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« La France qui se lève tôt » à la diète salariale

Publié le 07 février 2011 par Letombe

« La France qui se lève tôt » à la diète salariale 

Jamais depuis dix ans la progression des salaires n’a été aussi faible. En 2010, le salaire mensuel de base a augmenté en moyenne de 1,8 %, mais, compte tenu de l’inflation, la hausse du salaire réel n’a été que de 0,3 %. Entre 2005 et 2008, les salaires se sont bien tenus : de + 2,5 % à + 3 %. Et, en 2009, au début de la crise, les salaires avaient encore bien résisté : + 2,1 % en termes réels.

« La France qui se lève tôt », selon la formule de Nicolas Sarkozy, est donc à la diète, et les classes moyennes, au coeur de son électorat, déjà soumises à une hausse continue des dépenses incompressibles (logement, alimentation), subissent de plein fouet cette rigueur. Ce coup de frein salarial a des raisons évidentes : la hausse continue du chômage incite les entreprises à la modération. La course à la compétitivité, engendrée par la mondialisation et la concurrence des pays émergents, oblige à tenir les coûts.

La France connaît une évolution inverse de celle de l’Allemagne. Outre-Rhin, où la croissance est dopée par les exportations, la modération salariale s’est imposée à partir de 2001, avec parfois des baisses de rémunération. Mais, depuis 2006, les salaires sont repartis à la hausse. Quand la croissance a redémarré, les syndicats ont réclamé les dividendes d’une rigueur qu’ils avaient consentie. En 2010, la hausse des salaires réels a ainsi été de 1,4 %.

A quinze mois de l’élection présidentielle, cette diète salariale est une mauvaise nouvelle pour M. Sarkozy. Le 22 juin 2006, à Agen, le candidat s’était prononcé pour « une augmentation du pouvoir d’achat de ceux qui travaillent ». Estimant le travail pas assez récompensé, le pouvoir d’achat trop faible, les salaires trop bas et les charges trop lourdes, il avait ajouté, avec énergie : « Je veux que les Français gagnent plus. Je veux être le président de l’augmentation du pouvoir d’achat. »
Le président du « travailler plus pour gagner plus » pourra toujours, comme il le fait en détricotant son bouclier fiscal, imputer la diète salariale actuelle à la crise. Mais ses effets sont redoutables, car elle risque de peser sur la consommation des ménages, seul moteur actif de la croissance française. Selon le baromètre Viavoice de janvier pour Les Echos et France Info, 42 % des Français de 18 ans et plus s’attendent à une baisse de leur pouvoir d’achat cette année. La reprise de l’inflation, due à l’envolée des matières premières, ne laisse espérer aucune amélioration du pouvoir d’achat.

Ce résultat montre aussi que le partage de la valeur ajoutée, que Nicolas Sarkozy voulait corriger en faveur des salaires, profite toujours largement au capital. Alors que les très hauts revenus et les rémunérations des dirigeants d’entreprise ne cessent, malgré la crise, de s’envoler de record en record, les inégalités se creusent et le sentiment d’injustice s’accroît.

La proximité de l’élection présidentielle rend peu probable une fièvre sociale. Le sujet sera au coeur de la campagne, mais les Français, selon les sondages, ne font confiance ni à la droite ni à la gauche. La diète salariale nourrit la défiance.

Le Monde.fr

Merci à Section du Parti socialiste de l'île de ré

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