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Nicolas Dupont-Aignan veut faire régner la discipline à l’école

Publié le 04 février 2011 par Veille-Education

La pensée unique nous explique que “l’école est en échec parce qu’elle n’a pas su se réformer”. Je prétends au contraire que c’est l’inverse : depuis trente ans, l’école a subi d’innombrables réformes. D’une cohérence redoutable, elles ont méthodiquement transformé l’école de la République en une école “Mai 68”.
L’“enfant roi” y a sapé l’autorité du maître, l’utopie pédagogiste s’est substituée au savoir et le mérite par l’effort a sombré dans un laxisme compassionnel.
“Les professeurs sont des conservateurs” : j’ose dire que c’est faux. Les enseignants ne font qu’appliquer des réformes stupides, et ils tentent d’ailleurs bien souvent d’en limiter les dégâts comme ils le peuvent. De plus en plus souvent, ils se font taper sur les doigts par des inspecteurs qui leur reprochent d’en demander un peu trop aux élèves. “Le redoublement – néfaste – devrait être sup­primé” : en vérité, le redoublement a déjà quasi disparu. Avec des passages en classe supérieure automatiques, c’est la valeur du diplôme et l’élève lui-même qui sont au bout du compte dévalorisés.
“Le bac devrait être transformé en contrôle continu” : c’est à mon avis une fausse bonne solution. Il suffit de dresser le bilan du brevet – désormais accordé en grande partie par contrôle continu – pour constater l’ampleur de son discrédit. En réalité, la multiplication des matières secondaires généreusement notées dope artificiellement les résultats et pervertit les diplômes.
“Le collège unique est la garantie de l’égalité” : c’est tout le contraire ! Le collège unique, c’est l’uniformisation par le bas, la dévalorisation des filières professionnelles et le mépris pour le travail manuel. “Mieux vaut la prévention que la discipline” : l’école de la Répu­blique, c’est l’école du mérite – certes –, mais l’école, ça se mérite aussi. Il ne faut pas donner aux agitateurs le pouvoir de nuire aux élèves méritants.
Or, tout le monde sait que, dans certaines écoles, les bons élèves font en sorte de ne pas obtenir de trop bonnes notes, craignant devenir les souffre-douleur de caïds en herbe. Dans les quartiers difficiles, l’envoi de ces bons élèves vers des internats d’excellence est à ce titre un scandaleux aveu d’échec du gouvernement. Je revendique par conséquent l’inverse : c’est aux petits caïds de quitter leur école et non aux bons élèves ! L’Éducation nationale doit sérieusement envisager de déléguer les perturbateurs graves à des écoles à l’encadrement militaire.
“L’école est mise en danger par la restriction des effectifs d’enseignants” : tout n’est pas question de moyens. Il est grand temps que la gauche cesse de se retrancher sur la question des moyens pour masquer ses errements. Quant à Nicolas Sarkozy, il n’a pas mené les ruptures qu’il avait promises, et ce n’est pas la réduction des effectifs jusqu’à un stade critique qui pourra l’y aider. “Il faut plus d’autonomie pour les établissements” : les proviseurs, confrontés avec l’autonomie à des questions ingérables, choisiraient à coup sûr d’alléger un peu plus les exigences pour réduire les tensions.
Dès lors, que faire pour rendre à l’école son caractère sacré et sa capacité à égaliser les chances ? En fait, la réponse n’est ni compliquée, ni coûteuse : révolutionnons d’abord l’idéologie qui la gouverne ! Ren­dons-lui son caractère ultrarépublicain ! Inventons l’école du XXIe siècle, inspirée des principes qui lui ont tant réussi par le passé.
Pour ma part, je proposerai en 2012 aux Français un projet énergique pour que l’école revienne rapidement à l’excellence. Je veux d’abord restaurer l’autorité du maître sur sa classe et rétablir une discipline exigeante et émancipatrice. Ses décisions souveraines seront soutenues par sa hiérarchie face aux familles. Je veux proposer aux établissements qui le souhaitent le retour à l’uniforme pour favoriser l’intérêt général face à l’intérêt individuel et favoriser l’intégration des plus modestes. Je veux qu’on révoque les proviseurs qui ne font pas régner l’ordre dans leur établissement. Ils devront respecter une charte nationale de sanctions minimales, parce que l’école doit redevenir impérativement sereine.
Je veux rendre au bac ses lettres de noblesse en écartant les matières exotiques et en imposant des notes éliminatoires aux épreuves majeures. Je veux que le redoublement devienne la règle dès lors que le niveau est insuffisant. Il doit être à la fois une sanction méritée et une deuxième chance offerte à l’élève.
Je veux rompre avec le collège unique pour que chaque élève puisse cultiver ses points forts dans une spécialité choisie au lieu de pratiquer l’acharnement thérapeutique dans une filière générale. Enfin, je veux nettoyer le corps des inspecteurs pédagogiques et la haute administration de la gangrène idéologique qui pourrit de l’intérieur le ministère de l’Éducation nationale. Ainsi pourra-t-on revenir à des programmes scolaires sérieux et à une pédagogie qui privilégie le savoir, notamment par une meilleure formation des maîtres et des professeurs.
En pratique, sauver l’école du naufrage n’est donc pas si difficile. C’est une question de reprise en main de la Rue de Grenelle et de son idéologie soixante-huitarde. En fait, une question de volonté politique. Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne, président de Debout la République
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