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Coup de ciseaux

Publié le 19 février 2011 par Alteroueb

Sur le chemin du boulot ou aucun centimètre carré de trottoir ne m’est inconnu, je me dépêchais pour me mettre à l’abri de la bise matinale quand j’ai été tiré de ma torpeur par un fracas soudain, mais pas inhabituel. Deux véhicules venaient de froisser un peu de tôle sur un axe majeur de la métropole lyonnaise. En somme, rien que du parfaitement ordinaire et insignifiant, d’autant plus qu’il n’y avait aucune blessure à déplorer.

Mais les choses ont rapidement évolué, et l’histoire, de mon point de vue, est devenue rapidement intéressante. Un des automobilistes a surgi de son véhicule et s’en est pris avec une rare véhémence à son camarade d’infortune, l’inondant d’insultes à la mode sans aucune autre forme de procès. La scène était un brin cocasse. Après s’être comporté sur la route en irresponsable, en prenant des risques au mépris des règles et des autres, le voilà dans un rôle de l’avocat général, vociférant, l’œil féroce, le poing vengeur, accusant la victime de tous les maux…

C’est une bien curieuse réaction, mais elle est particulièrement d’actualité. Plutôt que de faire profil bas, et face à l’évidente évidence, de reconnaître ses torts, les auteurs de faits portant préjudice, les fauteurs de troubles ou d’actes malveillants ont une tendance maladive à ne rien reconnaître, à nier farouchement, à faire supporter les responsabilités à autrui…

Coup de ciseaux
Dernière histoire en date, celle d’une patiente d’un établissement financier médical lyonnais particulièrement lucratif. Après six mois de douleurs abdominales, elle a du faire face à la désinvolture d’un chirurgien un rien agacé, refusant de réopérer d’urgence pour retirer une pince chirurgicale de 10 cm malencontreusement oubliée. Un petit mot d’excuse ? Vous n’y pensez pas. En politique, c’est la même chanson. C’est d’ailleurs de là que vient l’exemple. Eric Woerth, le boulot de sa femme, la légion d’honneur, les enveloppes de Mamie Zinzin, l’hippodrome, puis rien. Michèle Alliot-Marie, ses errements diplomatiques, ses devoirs de vacances et ses petites combines familiales, encore rien. Brice Hortefeux, ses condamnations pour propos ouvertement racistes, ses avis sur la justice, toujours rien. Etc, etc… Le vrai, le faux, le manipulé, quitte à menacer au grand jour, à cambrioler, à traiter les journalistes de trotskistes, qu’importe. Ils se moquent ouvertement des conséquences, ils se moquent du monde. En mai et juin 2009, quelques ministres et députés anglais, pris la main dans le sac pour avoir un peu trop abusé de leurs prérogatives, ont démissionné. Pas en France, malgré des faits avérés, incontestables… A l’image de quelques dictateurs, quand on tient le manche, il n’est pas question de le lâcher.

Personne n’y échappe plus, depuis le voleur de mobylettes jusqu’au chef de l’État. Sauf qu’en théorie, quand on est président, on est supposé faire la part des choses, être le garant des institutions. On ne peut clamer l’État de droit et s’affranchir aussi facilement des règles qui le compose, et défendre l’indéfendable, dans et hors de nos frontières. Il ne reste plus que la sanction politique, celle ressortant des urnes, comme un bon coup de ciseaux dans un bien mauvais film. 2012 sera, d’une certaine mesure, le révélateur de l’état de mémoire de l’électorat.

2012, fin du monde, ou début d’une nouvelle amnésie ?


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