Japon, chronique d’un déclin annoncé.

Publié le 15 février 2011 par Edelit @TransacEDHEC

Une page se tourne. En effet, le gouvernement nippon a publié hier les statistiques officiels concernant les différents PIB du monde. Et les résultats confirment, ce que chacun attendait : la Chine a dépassé le Japon en terme de PIB ( 5878 milliards de dollars pour la Chine contre 5474 milliards pour le Japon). Ainsi pour la première fois depuis 1968, l’archipel du Soleil Levant a reconnu ne pas être la deuxième puissance économique du monde. Retour sur les raisons de ce déclin.

Une croissance en berne depuis près de 15 ans.

Le Japon a connu des périodes de croissance spectaculaire après la Seconde Guerre mondiale (avec parfois des taux de croissance supérieur à 10% par an). Pourtant depuis 1997 et la fameuse crise asiatique, le Japon a perdu la recette de la croissance. En effet depuis cette date la croissance réelle n’a jamais dépassé les 2% annuel. Les différents gouvernements ont entrepris des grands projets de relance, en vain. La consommation intérieure stagne: le marché nippon semble saturé. Cependant un début de reprise se fait sentir à partir de 2005 grâce au décollage économique chinois, qui devient le premier importateur de produits japonais. Mais la crise économique mondiale de 2008 va faire, de nouveau, s’effondrer un pays extrêmement dépendant de ses exportations. De plus la flambée du yen qui est à son plus haut niveau depuis 15 ans par rapport à l’euro et au dollar, pénalise fortement les exportations nippones. Bref, le pays est loin de connaître une « croissance tranquille »

L’endettement et la déflation, la double menace

Du fait des nombreux (bien qu’infructueux) plans de relance, le taux d’endettement du Japon est le plus élevé parmi les pays riches. Il approche aujourd’hui 200% du PIB, un taux spectaculairement haut et qui inquiète les différentes agences de notation : récemment Standard&Poors a dégradé la notation à long terme du Japon (la note passant à AA-). C’est pourquoi le gouvernement nippon tente de se serrer la ceinture, notamment en supprimant certaines aides (soutien à l’achat de voitures écologiques par exemple).

Ce programme de rigueur fait rejaillir le spectre de la déflation. Entre 1998 et 2006, le Japon a connu des années de déflation dévastatrice. En 2006, le gouvernement nippon a annoncé en grande pompe avoir « vaincu la déflation », grâce à un retour de la consommation intérieure dû aux différentes incitations économiques. Et en 2011? On a de quoi s’inquiéter puisqu’au 4ème trimestre les prix ont chuté d’environ 0,5% (même si sur un rythme annuel, l’inflation est positive). Alors entre dette et inflation, un dilemme insoluble?