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The Wire - s5 e1 - More with less

Publié le 26 janvier 2008 par Vincent Gache
ep1
La phrase: "Plus le mensonge est gros, plus ils y croient" Bunk.
Plus avec moins, c'est le titre de ce premier épisode. Qu'y a t'il en moins?
Le téléspectateur est d'abord convié à se réunir avec la brigade du secteur Ouest. Carver, Sergent, vient diffuser les nouvelles à ses agents. Elles sont mauvaises puisqu'il leurs annonce qu'ils vont devoir se serrer la ceinture: leurs heures supplémentaires vont être ignorées et leurs véhicules non remplacés.
Inévitablement, c'est la grogne. D'autant plus que la situation perdure depuis un bon petit moment et qu'ils aimeraient bien, enfin, être payés correctement. Certains sont au bord de la faillite personnelle et rendent de plus en plus difficile le maintien des troupes par Carver.
Ces problèmes d'accréditations touchent non seulement le secteur Ouest mais également l'ensemble des services de police de la ville. En fait, l'année dernière, nôtre bon maire Carcetti, démocrate, avait refusé les 50 millions proposés par le gouverneur, républicain. Politiquement parlant, c'était un bon coup, puisqu'il prétendait au poste de celui-ci. Mais aujourd'hui, cet argent manque cruellement. D'autant plus que l'éducation engloutie une bonne partie des fonds publiques.
Carcetti décide alors de trouver des sources d'économie dans le fonctionnement de sa police avec l'aide de Burrell et de Rawls. D'où l'annonce des mesures précédemment citées.
En plus de cela, la brigade anti-criminalité qui avait été réhabilitée en fin de saison dernière, se retrouve de nouveau dissoute. Elle coûte cher et n'amène aucun résultat à court terme. De quoi agacer ses membres qui se retrouvent, une fois de plus interrompus dans leur travail et dispachés avec enthousiasme, à l'instar de la joie affiché par McNulty de retrouver Landsman, dans les différents organes de la police.
Nous en sommes aussi passablement agacés. C'est vrai, ça repartait bien avec elle. On la suivait entrain de tenter d'infiltrer le réseau de Marlo. Comme au bon vieux temps avec les Barksdale et Sobotka. Mais, ce démentellement est totalement justifié et naturel à la vue des évènements passés. On accepte.
Tout comme Daniels, à qui le maire avait promis monts et merveilles et qui découvre le véritable sens des promesses de campagne.
Mais Carcetti ne veut pas spécialement cela. Il est le premier à ne pas accepter la situation. Voilà qui entache ses ambitions de candidat et la carte de politicien modèle qu'il a engagé auprès de ses électeurs. C'est sa crédibilité qui est en jeu. Mais c'était sans compter sur la politique et les désirs qu'elle suscite. Il veut être le gouverneur qui, rappelons le, est pour l'instant, républicain. Pas question d'afficher une quelconque dépendance, il lui refuse donc toutes aides.
Il est quand même hallucinant de voir comment The Wire nous démontre la portée et l'impact des ambitions politiques. Ici, tout un service de police est mis en veille, les agents sont sous payés, et ils s'endettent. En conséquence, la rue en profite, la délinquance et les réseaux repartent de plus belles dans leurs trafics et mettent à mal encore plus la ville.
Pas une série ne rivalise avec une telle force de démonstration.
Marlo est donc le nouveau seigneur de la rue et son trafic est bien en place. Il est attiré par les sources de ravitaillements de Proposition Joe et se renseigne sur ses fournisseurs. On voit poindre le bout du nez du Grec. En tout cas, on aperçoit la photo de Sergei, celui que Ziggy appelait tout le temps Boris et homme de main du Grec. C'est Chris qui se rend au palais de Justice pour en savoir plus sur lui. Ce qui donne l'occasion d'une scène absolument culte où Chris, dealer, tueur, bras droit de Marlo, demande son chemin à Ronda et Daniels, respectivement, Avocate d'Etat et Colonel !
Marlo semble donc très intéressé par les affaires de Proposition Joe. Les veut-il à son compte? En tout cas son attitude vis à vis de celui-ci, à la réunion des barons de la drogue de Baltimore et son regard appuyé à Cheese présage un avenir tendu entre ces deux là.
Dans le clan de Marlo nous retrouvons nos gamins de l'année dernière. Michael est monté en grade et dirige des corners. On le voit assez protecteur comme toujours avec Bug son petit frère, mais également avec Duke lorsqu'il se rend compte que la rue n'est pas pour lui et qu'elle pourrait bien lui couter la vie. Michael est à mon avis l'un des personnages les plus à suivre cette saison.
Bubs apparait également. Alors je lis ici et là que sa situation est positive. Et bien je ne suis pas complètement d'accord avec cela. Certes, il s'est sorti de sa misère et de sa dépendance à la drogue. Il a trouvé un lieu pour se loger et un travail.
Mais il ne me semble pas que lui soit vraiment bien avec ça. La preuve à la première image sur lui, où l'on découvre un Bubs sans vie. Sa sœur l'appelle deux fois avant qu'il ne réagisse. Il souffre. Il est dans le noir à méditer profondément. Il dit peu de mots durant cet épisode. Cela tranche d'ailleurs avec sa sœur où on entend au dessus les va et vient, la musique, la vie quoi.
C'est donc un Bubs esseulé et triste que l'on voit.
Son activité est de distribué le journal. Tiens donc, ne serait ce pas le thème annoncé par la série cette année. Il y est bien introduit. On découvre ainsi l'équipe du Baltimore Sun avec en tête le rédacteur en chef Gus, joué à la perfection par Clark Johnson.
Que se passe t'il dans ce journal ?
Je vous le donne dans le mille: des licenciements économiques se profilent.
C'est d'ailleurs l'objet de la première discussion à la pose cigarette de ces employés. Qui va sauter?
Ce qui est remarquable, c'est que le journal se retrouve dans la même situation que la police. Le manque de moyen le compromet sérieusement dans sa tâche et celle des journalistes. Une situation parallèle qui est d'ailleurs symbolisée par une phrase:
  • McNulty (police):"Je me demande ce que ça fait de travailler pour une vraie police".
  • Un journaliste du Baltimore Sun: "un jour je voudrais savoir ce que ça fait de travailler pour un vrai journal".

