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Edouard Glissant, in memoriam.

Publié le 04 février 2011 par Ep2c @jeanclp

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« Quand les hommes sont morts, ils entrent dans l'histoire. Quand les statues sont mortes, elles entrent dans l'art. Cette botanique de la mort, c'est ce que nous appelons la culture. »

Pour approfondir la mise en question de  ce que nous appelons la culture ,

pour réveiller la mémoire des tensions, des débats, des conflits, des censures qui ont précédé la banalisation de la bonne volonté culturelle,

pour remettre en cause les consensus qui menacent d’anesthésier la vigilance politique des plus cultivés...

Retour au début des années 50…

Edouard Glissant est à Paris, où il étudie la philosophie à la Sorbonne et l'ethnologie au Musée de l'Homme.

C'est l'époque des premières publications poétiques, idéologiques et engagées : Un champ d'îles (1953) précède La terre inquiète (1954). Mais c'est le roman La Lézarde (1958), qui permet au jeune écrivain de remporter le prix Renaudot et le propulse sur le devant de la scène littéraire.

1953, c’est aussi la « sortie » du film d’Alain Resnais et Chris Marker : Les Statues meurent aussi.

 

« On nous avait commandé un film sur l’art nègre. Chris Marker et moi sommes partis de cette question : pourquoi l’art nègre se trouve-t-il au Musée de l’Homme, alors que l’art grec ou égyptien est au Louvre ?  »

Alain Resnais

A travers l’art africain et plus spécialement les statues et les masques nègres, Alain Resnais filme une virulente diatribe contre les insoupçonnables méfaits du colonialisme des créations authentiques, liées à la spécificité de la culture panthéiste et magique de ces régions pour la remplacer, petit à petit, par une activité artistique commerciale mercantile et de série…

Le film a fait l'objet d'une interdiction en France durant huit ans.

« Quant à eux, ils savaient tout ce qui se passait en Afrique et nous étions même très gentils de ne pas avoir évoqué les villages brûlés, les choses comme ça ; ils étaient tout à fait d'accord avec le sens du film, seulement (c'est là où ça devient intéressant), ces choses-là, on pouvait les dire dans une revue ou un quotidien, mais au cinéma, bien que les faits soient exacts, on n'avait pas le droit de le faire. Ils appelaient ça du "viol de foule". L'interdiction eut des conséquences très graves pour le producteur. Quant à nous - est-ce un hasard ? - ni Chris Marker ni moi ne reçûmes de propositions de travail pendant trois ans. »

Alain Resnais

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