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Le père Noël

Par Arielle

Pendant des années, le père Noël m’a menée en bateau avec son traineau. Je guettais son passage devant la lune, j’inspectais les éventuelles traces sur la neige, j’étais à l’affût du moindre bruit dans la nuit et je ne le voyais jamais.

Tous les ans, depuis ma plus tendre enfance, nous faisions un beau sapin dans la maison. Nous n’avions pas de cheminée, alors on le mettait près de la fenêtre car c’est par là qu’il entre dans ces cas là. Je glissais avec émerveillement mes chaussons sous la plus basse branche, tout près de la crèche de préférence. J’aurais voulu me faire santon pour assister au moment propice, celui où un gros bonhomme rouge à barbe blanche se glisserait, chargé de colis, par le courant d’air de l’entrebâillement, faisant onduler le voile du rideau.

Il n’y avait pas moyen de le surprendre, c’était de la magie, du surréalisme ! Et je me demandais bien quel était son secret.

Je crois que Noël est le jour de l’année où je me levais le plus tôt. Il faisait encore nuit lorsque ébouriffée et encore endormie, je me précipitais dans le salon. L’instant était merveilleux, il y avait toujours des cadeaux et des cadeaux bien emballés dans de jolis papiers brillants. J’allais vite ouvrir la porte des fois qu’il soit encore là à admirer ma frimousse étonnée mais à chaque fois, il était déjà reparti. Oh ! J’avais bien cherché plusieurs fois dans les buissons mais c’était peine perdue. Même pas caché, juste envolé et on me disait qu’il avait beaucoup d’autres enfants à visiter, que je n’étais pas la seule à l’attendre et qu’il fallait rentrer.

La séquence émotion était rapidement remplacée par la découverte des jouets. Ce jour béni est toujours resté chaleureux dans mon cœur. Je savais que certains n’avaient pas tout ça, que le père Noël parfois n’avait pas le temps d’être partout et qu’en attendant, les enfants recevaient une orange et un gâteau. Je trouvais ça très injuste mais je comprenais qu’il soit débordé.

Notre sapin s’étoffait d’année en année, il était de plus en plus beau, de plus en plus haut. Nous accumulions les décorations et même la crèche avait prit de l’ampleur. J’ai dû aller une fois ou deux à la messe de minuit mais ce n’était pas mon truc, je m’y ennuyais. Par contre j’adorais faire avancer les rois mages d’un pas chaque jour, jusqu’à l’épiphanie.

En grandissant, j’ai gardé ce mythe du sapin. Il n’y a pas un Noël sans décoration ni sans surprises au pied de l’arbre. J’ai éduqué mes enfants dans ce sens et ils perpétuent la tradition. Un Noël sans sapin et sans crèche n’est pas un Noël. Pour la messe, on l’écoute à la télévision, c’est moins rasoir et ça colle bien à l’ambiance de la maison.

Vive le vent, vive le vent d’hiver, vive Noël et les santons et vivent les traditions.


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