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Un parcours (2)

Publié le 27 janvier 2011 par Yann Frat / Un Infirmier Dans La Ville

La suite de mon parcours professionnel, après l'ifsi j'ai enchainé l'école de puériculture, 4 stages plus un:

1- Protection materno infantile ou PMI: (centre municipal de surveillance de l'enfance en bas age)

Alors sachez-le, dans chaque centre de pmi vous avez une puéricultrice à temps plein qui fait les visites de naissances et assiste à toutes les consultations gratuite du médecin (en général les consultations se font d'ailleurs en 2 temps d'abord avec la puer et ensuite avec le médecin)

Premier stage de puer donc en tant qu'objet rare (un homme chez les puer?) mais aussi étrainage d'un nouveau statut: je suis infirmier mais toujours en formation...

Le stage pourtant se passe extrêmement bien  (je m'entends formidablement bien avec mon encadrante qui m'avoue être soulagée de voir un étudiant qui vient là vraiment pour bosser et pas faire étalage de sa vie privée...) même si je me rends compte assez vite que franchement je manque de connaissances techniques (surtout face à des mères dont les questions et les angoisses sont ultra précises et très techniques là ou moins je n'ai que la théorie). Très belle rencontre aussi avec les équipes d'éducateurs présent dans le même centre (et avec qui, pour une fois, mon statut de mec est un avantage parce qu'ils se sentent de toute évidence plus à l'aise pour parler avec moi qu'avec une fan d'Annes Geddes) et trés belle rencontre avec un psychiatre qui analysait la salle d'attente et m'apprend à vraiment "regarder" les enfants sans absolument rien faire, Déroutant mais passionnant.

2- Urgences pédiatriques de l'hôpital des enfants (urgences dédiées aux enfants de 0 à 15 ans)

Le bonheur total, la révélation... Pour la première et seule fois de ma vie étudiante je fusionne complètement avec un service, de suite je suis à l'aise, passionné, autonome, je prends des initiatives... Même si je manque de confiance en moi et de technique (pour poser des voies veineuse sur les nourrissons) mais l'équipe me pousse et m'encourage... LE stage de rêve...

A la fin la surveillante me dit d'ailleurs à demi-mots que si je veux, après mon diplôme de puer, elle sera ravie de me prendre dans l'équipe. Je suis sur un petit nuage.

3- Crèche (ben toujours une crèche quoi)

Je retourne en crèche presque en courant et c'est à nouveau le flash... Toujours le bonheur à quatre pattes avec les petits bouts. Cerise sur le gâteau, comme je suis en puer maintenant la puéricultrice (qui est la directrice de la crèche) me montre tous les aspects de son boulot et je rencontre les parents, je fais les menus, j'apprends a coacher une équipe, à me positionner, à m'exprimer en tant que puer... la directrice me fait vraiment confiance (ce qui apparemment est totalement exceptionnel mais il faut savoir qu'elle avait un fils de mon age et que donc, bon) (sinon je crois aussi qu'elle a bien aimé mon approche des gosses et ma façon de voir quand même) et je deviens le temps de mon stage vraiment le numéro 2 de la crèche... Sachant qu'à l'école tout se passe pour le mieux aussi avec les enseignantes qui me traitent enfin en adulte, malgré mes collègues de promo et le fait qu'on ne se comprends absolument pas,  je crois que je ne touche plus le sol...

4- Neo natalogie (service des prématurés)

J'ai déjà parlé de ce stage et je ne vais pas recommencer mais c'est dur, très dur. Le pire étant que pour la première fois ce n'est pas l'équipe ou l'encadrement avec qui ça se passe mal mais vraiment les gosses, les patients. Je ne supporte pas cette spécialité qui remue des choses trop lourdes en moi et je suis carrément en souffrance. Tout seul comme un con.

5- Service de Médecine à l'hôpital des enfants

Comme mon stage d'étudiant infirmier c'était très bien passé dans le service juste à coté et jumeaux de celui-ci, j'aborde ce stage de façon passablement désinvolte... Erreur fatale.

Tout d'abord l'équipe n'est pas la même, mon statut n'est pas le même et puis la neo nat a laissé des traces et puis la perspective de l'examen pratique dans ce service me paralyse... A l'arrivée je n'arrive donc jamais à prendre pied dans ce service et bien sur mon évaluation pratique de diplôme est un carnage et je suis bien evidemment collé au diplôme.

6- Service de médecine cardiologique au CHU

Après l'humiliation de la proclamation des résultats au diplôme (ou toutes ces connes le monde pratiquement est reçu sauf moi...) (mais heureusement je n'y assiste pas...) on me propose un stage de rattrapage pour passer à nouveau mon épreuve pratique ce que j'accepte.

Sauf que le cœur n'y est plus du tout, l'échec à cette épreuve a été la couleuvre de trop à avaler pour moi, l'humiliation qui fait déborder le vase et je n'en peut plus de ce statut d'étudiant, de toutes ces connes qui essuient leur ego sur vous (j'ai un léger contentieux avec les deux personnes qui m'ont laminé au diplôme, sachant que ma note avait fait le tour de l'hôpital avant même que je ne sorte du service ce jour là)... La néo nat m'obsède toujours, je ne suis pas au top et j'y crois plus du tout, pire je crois que je n'ai strictement plus rien à faire du diplôme, trop c'est trop, puisque vous ne voulez pas de moi allez tous vous faire foutre.

Évidemment ce stage se passe très moyennement... Pourtant l'équipe est plus que sympa et me soutient sincèrement je crois, mais le jour de l'épreuve je n'y suis pas et le jury cherche volontairement à m'enfoncer, se permettant de me hurler dessus et de changer mes soins, bref cherche à me faire chier (ou réagir?) et je laisse tout tomber. Je m'enferme en moi et j'attends que l'orage passe. Évidemment je me plante (avec une note encore pire que la première) alors le jour même je prends mes affaires, je vide mon placard, je dis à peine au revoir à l'équipe (la surveillante me dit à demain et je lui ris au nez "non mais pourquoi faire? vous croyez que je vais revenir?"), je passe à l'école donner mon évaluation catastrophique, la directrice de l'école me regarde bien embêtée et me dit que de toutes façons "je peux redoubler" alors là aussi je lui rit au nez je me lève, je sors de l'école et je monte dans ma voiture.

Fin des années d'études.


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