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Fatigance de la flemme

Publié le 18 janvier 2011 par Francisbf

Nombre de geeks, dont, me dit-on, je ferais partie, ont fait leur le motto de Winston Churchill : « no sport ». Personnellement, à cela j’ai ajouté un régime saucisson-Princes de Lu® (qui remplacent avantageusement le whisky-cigare, du moins du point de vue pécunier), et j’ai ainsi pu développer cette panse confortable et légèrement bloblotante, du genre qui rassure les filles (si du moins j’en rencontrais), et les genoux en verre qui l’accompagnent.

Cependant, depuis quelques temps, deux choses se combinent pour me forcer à sporter : la radinerie et la flemme. Oui, c’est un peu paradoxal, surtout pour la flemme, mais c’est comme ça. Permettez que je vous explique.

Le matin, je suis fatigué. J’ai les paupières qui collent, les épaules voûtée, l’haleine canine et la langue molle. Et donc, un des trucs qui m’insupporte le plus, le matin, c’est de devoir parler à un taxi. (en relevant la tête, en plus. Et salamalikoum, alikoumsalam, ça va bien, bien merci, je vais là-bas, sur la route de Front de Terre, pas loin de la SDE, c’est juste à côté, 500 francs ça va ? quoiiii ? 500 francs c’est trop petit ! bon 800 800 c’est trop petit, il y a des embouteillages on dit 1000, 1000 c’est bien quoiiiii c’est trop cher deh, quand je vais à Belair, c’est trois fois plus loin et la route est pourrie, je paye 1500, allez on dit 1000 y’a les embouteillages, à cette heure-ci y’a plus d’embouteillages, les embouteillages c’est entre 7h30 et 8h, là ça va y’en a plus, non 1000 ça va bon OK on dit 1000 mais y’a pas d’embouteillages tu vas voir, d’ailleurs tu le sais aussi bien que moi.

Epuisant.

Rien que d’y penser, ça me soude la mâchoire et me fait tomber la tête sur la poitrine. Alors, pour éviter ça, la seule solution que j’ai trouvée, c’est de marcher jusqu’au bureau.

Et donc, je marche. 40 minutes. Dont une bonne partie sur le sable. C’est crevant, de marcher sur le sable, mais le sable essaye pas de te détrousser, du coup, en ce moment, je le fais presque tous les jours. Parce que quand c’est pas la flemme, quand j’ai tout le jus d’une pomme cajou bien mûre, c’est ma pingrerie qui prend le relais. Je me fixe un plafond de 800 francs pour le taxi, et je refuse de descendre en dessous, parce que bon, faut pas déconner, Belair trois fois plus loin route pourrie, 1500 balles, quoi. Alors là, 800, c’est bien payé. Surtout pour des mecs souvent chiants qui mettent la radio en wolof. Du coup, la conversation donne « salamalikoum, alikoumsalam, ça va bien, bien merci, je vais là-bas, sur la route de Front de Terre, pas loin de la SDE, c’est juste à côté, 500 francs ça va ? quoiiii ? 500 francs c’est trop petit ! bon 800 800 c’est trop petit, il y a des embouteillages on dit 1000, 1000 c’est bien quoiiiii c’est trop cher deh, quand je vais à Belair, c’est trois fois plus loin et la route est pourrie, je paye 1500, allez on dit 1000 y’a les embouteillages, à cette heure-ci y’a plus d’embouteillages, les embouteillages c’est entre 7h30 et 8h, là ça va y’en a plus, non 1000 ça va bah tant pis, je prendrai un autre taxi, va-t-en VROUM.

Arrive un autre taxi, qui passe la tête par la fenêtre avec un geste interrogatif, je vais vers lui, salamalikoum alikoumsalam bien merci ça va ça va bien bien merci je vais sur front de terre, à côté SDE, 500 francs ça va hiiiii c’est trop petit deh, 1500 ça va 1500 c’est trop cher allez on dit 800 800 c’est trop petit deh bon ben tant pis VROUM.

Un troisième se gare derrière celui qui est encore en train de partir : salamalikoum Front de terre pas loin avant la SDE 600 ça va VROUM. Connard.

Du coup, je décide que merde, je vais pas me laisser avoir et perdre mon temps, j’y vais à pied. Je vais pas leur lâcher 200 balles, quoi, merde. (ne croyez pas que je ne me rends pas compte de la mesquinerie qu’il y a à négocier pour 30 centimes d’euro, c’est une question de principe)(quoi qu’en fait non, je ne me rends compte de la différence de valeur qu’après m’être énervé et les avoir envoyés chier).

Et me revoilà à transpirer sous le cagnat tropical pendant trois quarts d’heure, avant de rejoindre, gluant de partout, mon bureau climatisé. Sauf que des fois, comme hier matin, y’a coupure. Et au lieu de bosser, je me retrouve à griffonner des notes de blog sur le bloc-notes de l’équipe (il faut vraiment qu’on aille faire des courses).

N’empêche, hein, 1h20 de marche sous le soleil et sur le sable, cinq fois par semaine, ben mine de rien, ça m’a pas fait perdre un gramme.


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