élections de novembre 2010, les sièges que les Républicains doivent se donner pour objectif de reprendre aux Démocrates...

Clarence Dupnik, alors que l'enquête n'a même pas eu le début d'un commencement, déclare en effet aussitôt, vraisemblablement sous le coup de l'émotion :

"Laissez-moi vous dire une chose, parce qu'on a tendance à minimiser tout le vitriol que nous entendons, qui enflamme le public américain, qui est répandu par des gens dont c'est la profession. C'est peut-être de la libre parole, mais cela n'est pas sans conséquences." ici

Sur sa carte des Etats-Unis, Sarah Palin a effectivement fait placer des cibles lors de la dernière campagne électorale. En Europe cela peut choquer, mais c'est un langage guerrier, coutumier dans les joutes électorales américaines, depuis au moins le XIXe siècle... Comme le rappelle opportunément un article paru dans Contrepoints ici, les Démocrates ont utilisé la même représentation graphique du temps de Bush...sans soulever à l'époque l'indignation sur commande des bien-pensants.

Il est donc tout simplement ignoble de faire le rapprochement entre ces cibles symboliques et la tuerie de Tucson. Cela ne grandit guère ceux qui se livrent à pareil amalgame, qui, a fortiori de la part de journalistes, relève de l'exploitation politicienne la plus basse et la plus éhontée.

Deux jours après la tuerie de Tucson, la personnalité du tueur, Jared Loughner, apparaît de plus en plus clairement ici. Il a 22 ans. Il semble avoir des problèmes mentaux. Il parle de théories apocalyptiques. Il s'est fait renvoyer l'an dernier de l'université publique en raison de son attitude de plus en plus négative. Il est fasciné tout autant par Le manifeste du parti communiste de Karl Marx que par le Mein kampf d'Adolf Hitler...

Au domicile de ce modéré on a trouvé une lettre datant de 2007 que lui a écrit sa victime, Gabrielle Giffords, dans laquelle elle le remerciait d'avoir participé à un de ses meetings... En 2007 il n'est encore question ni de Sarah Palin, ni du Tea Party...

Quel rapport y a-t-il entre les positions politiques de Jared Loughner et celles du Tea Party ? Aucun [voir mon article Tea Party: prendrez-vous du thé ? Non merci, il est trop taxé ! ].

Le shérif  Dupnik reconnaît maintenant ici :

"Il ne fait plus aucun doute, pour nous, que c'était l'acte d'un tireur isolé et très dérangé."

Entre-temps les tea-partiers auront été accusés à tort et on attendra vainement les plates excuses des bien-pensants qui ont propagé la rumeur assassine... et qui continuent de le faire...

"La calomnie, docteur, la calomnie ! il faut toujours en venir là", dit Bazile dans Le Barbier de Séville de Beaumarchais...

Francis Richard


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