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Sarkolere sur laquelle atterrit la fronde...

Publié le 05 février 2011 par Fabianus
SARKOLERE SUR LAQUELLE ATTERRIT LA FRONDE...

Lors d'un déplacement à Orléans, Nicolas Sarkozy a déclaré que les "dysfonctionnements graves" des services de police et de justice qui ont facilité la remise en liberté du principal suspect du meurtre de la jeune Laëtitia à Pornic (Loire-Atlantique) seraient sanctionnés :

- Quand on laisse sortir de prison un individu comme le présumé coupable sans s'assurer qu'il sera suivi par un conseiller d'insertion, c'est une faute. Ceux qui ont couvert ou laissé faire cette faute seront sanctionnés, a-t-il ajouté.

- Tout le monde sait que ce n'est pas une faute qui a été commise, a fait remarquer Matthieu Bonduelle, le secrétaire général du Syndicat de la Magistrature qui sortait de sa conserve. Des choix ont été faits et validés par la hiérarchie (...), il n'y avait pas les moyens de faire mieux !

- Si on est dans la recherche de boucs émissaires, on ne peut plus travailler, a renchéri Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire). De plus je déplore que le chef de l'État ait utilisé l'expression "présumé coupable" !

Oh, pas d’étonnement, cher Régnard. Ne jouons pas les vierges effarouchées. Le petit Nico est coutumier du fait.

N’avait-il pas parlé de « coupables » de l’affaire Clearstream lors d’un mémorable interview (voir un de mes articles précédents) devant Pujadas et Ferrari ?

Bien avant, Ministre de l’Intérieur, il avait traité Yvan Colonna « d’assassin » le jour de son arrestation !!


Cela dit, le meurtre récent de Laëtitia Perrais a marqué, ici, une nouvelle surenchère d’un populisme bon teint ancré sur la peur et l’incapacité de la justice à nous rendre le pays en parfaite sécurité ! Mais que font les magistrats avec les moyens dont ils disposent ?

Ces derniers, outrés, vexés, indignés, le moral dans les baskets, ont aigrement mis en cause l’exécutif. A Nantes, les juges principalement visés dans cette affaire, ont décidé une grève des audiences. Et leur action protestataire menace de s’étendre sur tout l’hexagone.

Mr X voulait divorcer de Mme Y (je ne veux pas citer de noms, vous comprendrez que je respecte la confidentialité..). Cela fait deux ans que l’affaire traîne ! Il peut désormais rajouter une louche de 18 mois pour que le Tribunal de Grande Instance se prononce définitivement !!

Il en sera ainsi pour d’autres litiges en attente, voire sous le boisseau…

Si certaines contraventions pouvaient être égarées dans ce grand mouvement de résistance judiciaire…

La moralité de cette histoire est la suivante :

- Les agences de notation nous regardent du haut de leur posture péremptoire. Elles attribuent aux pays des notes de bon payeur ou les disqualifient durablement.

- Pour être bon payeur il faut rassurer les marchés financiers prêteurs en réduisant le train de vie !

- La principale variable d'ajustement pour réduire le train de vie reste la diminution des dépenses publiques. L’augmentation des impôts demeure une soupe à la grimace pour nombre de pays.

- La restriction budgétaire vise, curieusement, des postes clés comme l’Enseignement, la Justice, la Santé, le traitement social du chômage…

- Elle porte sur la réduction des effectifs ou, pour parler politiquement correct, sur le non renouvellement d’un poste sur deux des fonctionnaires partant à la retraite !

Moins d’effectifs, peu de moyens, davantage de dossiers à traiter. Tous les ingrédients sont réunis pour une bonne recette de bouillon insipide qu’on laisse mijoter dans une cocotte-minute.

Jusqu’au jour où la cocotte-minute explose !!
Cot, cot, cot, plus minute, crie le coq ! Ça n’a que trop duré !!


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