On découvre donc une situation au journal comparable à celle de la police. Les moyens sont dérisoires. Impossible de trouver un article sérieux, impossible d'obtenir une photo de une, sérieuse. Le plus fort c'est les deux journalistes qui voient à leur fenêtre la fumée d'un incendie et se propose de faire un article dessus. Bonjour la volonté d'investigation.
Puis, Gus découvre une fraude au sein de la mairie. Un propriétaire d'un club de streap tease s'est vu racheter son emplacement 1,2 millions de dollars et relogé dans un autre plus grand et plus luxueux vendu par la mairie pour...200 000 dollars. Pourquoi une telle offre de la mairie? Ou sont les 1 million? Que cache cette transaction?
C'est ce que cherche à découvrir l'équipe de journaliste qui se retrouve rapidement mise sous pressions par la personne municipale concernée par cette fraude. La découverte de sa tête le lendemain en une du journal avec cette affaire, la met dans une rage au volant de sa voiture, assez jouissive à l'écran.
Nos journalistes réussissent. Ce qui leur donne l'occasion de fêter cela, comme nos amis policiers, au bar du coin.
De même que pour Marlo et Proposition Joe, des éléments semblent assombrir l'avenir. Il y a notamment, ce jeune journaliste plein d'arrivisme, se voyant bien au Times ou au Posts qui suscite l'interrogation quant à son devenir dans le journal et le rôle qu'il va y tenir. A surveiller donc.
Plus avec moins. Les problèmes ici présentés justifient ainsi le titre de cet épisode. La scène d'ouverture de la saison est à la fois hilarante et inquiétante. Bunk accompagné de ses collègues de service font croire à un jeune dealer attrapé que la photocopieuse est un détecteur de mensonges. Il lui pose une question et il lui explique que la machine dira si il dit vrai. Le gamin y croit à fond. C'est drôle à cause de l'absurdité de la scène et effrayant en voyant le niveau de certain aux États Unis.
Et c'est de là que vient ce: "Plus c'est gros, plus ils y croient".
Petit mot enfin sûr McNulty qui prouve que personne ne change.
C'est d'ailleurs lui qui m'a mis la puce à l'oreille pour savoir vers quoi se dirige cette saison. C'est lorsqu'il dit: "Parce que tu crois tous ce que tu lis?"
Voyez ce que j'ai pu écrire sur ce premier épisode. Voyez la richesse et la densité. Et je n'ai encore pas parlé de tout.
En tout cas ce premier épisode annonce une saison dantesque de The Wire. Qui plus est, là où actuellement les séries ne brillent pas par leur originalité, The Wire avec des personnages récurrents nous ouvre sur un monde neuf et intéressant. Sans le petit logo HBO, il serait, en plus, bien difficile d'y distinguer la fiction de la réalité.

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