Après avoir exploré la pirouette linguistique pour le mieux vivre ensemble, aujourd'hui nous allons aborder LA question rituelle à banir!
Comme tous les matins de la semaine, vous entrez dans votre open-space et vous balancez à la cantonade bonjour!!! Salutation tout à fait ritualisée parce qu'au fond, il faut être honnête, vous vous en fichez comme de l'an 40 de savoir si les gens vont passer une bonne journée ou non! Toujours est-il que c'est plus facile de dire bonjour à ses collègues voire même à son chef que de dire ouaich ouaich gros (avec une grosse claque dans le dos).
Donc voilà, comme tous les matins vous dites bonjour et ensuite, parfois, lorsque vous passez à la hauteur des autres bureaux, il peut vous échapper cette question piège : ça va?
Bonjour, ça va?
La plupart du temps, personne ne prête attention à la question. Surtout que souvent vos collègues comprennent bien qu'au même titre que vous vous en foutez qu'elles passent une bonne journée, vous vous en foutez qu'elles aillent bien ou non! Car vous n'êtes pas un monstre, la plupart de vos collègues sont comme vous... Puis bon, cette règle n'est pas vraie pour tout le monde, il y a des personnes dont vous vous souciez aussi!
Mais, malheureusement, on à tous un JB dans son bureau qui va répondre : on fait aller ou carrément non (le non cinglant c'est assez rare quand même, JB peut se montrer un peu subtil !)... Donc, après avoir eu cet échange :
- Bonjour, ça va JB?
- (soupir) on fait aller
Trois stratégies s'offrent à vous que l'on classera par ordre croissant de goujaterie :
La première stratégie est de jouer la collègue pleine de compassion. Mais attention, avant de faire cela, il faut que vous soyez conscients des risques. JB peut se lancer dans sa complainte du cors au pied (et franchement, personne ne devrait subir ce genre de conversation), ou bien encore, vous raconter la dernière branlée totalement injuste qu'il s'est prise par le chef, alors que vous, vous savez pertinemment qu'il est tire-au-flanc et incompétent... Donc avant de jouer la première stratégie, il vaut mieux y réfléchir à deux fois. En effet, il faut penser que tout ceci se passe à 8h du matin et que cela peut donc plomber tout le reste de votre journée! Surtout que JB, lorsqu'il parle de cors au pied, il est prolixe... Beaucoup plus que lorsqu'il s'agit de porter et défendre un projet!
La deuxième stratégie consiste à faire la collègue encourageante : allez JB t'es un costaud, ça va aller! Normalement, dans ce genre de cas, JB ne veut pas passer pour un moins que rien donc, généralement, il répond oui oui. A moins que le JB en face de vous soit un coriace (c'est à dire une personne ignorant qu'il ne se cache pas un psy dans chacun de ses collègues) et renchérisse en disant mouais pas sûr. Un conseil, dans ce cas là, fuyez! Vous allez perdre toute votre matinée si vous passez en mode compassion.
Et enfin, la troisième stratégie est de faire la collègue sourde (pour ne pas dire la collègue qui se fout littéralement des cors au pied de JB), et de répondre ah ouais cool, t'as fait couler du café?! Bon, JB risque de vous en vouloir mais la journée passant, il oubliera ou mieux, il aura trouvé une autre victime!
Alors voilà avant de poser LA question piège, il faut avant tout mesurer les risques! Car vous l'aurez compris, si cette question est posée à un JB, un choix cornélien va devoir être fait dès 8h du matin et ça, c'est rude!
Trop de courtoisie tue la courtoisie (et peut vous tuer aussi)!
NB : Et allez voir chez mon amie Parla pour l'idée lecture du week-end : Cinq matins de trop de Kenneth Cook
