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Tunisie 2011 une révolution sociale et digitale plus que de jasmin

Publié le 18 janvier 2011 par Stephane Zibi

Capture d’écran 2011-01-15 à 11.08.06 Ecrire sur un sujet d’actualité comme celui que nous avons vécu ces derniers jours voyant ce merveilleux peuple tunisien se soulever et ne plus accepter le dirigisme de l’ex “président” Ben Ali n’est pas chose aisée pour moi.

Les analyses fleuriront dans les jours à venir et expliqueront de la meilleure des manières, la situation.

Même si les atermoiements constitutionnels feraient perdre son latin à quiconque entre un Premier Ministre intronisé Président la veille, remplacé par le Président de l’Assemblée le lendemain le tout en appliquant l’article 57 de la Constitution qui ne permet plus à Ben Ali de retourner en Tunisie, lui faisant perdre son immunité, tournant définitivement 23 années de pouvoir autocratique.

Ce qui me pousse néanmoins aujourd’hui à écrire sur ce pays qui est un peu le mien, celui où sont nés mes parents c’est la façon dont les choses se sont passées.

En 4 semaines, sans l’aide de personne ni des pays étrangers, ni des médias à cause de la censure, le peuple tunisien a réussi à se mobiliser jusqu’à obtenir le départ puis la fuite de celui qui contrôlait avec son épouse absolument tout ce qui pouvait l’être dans ce pays. 

Les médias locaux et étrangers étant donc toujours contrôlés voire censurés, ces 3 dernières semaines nous apprenions mollement sans ce que cela fasse la une des médias un mort par immolation, que des manifestations ont lieu et que des massacres morts ont été recensés ou bien ces 3 derniers jours que Ben Ali “lâchait du lest”. Ce n’est qu’en moins de 48h, que tout s’accéléra. Une révolution un peu en temps @Internet.

La seule source fiable qui a tissé les liens entre beaucoup de tunisiens mais aussi nous autres spectateurs attentifs pendant ces semaines fut Internet et particulièrement Twitter et à un degré moindre certains profils sur Facebook.

En lisant et suivant durant ces semaines, les tweets avec le tag #sidibouzid ou le compte de @Slim Amanou par exemple ceux qui doutaient encore de la force de Twitter peuvent je pense revoir leur jugement.

A mon humble avis, ce fut en effet l’unique canal d’informations qui a permis de maintenir un réel suivi des nouvelles à travers des témoignages essentiels pour que cette révolution (le mot n’est pas trop fort pour un pays ayant connu que 2 Présidents en 54 ans soit autant que ces 12 dernières heures) puisse aboutir.

Les échanges permanents, la relative rapidité finalement d’organisation et cette solidarité et écoute internationale ont rendu encore plus fort ce mouvement.

Bien sûr la mobilisation se faisant à l’extérieur dans les rues était, est et continuera d’être obligatoire mais vu la rapidité et l’enchainement des événements ces derniers jours et aussi cette coordination dans le pays ces événements n’auraient peut être pas été aussi fort sans Twitter.

Cette TwittRevolution a donc pour moi plus de sens, que l’appellation Révolution de Jasmin vue et lue à de nombreuses reprises depuis hier.
Les politiques de tous bords, de tous pays devront être attentifs dorénavant car la Tunisie a montré que cela était possible. Qu’aujourd’hui il n’est plus utile d’être une armée pour renverser un Président et qu’à travers les rassemblements et la détermination cristallisés grâce aux médias sociaux, le monde devient plus petit et qu’il est possible de s’exprimer même contre un régime quasi dictarorial ou pseudo démocratique.

En repensant à la révolution verte (non terminée encore) en Iran, il y a quelques années, c’était déjà un premier signal. Aujourd’hui vu ce qui s’est passé en Tunisie peut être qu’une prochaine révolte pourrait aboutir dans n’importe quel pays dans pareil situation (et il y en a). 

Enfin et pour conclure cette note, n’étant pas retourné pour diverses raisons en Tunisie depuis plus 25 ans, et lisant la joie et cette fierté de ce peuple, j’ai pu m’apercevoir de l’attention de la communauté des exilés envers la Tunisie et de l’extrème reconnaissance à laquelle je m’associe pour le peuple tunisien pour s’être battu et exprimé ainsi.

Peut être et sûrement très vite maintenant, comme beaucoup d’autres aussi, je retournerai là bas en vacances pour enfin (re)goûter à certains parfums oubliés qui très rapidement me sont revenus au fil de cette soirée de vendredi que je n’oublierai pas.


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