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Euthanasie : Pourquoi risquer l’échec ?

Publié le 13 février 2011 par Groupecharon
Dans l’entreprise à laquelle le Groupe Charon se consacre de préparer les outils, les structures, et les procédures indispensables à la mise en œuvre rapide d’un futur droit à une forme d’euthanasie ou d’assistance médicalisée à mourir, dès qu’une législation l’autorisant aura été adoptée en France, il est indispensable d’examiner et de sélectionner les techniques exécutoires les mieux à même de répondre à leur objectif.
Les techniques d’euthanasie humaine, bien que difficiles à recenser précisément, s’inspirent plus ou moins des techniques vétérinaires modernes où se conjuguent souci d’efficacité, vitesse d’effet, confort du sujet, et protection de l’opérateur.
L’art vétérinaire distingue des techniques chimiques lorsque la dépouille du sujet n’est pas destinée à la consommation humaine, et des moyens physiques lorsque la dépouille est destinée à l’alimentation. Les techniques humaines n’ont que rarement à se préoccuper de cette seconde situation, et elles tendent aujourd’hui de fait à privilégier des moyens chimiques.
La technique d’euthanasie humaine la plus documentée repose ainsi sur l’administration successive, et dans cet ordre, de trois substances : Thiopental sodique, barbiturique d’action rapide, pour la perte de conscience, puis Curare ou dérivé pour l’arrêt respiratoire, puis Chlorure de Potassium pour l’arrêt cardiaque. Les doses préconisées vont de une à plusieurs dizaines de fois les posologies employées en pratique médicale humaine. Il est intéressant de constater que les doses préconisées sont les plus fortes lorsque l’acte euthanasique tient lieu de peine capitale dans un cadre judiciaire, comme aux USA, que lorsque le geste est à destination compassionnelle, comme dans certains pays d’Europe.
Il existe néanmoins des exceptions, tenant semble-t-il essentiellement à des situations de difficulté d’approvisionnement en substances létales préconisées, par exemple lorsque la législation est trop restrictive, avec des propositions de méthodes parallèles, par exemple par inhalation de gaz non médicaux tel que l’Hélium.
Il est à noter que cette tendance vers les techniques chimiques est relativement récente dans l’histoire. Les chroniques policières et judiciaires fourmillent en effet des descriptions de méthodes de mise à mort les plus diverses, et ce sous toutes les latitudes occupées par l’homme et à toutes les époques de son histoire.
Dans le cas de l’euthanasie compassionnelle, par autrui ou par suicide assisté, il est communément admis que les objectifs doivent viser souci d’efficacité, vitesse d’effet, et confort du sujet. A ce propos, il est cependant intéressant de comparer ces objectifs affichés aux modes de suicide réels lorsqu’ils sont choisis et pratiqués par le sujet, et de constater que leur diversité ne correspond qu’en partie à ces objectifs. Même si une étude plus détaillée serait indispensable à l’interprétation de ce phénomène, un premier constat est que la modalité euthanasique dans un cadre compassionnel, dans plus grand respect de la volonté du sujet et du principe d’autonomie, se devrait idéalement de lui offrir un choix répondant le mieux à ses attentes parmi un panel de procédures. Cette possibilité n’exclut évidemment pas l’existence d’une procédure de base répondant aux trois objectifs d’efficacité, de vitesse et de confort, et disponible en cas d’absence de choix procédural de la part du sujet.
En première analyse, la technique chimique intra-veineuse par triple injection (Thiopental sodique, Curare, Chlorure de Potassium) semble la plus communément admise. Néanmoins, elle ne répond qu’imparfaitement à l’exigence d’efficacité, comme ont pu le montrer certains échecs d’exécution de peine capitale par cette méthode aux USA. Les échecs documentés ont alors pu tenir soit à des difficultés d’accès intra-veineux chez des sujets au capital veineux très altéré, soit à des résistances aux produits eux-mêmes. Cette éventualité démontre à elle seule la nécessité de disposer d’une technique de secours en cas d’échec de la procédure initiale, et ce indépendamment du souci du choix du sujet dans le cas d’une indication compassionnelle.
En dernière analyse, seules des techniques physiques rendant le corps inapte à la survie (par décapitation par exemple) s’avèrent répondre parfaitement à l’exigence d’efficacité et doivent dès lors pouvoir être immédiatement disponibles en relais ultime en cas d’échec des procédures engagées.
Ainsi, dans un domaine, celui des indications compassionnelles, où l’échec ne peut absolument être une éventualité envisageable, il est indispensable de penser et de construire les protocoles d’exécution à la fois dans le cadre d’un panel ouvert de procédures offert  au choix du postulant selon sa sensibilité et ses objectifs propres, mais également comme une série de relais coordonnés visant à prévenir tout risque d’échec (par exemple : procédure de triple injection intraveineuse, relayée par procédure d’injection sous-cutanée en cas d’échec, relayée par anesthésie au masque et décapitation sous anesthésie en cas d’échec).
Ce n’est qu’au prix d’une réflexion approfondie sur ces différents aspects que le Groupe Charon pourra à terme, mais dès l’entrée en vigueur d’une législation les autorisant, proposer des prestations de qualité irréprochable.

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