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Détruisons les colonnes de Buren

Publié le 22 janvier 2008 par Nicolas J
Notre sympathique Ministre de la Culture, Chistine Albanel, a décidé d’un commun accord avec elle-même d’accélérer la rénovation des colonnes de Buren ce qui gave grave l'administrateur général de la Comédie-Française, Muriel Mayette.

Je résume. D’une part, je n’avais aucune idée de billet ce matin et je ne vois pas pourquoi je ne parlerais pas des colonnes de Buren alors que d’autres gugusses le font. D’autre part, les travaux de rénovation feraient un tel bruit que les répétitions par la Comédie Française ne pourraient se tenir normalement.

Or, côté culture, il faut choisir. Si la rénovation de ces espèces de machins laids et inutiles empêche les sociétaires de travailler, c’est du gaspillage de culture. Un peu comme j’ai gaspillé mon plat de pâtes hier soir parce que j’en avais fait trop et que je n’avais plus faim consécutivement à la soirée passée avec un sympathique militant politique du Kremlin-Bicêtre.

Ainsi, les colonnes de Buren sont laides et inutiles. Inutiles, ce n’est pas grave. C’est le propre de ces machins qu’on met un peu partout pour faire joli. Mais elles ne sont pas jolies, elles sont laides. Presque aussi laides que ma concierge quand j’habitais rue des Bas-Roger à Puteaux il y a une vingtaine d’année. Mais moins poilues.

Pourtant en laideur, je m’y connais un peu. Par exemple, Valérie Pécresse est très jolie mais j’aurais du mal à utiliser le même adjectif pour Brice Hortefeux.

J’ai commencé à bosser à Paris le 4 octobre 1987 ce qui ne nous rajeunit pas, surtout moi. A l’époque les colonnes étaient à la mode. Je suis allé les voir. J’ai constaté : elles sont moches. Pourtant, tout petit déjà, j’étais fan de François Mitterrand à un point que j’ai voté Pierre Juquin en 1988 pour faire chier André Lajoinie.

Ainsi, les colonnes de Buren étaient déjà moches en 1987. Je bossais à l’époque dans un cabinet de conseil Rue Marbeuf. Je suis un exemple de régression sociale : je travaille maintenant à Ivry-sur-Seine. Dans la salle de réunion de ce cabinet, il y avait deux grands tableaux, environ 2 mètres sur 2, avec des rayures de 10 centimètres de large. Une orange, une blanche, une orange, une blanche, … J’ai dit à un collègue (à l’époque, j’étais un jeune con, depuis j’ai vieilli) : « C’est moche ». Il m’a répondu : « ta gueule, c’est du Buren ». J’ai dit « Oui, mais c’est moche ». Lui : « oui, mais c’est du Buren, c’est très cher donc c’est très joli ».

Je trouve que ces toiles seraient du meilleur effet dans ma salle de bain où j’ai un magnifique tapis de bain épais orange et un rideau de douche de même couleur.

Buren, c’est cher donc c’est joli. On appelle ça du snobisme. Ces années là, Mitterrand a une mauvaise idée : mettre des colonnes de Buren au Palais Royal.

Alors tous ces débats sur la rénovation des colonnes de Buren, ça me casse les burens.

Détruisons-les. Utilisons-les pour remblayer la Nationale 7. Ou mettons une colonne devant chaque bistro pour y placer un cendrier avant que les trottoirs de la capitale ne ressemblent à un cendrier géant. Ou créons un nouveau port sur la Seine et utilisons les colonnes pour amarrer les bateaux : les burens serviront de bittes.



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