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Propos déformés (2)

Publié le 19 janvier 2011 par Malesherbes

A la lecture d'un verbatim des propos de Michèle Alliot-Marie, déformés si on veut bien la croire, j'ai constaté des différences avec ce que j'avais pu relever depuis une vidéo que je n'ai pas su retrouver ou qui a peut-être été opportunément retirée, seules demeurant accessibles les vingt-six dernières secondes de son intervention. Je me suis alors reporté au compte-rendu de l'Assemblée nationale. Je vous livre ici ce texte. A la suite de chaque passage modifié, je précise en caractères gras les mots que j'avais entendus sur la vidéo que je citais plus haut, assortis éventuellement d'un commentaire sur le changement opéré.

"La Tunisie comme l'Algérie connaissent (sic : le pluriel serait justifié avec la conjonction et, mais pas ici avec comme. Il convenait donc de dire : connaît) en ce moment des mouvements sociaux de grande ampleur et qui touchent particulièrement les jeunes.

[ ...] notre devoir ( je crois que notre devoir : on a tenu à remplacer ce bémol par une certitude) est de faire une analyse sereine et objective (une analyse, une analyse sereine mais objective) de la situation.

[...]

On ne peut que déplorer ( qu'il puisse y avoir : dans cette version originale, les violences étaient possibles mais non certaines) des violences concernant des peuples amis.

Pour autant, je rappelle que cela montre le bien-fondé de la politique que nous voulons mener quand ( je n'ai pas trouvé trace de ce satisfecit auto-décerné dans mes notes mais il est possible que j'aie omis de le saisir) nous proposons que le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier, permette de régler des situations sécuritaires de ce type ( là, par contre, il faut bien reconnaître que le galimatias que je mentionnais dans mon billet précédent a été discrètement effacé).

[ ...] C'est la raison pour laquelle nous proposons ( ici, un adverbe effectivement a été supprimé, sans doute parce que, comme je le soupçonnais hier, cette proposition n'a rien eu d'effectif) aux deux pays de permettre, dans le cadre de la coopération ( version prononcée : nos coopérations) d'agir dans ce sens, afin que le droit de manifester soit assuré de même que la sécurité ( version prononcée : le droit de manifester puisse se faire en même temps que l'assurance de la sécurité. L'habitude de la langue de bois conduit à accumuler des mots en perdant de vue ce que l'on dit : comment peut donc se faire le droit de manifester ou se faire l'assurance de la sécurité ?). "

Je m'expose ainsi à me faire reprocher de couper les cheveux en quatre et d'être bien sévère à l'égard de cette pauvre ministre. Je ne le pense pas. Cette dame est à la tête de la diplomatie française. S'il est un domaine où chaque mot pèse, c'est bien celui de la diplomatie et, avant que l'anglo-américain ne le supplante, c'est le français qui était la langue de référence (souvenez-vous de la résolution 242 de l'ONU de 1967 ordonnant un retrait des forces armées israéliennes " des territoires " en français, " of territories " en anglais, formulation ici parfaitement ambigüe). Non seulement notre ministre profère d'énormes sottises mais, en outre, elle est incapable de s'exprimer oralement en un français compréhensible. Elle a fait la preuve de sa totale incompétence et son patron, qui la soutient, se révèle tout autant incapable.


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