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Malheur à celui qui achève son enfant

Publié le 18 février 2011 par Gregorykudish
Mon indignation était grande et presque intolérable lorsque j’ai constaté, le soir du 17 février, que le débat autour de l’affaire Latimer commençait à émousser une certaine compassion envers un criminel des plus infâmes.
Robert Latimer a été condamné pour meurtre au second degré en 1993 pour avoir tué sa fille Tracy en l’asphyxiant au monoxyde de carbone. L’histoire de Tracy est certes l’une des plus tristes que le Canada a connues au cours des vingt dernières années. La vie de Tracy se résume, selon plusieurs, à une série d’interventions médicales douloureuses sans fin, dont le but était de garder un pauvre être humain en vie malgré toutes les souffrances qu’il avait à endurer. Atteinte d’une maladie neurologique incurable la rendant quadraplégique de naissance, Tracy ne pouvait que se servir d’expressions faciales (rire, tristesse…) pour communiquer avec ses parents. Ne pouvant continuer à vivre avec tous les supplices que devait traverser sa fille, Robert Latimer décide, le 24 octobre 1993, de mettre fin aux jours de Tracy. 18  ans plus tard, la Commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC) prend la décision de libérer Robert Latimer. Suite à ce verdict de la CNLC, de nombreux groupes sociaux soulignent le progrès de la société canadienne en matière de droit à mourir dans la dignité. En outre, l’avocate générale pour l’Association canadienne des libertés civiles, Nathalie Des Rosiers, affirme qu’il est «évident que M. Latimer n’est pas dangereux pour la société canadienne». Pourtant, toutes les raisons sont bonnes pour penser le contraire. Robert Latimer doit continuer d’être perçu comme un criminel des plus dangereux pour plus d’une raison.
1.   Robert Latimer a décidé, le 24 octobre 1993, de mettre fin à la vie d’un être humain. Ce geste a tous les critères d’immoralité. Premièrement, personne, au Canada, n’a le droit de se substituer aux lois. La loi dit que tous les individus ont le droit à la vie, et que ce droit est inaliénable. Personne n’a donc le droit de juger de la vie ou de la mort d’un autre. À ce principe, Robert Latimer riposte en dénonçant l’immoralité des décisions des tribunaux. En effet, dans son entrevue accordée à l’émission 24 heures en 60 minutes, il traite les juges de «bouchers sadiques», qui n’ont jamais daigné prendre en considération les souffrances de Tracy. Pour sa part, Robert Latimer croit que la mort était le seul remède possible pour Tracy. Ce jugement n’est que pur sophisme irrévérencieux, preuve indubitable du faible sens de raisonnement moral de M. Latimer.
2.   Le faible jugement moral de Robert Latimer est d’une évidence à sauter aux yeux. Lors de son entretien avec la journaliste Anne-Marie Dussault, son immoralité abracadabrante est sortie de sa bouche par les mots suivants : «C’était un soulagement que de ne plus la voir souffrir.». Qui plus est, Latimer a osé ajouter que, en dépit des quelques moments heureux qu’avait connus Tracy au cours de sa vie, sa fille devait connaître la mort pour abroger ses souffrances. Ces allocutions de M. Latimer sont la preuve de l’expression d’un néonazisme que certains acteurs sociaux essaient de voiler en avançant l’argument d’un soi-disant «acte d’amour» de la part de ce cher Robert. Or, l’amour pour son enfant se doit de rester inconditionnel. Par ailleurs, l’amour d’un père pour son enfant est contradictoire avec l’idée de vouloir délivrer la mort à son enfant. Aimer, c’est aimer et souffrir. Aimer, c’est accepter de prendre soin de l’autre, indépendamment des souffrances dans lesquelles cet amour peut nous conduire. De son côté, Robert Latimer, pour avoir jugé du bien-être de sa fille en se basant sur l’état de la condition physique de celle-ci, a fait preuve d’un amour perfide envers Tracy. En mettant un terme à la vie de sa fille sous prétexte que ce geste allait redonner la dignité à Tracy, Robert Latimer n’a fait que saluer les gestes d’Adolf Hitler qui, dans une lettre datant du 1er octobre 1939, ordonne aux médecins d’accorder une mort miséricordieuse aux handicapés dont la condition est jugée incurable.
3.   Il n’y a de la vie que la vie et seule la vie doit servir de remède aux maux de la vie. Quant à elle, la mort s’oppose à la vie. La mort est néant, la vie est le réel. La mort doit être vue comme absente de la vie, et en aucun cas ne doit-on envisager la mort comme une solution à un problème de la vie. Tracy, malgré sa condition physique lamentable, aimait la vie. La preuve : il lui arrivait souvent de rire. Et quel autre signe n’est-il plus révélateur de la joie de vivre que le rire? En achevant les maux physiques de Tracy en la faisant suffoquer au monoxyde de carbone dans sa fourgonnette, Robert Latimer ne l’a pas rendue heureuse dans les dernières secondes de sa vie. Tracy a été assassinée dans une chambre à gaz, paralysée, incapable d’appeler au secours, par un père odieux qui a cru faire le bien par le jugement qu’il a porté au côté extérieur de sa fille; son handicap physique.

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LES COMMENTAIRES (1)

Par François Morin
posté le 02 novembre à 02:04
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Oups! Désolé pour les quelques coquilles et fautes d'ortographes, je viens de me relire. Mais je pense que ce que j'ai écrit est lisible et compréhensible.

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