
Avez-vous lu Le Liseur ? Berhnard Schlink a écrit ce petit roman plus qu’intéressant. Ils ont tenté d’en faire un film, mais comme souvent, vaut mieux lire que voir. J’ai apprécié ce roman parce qu’il ramène une fichue question qui trotte dans ma tête depuis des années : Qu’aurais-je fait si j’avais été un allemand de 18 ans dans les années 30 ? S’enrôler, résister, se sauver ... Même genre de questionnement concernant le génocide rwandais. Comment notre société arrive ou non à nous façonner de manière à nous pousser à faire l’infaisable ? J’ai aussi ce genre de réflexion quand à Rome, durant les dernières vacances, je croisais des personnes âgées. Ont-ils appuyé Mussolini ? Étaient-ils dans la résistance ? J’ai ce même genre de réflexion depuis l’arrivée de Duvalier. Des gens que je connais qui ont un passé de résistant, d’autres qui étaient des Tontons macoutes. Assez facile de vivre avec l’idée que telle personne a été un résistant, qu’il a fait de la prison, qu’il a fuit le régime ou qu’on l’a lentement accompagné vers l’aéroport... Pour les macoutes, j’avoue que je tombe un peu plus sur le cul ! Je pense entre autre à un bonhomme fort souriant et aimable que je croise très souvent. Un fanatique du Brésil qui noue des relations cordiales (pour ne pas dira amicales) avec tout le monde qui passe par ‘son’ service. J’apprends qu’il est (ou était) macoute, un actif dans les Volontaires de la sécurité nationale. Depuis le départ de son Baby Doc, il a dégringolé l’échelle sociale et salariale pour faire ce qu’il fait aujourd’hui ... Est-il bon ou méchant ? Je ne sais plus vraiment. Je continue de réfléchir à la différence entre bon et méchant, à l’étanchéité de la frontière entre les deux, aux échanges continus entre les deux.
