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Bahreïn: un casse-tête pour l’Amérique

Publié le 22 février 2011 par Jcharmelot

DUBAI – Le petit royaume de Bahrein, où des manifestations se poursuivent depuis plusieurs jours, a tout du parfait casse-tête pour les Etats-Unis, gardiens de la sécurité du Golfe depuis plus de 30 ans. C’est une monarchie où la famille régnante est au pouvoir depuis deux siècles. Les al-Khalifa, des sunnites, ont consolidé leur pouvoir avec l’appui des Britanniques puis des Etats-Unis, mais la population d’1,2 million d’habitants est en majorité chiite. Depuis la mi-février, des manifestations à Manama exigent la mise en place d’une monarchie constitutionnelle qui donnerait une plus grande représentation à la majorité. Les plus radicaux exigent la fin de la dynastie des al Khalifa, en s’inspirant des révoltes populaires qui ont chassé des autocrates au pouvoir en Tunisie et en Egypte. Mais le problème de Bahrein est plus compliqué qu’une simple révolte de la majorité contre un pouvoir archaïque. Sa population chiite en fait une source d’inquiétude pour le grand voisin saoudien relié à l’île principale de Manama par un pont de 24 km. Riyad voit dans la révolte de l’opposition dominée par les chiites, une tentative de déstabilisation par Téhéran. Et la monarchie saoudienne s’inquiète d’autant plus qu’elle abrite elle-même une forte communauté chiite dans les provinces de l’est du pays, riches en pétrole. Les Etats-Unis ont tenté de rassurer leurs alliés dans le Golfe, en soutenant que rien n’indiquait que Téhéran soit derrière les émeutes de Manama. Des experts soulignent même que la communauté chiite de l’île a plus d’affinités avec les chefs chiites d’Irak qu’avec les mollahs de Téhéran. Pour autant, le président Barack Obama va devoir rapidement zxprimer une position : est-il en faveur d’une réforme politique radicale à Bahrein qui offrirait la possibilité à un système parlemantaire majoritaire de voir le jour, ou va-t-il choisir ce qui, il y a peu encore, aurait été considéré comme de la sagesse: le soutien à un régime qui n’est pas vraiment une dictature, mais loin d’être une démocratie? Un choix que les aspirations des nations arabes, et les encouragements américains rendent difficile. Surtout si ces aspirations risquent de remettre en cause les arrangements de sécurité passés depuis des décennies par Washington. Et notamment la présence à Manama du commandement de la 5ème flotte américaine chargée d’assurer la sécurité des voies pétrolières du Golfe et des eaux de cette mer intérieure que les Iraniens ont toujours considérée comme la leur.


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