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2010, année la plus chaude jamais enregistrée

Publié le 17 janvier 2011 par Pyxmalion @pyxmalion
Anomalies des températures en 2010

Anomalies des températures en 2010

Les rapports de la NASA, NOAA et JMA indiquent que 2010 est l’année la plus chaude et aussi la plus pluvieuse depuis les premières mesures météoroliques il y a 131 ans !

Sans être une surprise, nombre de chercheurs et spécialistes (météorologues, climatologues, glaciologues, etc.) s’y attendaient : 2010 (ex-aequo avec 2005) est l’année la plus chaude enregistrée depuis 1880 !

La NASA, la National Climatic Data Center (NCDC) de la NOAA, le Japanese Meteorological Agency (et bientôt le Met Office Hadley Centre) ont publié leurs rapports indépendants pour l’année 2010 écoulée. Les données relevées de par le monde convergent et montrent (voir graphique) qu’effectivement la température moyenne mesurée à la surface du globe au cours de l’année 2010 talonne 2005 (année la plus chaude jamais enregistrée) avec une différence de 0,01 °C.
Depuis 131 ans que des relevés de températures sont réalisés en plusieurs endroits du monde, c’est la décennie 2000-2010 qui est la plus chaude : 9 des 10 années figurent dans le top 10 des années les plus chaudes …
Les données de la NOAA indiquent que 2010 qui vient de s’achever était la 34e année consécutive à montrer une température moyenne supérieure à 13,9 °C (moyenne du XXe siècle). Les deux années ex-aequo les plus chaudes ont une température moyenne de 14,5 °C soit 0,6 °C au-dessus de la moyenne du siècle passé.
2010 a aussi été l’année la plus pluvieuse jamais enregistrée, nonobstant les pluies diluviennes qui ont frappé en ce début 2011, de vastes territoires du Brésil, de l’Australie, de l’Afrique du Sud …
En poursuivant la liste des données remarquables, on notera que les températures estivales dans la région de l’Arctique n’ont jamais été aussi douce (du moins depuis 800 000 ans !), idem pour une partie de l’automne et de l’hiver entamé. Que dire de la banquise et de l’épaisseur des glaces ? C’est la troisième année la plus basse en terme de surface recouverte par la glace (relevé au mois de septembre).

Courbes des progressions des anomalies de températures globales

Courbes des progressions des anomalies de températures globales relevées par plusieurs agences indépendantes

N’en déplaise aux climato-sceptiques les plus farouches (lesquels s’accordent sur la réalité d’un changement climatique mais refusent de le corréler aux émissions d’origine humaine – anthropique – de gaz à effets de serre), la croissance de la température moyenne globale suit la progression du taux de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère. Comme le rappelle Sylvestre Huet (lire l’article ici) dans son blog {Sciences2}, la biosphère terrestre n’avait pas « dépassé les 300 ppm depuis au moins 800 000 ans », en atteste les relevés effectués dans les glaces de l’Antarctique. Actuellement nous en sommes à 389 ppm (parties par million). Et ce n’est, hélas, pas prêt de ralentir, et encore moins de s’arrêter, car les émissions de gaz à effet de serre ont augmentées de 41 % entre 1990 et 2008 ! En dépassant les 400 ppm de CO2 dans l’atmosphère, la température globale pourrait alors s’élever de +3 °C à +6 °C, comme il y a environ 20 millions d’années (Miocène moyen). Prendre ce chemin peut conduire à une sixième extinction de masse (à lire « Une ancienne extinction de masse aurait pour origine un changement climatique’) si nous ne prenons pas de mesures pour réduire significativement nos émissions de gaz à effet de serre. N’oublions pas que le CO2 peut demeurer 100 ans dans l’atmosphère et aussi que le réchauffement actuel favorise la fonte des pergélisols, libérant de fait d’immenses quantités de méthane (CH4) stockées. Ce dernier est un gaz à effet de serre 23 fois plus redoutable que le gaz carbonique ! Il serait sage d’éviter un « emballement » climatique et donc d’atteindre le « point de non-retour ».

Faits marquants liés au changement climatique

Faits marquants liés au changement climatique

En écho au taux de CO2 dans l’atmosphère, une étude publiée la semaine dernière (13 janvier 2010) par Jeffrey Kiehl (NCAR) et reprise dans Astrobiology Magazine suggère que la « sensibilité » de notre planète au CO2 est sous-estimé. L’impact de celui-ci pourrait être deux fois supérieur à ce que l’on pensait jusqu’à maintenant. Chercheur au National Center for Atmospheric Research (NCAR) Jeffrey Kiehl fait référence aux effets de rétroaction (feedback process) qui pourrait survenir en atteignant les 1 000 ppm, ce vers quoi nous nous dirigeons sans nul doute selon lui. Le climat qui en résulterait serait alors similaire à celui qu’a connue la Terre il y a 35 millions d’années.
«L’espèce humaine et les écosystèmes du monde seront placé dans un état climatique jamais connu dans leur histoire évolutive et à un rythme sans précédent » estime l’auteur de l’article publié dans la revue Science.

Pour plus d’informations, lire « Earth’s sensitivity to CO2 may be twice what climate models show ».

Voir et re-voir : Evolution des températures globales de 1880 à nos jours (Global Temperatures).

A lire également : « 3/4 des glaciers des Alpes pourraient disparaître d’ici 2100″ ; Astrobiology Magazine : « Mass extinctions linked to loss diversity » ; SpaceRef : « Earth’s hot past could be prologue to future climate ».
Sources : Universe Today : « 2010 Tied for Warmest Year on Record say NOAA and NASA » ; Earth Observatory : « Different Records, Same Warming Trend » ; {Sciences 2} : « 2010 année record de chaleur » ; blog Le Monde-Ecologie : « Bienvenue dans une nouvelle ère géologique, l’anthropocéne ».

Crédit photo : NASA/GISS/NOAA.


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