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La position du chef de projet

Publié le 01 février 2011 par Pbmv
Les quiches,
Non, il ne s’agit pas d’une nouvelle position compliquée où tu ne sais plus à qui est cette jambe et à qui est ce bras. Esprit mal placé, va.
La position du chef de projet, que je pratique depuis presque trois mois maintenant, c’est un peu la saucisse du hot dog. Le client d’un côté, le troudoucteur de l’autre, et spluich le ketchup.
- Quand tu es troudoucteur et que tu penses devenir chef de projet, c’est un peu comme si tu passais du côté obscur de la force. « Quoi, tu vas t’occuper du client ? », « Quoi, tu ne vas plus traduire ? », « Quoi, tu vas encore serrer les prix ? ».
- Quand tu es chef de projet en agence de traduction, c’est double gros mot.
Chef de projet = secrétaire cochonne prête à satisfaire toutes les exigences du client (j’avoue que mes lunettes n’aident pas).
Agence de traduction = entreprise vendue au grand capitalisme et prête à tout pour assécher le traducteur jusqu’à la moelle avec des prix plus que bas et des délais plus que raccourcis.
- Quand tu es chef de projet et que le traducteur a un travail en retard, il t’envoie un mail pour te dire « au fait, je ne pourrai pas livrer aujourd’hui, donc je te livre demain ». Tss tss, minute Jean-Pierre, t’as pas compris comment fonctionnait la chaîne alimentaire ici. C’est moi le donneur d’ordres. Et dans « donneur » « d’ordres », il y a deux fois l’idée que c’est moi qui commande. COMPRIS ?
Et puis il y a le client, qui est soit gentil mais relou, soit con et relou, mais toujours relou :
- il croit que le chef de projet est une secrétaire à voix sensuelle dont le rôle se résume à appeler un vague traducteur pour lui filer un texte horrible à traduire en deux jours.
- il croit que la traduction se résume à appuyer sur un bouton pour lancer la traduction ; un genre de Google Translate développé par nos soins en un peu mieux. Qu’il soit rassuré : quand il demande une traduction en chinois, le texte est envoyé en Chine et traduit par un chinois. On voit bien que c’est pas lui qui doit appeler Suzi Wan !
- il redit quatre fois au téléphone « nous arrivons en fin de processus et devons faire traduire cette plaquette pour la semaine dernière et j’ai mon N+1 sur le dos, donnez-moi votre meilleur délai ». Puis, au moment de valider le devis : « nous attendons vos traductions dans les meilleurs délais ». Mais si on te dit « deux jours », c’est deux jours, et tu vas arrêter de me scier les ovaires avec ton histoire de MEILLEUR DÉLAI.
Non, mais en vrai, être chef de projet en troudouction, c’est que du bonheur. Il faut juste penser à toujours avoir sous la main : un balle anti-stress, un bon déodorant pour les coups de chauffe (généralement compris entre 9h, juste avant que le bureau japonais ne ferme et 19h, à la fin de journée du bureau brésilien), un téléphone qui claque bien quand on raccroche rageusement, une boîte à insultes pour pouvoir piocher quand on est à cours d’idées, et en avant Guimgamp.

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